Jeudi 24 septembre 2009
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Pas de traduction française pour cette expression issue de l'américain. Elle s'applique à des personnes qui vivent une grande partie de leur vie le cul posé
(souvent dans un canapé / couch), et qui (éventuellement) passent l'essentiel de leur temps à regarder la télévision, ce qui les confine à une vie assez végétative (potato)... Ces "patates
de canapé" auraient tendance à grignoter (chips, snacks, plateau télé), ce qui fait qu'ils pourraient avoir tendance à grossir exagérément jusqu'à devenir très obèses.
Je repense aux dernières images d'Elvis Presley, peu avant sa mort; il était devenu énorme. Je crois me rappeler que c'est à cette occasion que j'ai fait connaissance avec cet anglicisme ou
américanisme.
Par extension, on affuble de cette expression les gens réputés très sédentaires, immobiles, dépourvus du désir de se bouger le cul.
On trouve deci delà (cahin caha !) des tentatives de francisation, certaines tentant de transposer l'idée originelle (patate de canapé, pomme de terre de divan,
légume : expression la plus dure car elle est aussi utilisée pour évoquer les handicapés profonds à la psychologie ou à la vie mentale desquels on n'a pas accès, les
retranchant de facto d'un monde de vivants pour les faire entrer dans le monde des (ou quasi) morts cérébraux...)
Trouvé sur un forum :
http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=5131
"Le français a légume, pour désigner quelqu'un qui ne vit plus que par ses fonctions végétatives.
Parfois au sens propre :
« Il est sorti du coma, mais c'est un légume. »
Parfois au sens figuré :
« Untel, c'est un légume, pas moyen de le faire déculchaiser ! » ".
On découvre dans cette intervention une construction lexicale assez intéressante pour faire pendant à la notion de couch potato (être encuchaisé vs se
décuchaiser).
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Samedi 19 septembre 2009
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Il existe une grande catégorie d'expressions qu'on peut appeler des idiotismes toponymiques (formes propres à une langue en lien avec une localisation géographique).
Ils expriment une notion plutôt univoque associée à un lieu. On pourrait en citer des dizaines et des dizaines : aller à Canossa, avoir la tentation de Venise,
bâtir des châteaux en Espagne...Une liste importante non exhaustive est recensée par Wikipedia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Idiotisme_toponymique
Je citerai pour mémoire des expressions déjà citées dans ce blog relatives à la grande région Centre où je vis (cf.archives) :
- On n'est pas rendus à Loches
- Faire un partage de Cormeray
- C'est tout droit Chambord
Ben, un informateur patenté, a exhumé du tas de vieux journaux souvent débiles qui traînent chez les médecins et les dentistes, des pages consacrées à des expressions toponymiques. Il les a
copieusement déchirées et me les a livrées in situ et in extenso.
Il s'agit du magazine appelé GEO Ado, (Ave Cesar !) qui explique le sens et l'origine de certaines expressions toponymiques dont certaines figurent depuis belle turlurette dans les pages de
ce blog (Par exemple, être à l'ouest, une armée mexicaine).
Etre du régiment de Champagne signifie "se moquer de l'ordre (...). Dans un bal donné au château de Versailles, en 1747, pour le mariage du fils de Louis XV, un inconnu s'est
assis à une place réservée. Quand des gardes lui demandent d'en changer, il réplique : "je m'en moque je suis colonel du régiment de Champagne". Un peu plus loin, une dame se trouve égalemnt sur un
siège destiné à quelqu'un d'autre. On la prie d'aller s'asseoir ailleurs mais elle s'écrie fièrement : "je n'en ferai rien; je suis aussi du régiment de Champagne". Le bon mot a fait rire tous
les courtisans.
Autres exemples cités par GEO Ado :
- le téléphone arabe qui illustre les capacités extrêmes du bouche à oreille
- filer à l'anglaise (partir en douce, comme un voleur). A noter toujours selon GEO Ado que la traduction anglaise en est : take a french leave (c'est-à-dire, filer à la
française). Ca me rappelle (ndr) que la capote anglaise devient french litter au-delà de la Manche.
- subir une douche écossaise (c'est-à-dire passer d'un extrême à l'autre).
- faire une promesse de gascon, c'est-à-dire faire une promesse qu'on n'a nullement l'intention de tenir...Pas très sympa pour les Gascons
- Faire une réponse de Normand, les Normands étant supposés avoir du mal à se décider ou bien d'être à la fois prudents et rusés...Les généralités basées sur des caractéristiques
"ethnographiques" ne valent que ce qu'elles valent. Elles sont même dangereuses dans certains cas...
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Vendredi 18 septembre 2009
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10:19
Le survol des métaphores, qui est un régal en français, l'est évidemment tout autant dans les autres langues. Plus encore, il peut être réellement jouissif
(jouissateur) de mettre en parallèle une métaphore en français et une métaphore sémantiquement équivalente dans une autre langue.
Ainsi, en français, des expressions sémantiquement équivalentes comme
il pleut des cordes
il pleut des hallebardes
il pleut à vache qui pisse
il pleut des grenouilles
et même paraît-il, il pleut des clous (!)
peuvent se traduire en anglais par :
it's raining cats and dogs (il pleut des chats et des chiens) et peut-être par bien d'autres que point ne conno.
Tout cela est fort heureusement doté d'un surréalisme - surréaliste avant la lettre - de fort bon aloi...André Breton n'aurait-il été qu'un vague opportuniste ? (allez, déchaînez-vous !)
Et là, le compilateur zélé de la chose métaphorique que je suis, hésite devant les deux chemins : dois-je choisir la voie du sens, c'est-à-dire la voie de la langue en action, de la langue hic
et nunc ?ou dois-je choisir la voie de la philologie (l'origine, l'explication) ?
Quand on tente une percée pour chercher l'origine de l'expression "it's raining cats and dogs" (cf. réf. ci-dessous), on entre dans une cascade de supputations qui vont de la plus
ancienne gréquitude avec des dieux, des déesses (cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Raining_animals ) jusques (z) aux études des typhons, des cyclones et autres tornados aspirateurs de
grenouilles. Dans tous les cas, on est dans la poésie et le non-sens.
J'avoue que l'idée qu'un cyclone aspire des grenouilles, des poissons et des oiseaux pour les déverser à des centaines de kilomètres plus loin, après un voyage supra-atmosphérique, me réjouit au
plus haut point. Surtout que j'ai de mes yeux vu à la TV des cyclones aspirer des caravanes, des blocs de béton, des arbres et des cabines téléphoniques, peut-être même un revolver à cheveux
bleus...
En tout cas, quand chaque semaine, à jour presque fixe, bien après l'heure où les lions vont boire (Queneau), je rentre chez moi à travers la Sologne, j'espère parfois qu'il va pleuvoir
pour apercevoir dans mes phares ces vols de grenouilles qui n'ont rien d'autre à foutre, comme moi sans doute et depuis peu, que de passer d'un côté de la route à l'autre côté de la route. Et quand
il ne pleut pas ce sont vols de sangliers, de biches et autres cervidés de toute leur substance que je peux voir passer...
Sont-ils fous ces anglais ? Que nenni ! il n'y a pas plus fou qu'un poète...
Si vous êtes un peu courageux et un peu anglofun, consultez ce site où vous apprendrez entre autres que selon les pays il peut pleuvoir des brouettes, des
trollettes (trolls femelles), des girafes , des éléphants (je ne sais pas ce que vaudrait en l'occurrence la théorie du cyclone), des
bateaux, des casques, des apprentis cordonniers et tutti quanti.
http://www.omniglot.com/language/idioms/rain.php
Si vous voulez mesurer à quel point on peut supposer, supputer, échafauder, se demander et que vous êtes un peu anglocompatible, n'hésitez pas à consulter les
explications dans
http://www.phrases.org.uk/meanings/raining%20cats%20and%20dogs.html
ou encore
http://www.cotf.edu/ete/modules/sevweath/swcatsdogs.html
Allez, quant à moi, en toute subjectivité, je choisis cette explication qui va à l'encontre de l'aspect métaphorique de l'expression :
"The much more probable source of 'raining cats and dogs' is the prosaic fact that, in the filthy streets of 17th/18th century England, heavy rain would occasionally
carry along dead animals and other debris. The animals didn't fall from the sky, but the sight of dead cats and dogs floating by in storms could well have caused the coining of this colourful
phrase. Jonathan Swift described such an event in his satirical poem 'A Description of a City Shower', first published in the 1710 collection of the Tatler magazine."
Synthèse of my own : la source la plus probable est que dans ces siècles aux rues hautement dégueulasses que furent le 17 et le 18, certaines pluies
torrentielles charriaient des cadavres de chats et de chiens entre autres débris. Jonathan Swift l'aurait confirmé dans l'un de ses poèmes que vous ne lirez sans doute jamais, pas plus que moi. On
n'a pas le temps, il faut qu'on avance !
Puisqu'il peut pleuvoir des grenouilles, je dédie le titre suivant à quelqu'un qui se reconnaîtra...
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Jeudi 17 septembre 2009
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Cette expression déjà publiée dans ce blog mérite d'être rappelée car un de nos lecteurs - Lastic - en a fait une illustration personnelle que je vous livre bien
volontiers. Dormir sur la béquille, expression associée à l'homme, signifie "avoir la trique" (bander) mais ne pas pouvoir assouvir son envie de faire
l'amopur avec sa partenaire, endormie, pas branchée, ou développant une sérieuse migraine ce soir-là. Rapprochons cette expression de la non moins savoureuse et contiguë expression
Dormir à l'hôtel du cul tourné. C'est très visuel tout ça !
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Mardi 1 septembre 2009
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Dans cette histoire, finalement, c'est moi qui suis chocolat !
Etre chocolat, c'est être floué, devenir en quelque sorte le dindon de la farce...Se retrouver donc le con de l'histoire.
L'Express du 14 mai 09, nous livre l'origine de l'expression dans un article très documenté de Boris Thiolay :"(...) l'expression
être chocolat est entrée dans le dictionnaire à la fin des années 1890. L'historien Gérard Noiriel; spécialiste de l'immigration et du racisme, a résolu cette énigme en remettant
en lumière le destin incroyable mais oublié, du premier clown noir du cirque français. Chocolat, c'était lui. Un "nègre", disait-on alors. Cet auguste souffre-douleur formait avec le clown blanc
Footit, un duo très populaire resté en haut de l'affiche pendant quinze ans. (...) Les aventures de Chocolat ont pour toile de fond les ambiguïtés de l'imaginaire national forgé par la IIIè
république : droits de l'homme et égalité d'un côté; justification de la conquête coloniale, de l'autre. En cette fin de XIXè siècle, l'universalisme républicain coexiste avec un antisémitisme et
une xénophobie exacerbés par l'affaire Dreyfus. C'est dans cette France-là que Chocolat va connaître la gloire..."
B. Thiolay indique que Chocolat est né à Cuba, fils d'esclave, en
1864. Après diverses vicissitudes, il rencontre un clown britannique, Tudor Hall, dit Footit. Leur duo se produit pour la première fois en 1886 et obtient un franc succès (c'est le cas de le
dire) "au Nouveau- Cirque, rue Saint-Honoré avec des ressorts comiques simplistes : Footit, le blanc autoritaire, passe son temps à corriger son
bouc émissaire noir, stupide et ridicule. Dans leur plus célèbre numéro, le Chef de gare, l'ex-esclave se fait agonir d'injures - Avance, sale nègre !" et rouer de coups. (...)
leur duo symbolisait les relations entre Blancs et Noirs à l'époque. C'était une représentation de la domination coloniale."
Après une belle période de popularité qui culmine en 1905 aux
Folies-Bergères, les deux duettistes se séparent en 1910. Chocolat mourra alcoolique et indigent en 1917.
Source des images : L'Express
En 1897, Toulouse-Lautrec le re présente en train de danser dans un bar
Parler petit nègre
La réalité dépasse parfois la fiction et j'ai eu à connaître les désagréments que peuvent occasionner les différences de maîtrise des niveaux de langage alliées à des différences
inter-culturelles.
Cette formatrice qui enseignait les gestes de la sécurité à un groupe de stagiaires en formation, buta un jour sur l'incapacité de deux personnes (dont l'une était noire) à comprendre tel
geste ou telle notion. S'interrogeant sur sa propre capacité à faire passer clairement un message, cette expression lui échappa : "je ne parle pourtant pas petit nègre !".
Le mal était fait, ce fâcheux lapsus - car tout montre que la sortie était involontaire- avait produit son effet dévastateur. J'ai pu expliquer à la personne concernée que, effectivement, il
existait dans notre langage des expressions fâcheuses subsistant de temps anciens, et qui, il y a encore quelques décennies étaient employées par beaucoup de gens y compris les hussards
noirs de la République et qui correspondaient à des legs de notre période colonialiste. Si aujourd'hui nous combattons bec et ongles la xénophobie, le racisme et
l'anti-sémitisme, on ne peut oublier que naguère (et parfois encore aujourd'hui) on utilisait des expressions lapidaires pour mettre en évidence l'incompréhension de l'autre :
Je ne parle pourtant pas Chinois ! ou je ne parle pas l'hébreu !
Un symbole du colonialisme ? [modifier]
Le slogan historique de la
marque était jusqu'en 1977 « Y'a bon Banania » prononcé par un tirailleur sénégalais. Selon la légende, ce slogan proviendrait d'un tirailleur
sénégalais blessé au front et embauché dans l'usine de Courbevoie. Goutant le produit il aurait déclaré en moyadit, « Y'a bon »[9]. Depuis les années 1970, certaines critiques[Qui
?] considèrent ce slogan comme porteur des stéréotypes
racistes qui ont nourri la caricature du Noir
de l'époque (sourire niais, amis des enfants donc grand enfant et incapable de s'exprimer correctement dans une langue française qu'il se doit de manier) et symbole
potentiel du colonialisme (tout comme sa
mascotte « L'ami Y'a bon »).
Nutrial a utilisé à nouveau ce slogan, ce qui lui a été reproché par des associations comme le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais. En 2006, un accord a été trouvé et le slogan à
nouveau retiré des produits dérivés de la marque[10].
(source Wikipédia)
Par Jacques Michaud
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Mercredi 19 août 2009
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19:04
En termes triviaux, c'est aller se faire voir ou alors aller se faire foutre quand on a une demande, un
désir et qu'on s'y voit opposer une fin de non recevoir.
Va te brosser ou mieux encore tu peux (aller) te brosser...
Mon Solognot de père avait une expression bizarre, un peu mal gaulée : "tu peux toujours vas-y" (pour tu peux toujours y aller).
En fait, tout le contraire de "passer la brosse à reluire", qui signale un fayotage éhonté, évidemment dans le but d'obtenir un avantage ou de la considération. J'avais signalé en
son temps une expression connexe : "passer la main dans le dos" à propos d'un sbire fayot et portefaix d'une apparence de pouvoir. J'ai entendu le Raminagrobis caressé dans le
dos utiliser cette expression voisine (frotter le dos).
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Mardi 18 août 2009
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/2009
19:00
Par Jacques Michaud
Mardi 18 août 2009
2
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/2009
18:34
Expression relevée dans Le Canard Enchaîné du 12 août 09, à propos de la crise sur les remboursements de primes indûment (semble-t-il) versées à certains agriculteurs.
Mettre la poussière sous le tapis, c'est refuser d'affronter un problème qui risque de se révéler plus grave, mais plus tard. C'est donc l'apanage de gens timorés, manquant
d'esprit décisif qui remettent à plus tard ce qu'ils pourraient faire le jour-même ou tout simplement ignares et donc incapables de mesurer qu'ils viennent d'allumer une mèche à combustion
lente.
Se prendre les pieds dans le tapis, c'est faire une très grosse gaffe ou un beau ratage dans n'importe quel domaine. Evidemment, au sens propre, quand on se prend les pieds dans le
tapis, on se casse la gueule. La déduction figurée est évidente ("prégnante" pour les intellos!)
Mettre au tapis, c'est vaincre quelqu'un sans contestation possible. Expression évidemment issue du vocabulaire pugilistique...
http://www.deezer.com/listen-2503470
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore