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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 09:06

Décoré ou chargé comme un sapin de Noël

Tout va bien lorsque ce qui est chargé comme un sapin de Noël est - justement - un sapin de Noël. Là où le bât blesse, c'est quand la comparaison s'exerce par exemple pour décrire un décor qui se veut joli, un costume qui se veut attrayant, etc.

Le sapin n'évoque pas toujours la fête : Ca sent le sapin (la mort est proche). Un costume en sapin  (un cercueil).

Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 21:43

Etre mou comme une chique

Rappelons au jeune public ce qu'est, ou plutôt ce qu'était une chique. C'était une grosse boule bien dégueulasse de tabac que nos ancêtres mâchouillaient en laissant parfois couler de chaque côté de leurs babines le jus noirâtre. Si vous avez déjà mâché un chouinegomme à la nicotine (nicorette), vous pouvez vous faire une vague idée de l'horreur...L'odeur...pouah....le piquant...beurk...Eh oui, car avant de le fumer on le mâchait, on le prisait par le nez comme la coke, je me demande d'ailleurs s'il n'y en avait pas qui se le mettaient dans...arrête Jack t'es nul, putain !

Accessoirement puisqu'on cause de chique, cela désigne la bosse qu'on a aux gencives et à la mâchoire quand on a une infection dentaire. Se faire chiquer, c'est aussi se faire mordre par un sale clébard ! ou tout autre animal mordeur. Mais dans ces deux cas, on n'est plus dans la métaphore mais dans le langage argotique. 

Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /Déc /2006 19:24

La terre est bleue comme une orange...

Dans le train, ce soir, pour rentrer, du boulot, sur mon computer, windosé, un court film, Une vérité qui dérange, d'Al Gore...Dans le fond, rien qu'on ne sache déjà, mais qui a le mérite de poser le problème du courage politique en terme d'environnement. Elle est belle, cette terre, et je la vois bleue et elle me rappelle le beau poème d'Eluard.

La terre est bleue comme une orange

Et puis en rentrant, uncommentaire qui crée un lien vers le blog de naturnet...Alors, allez-y faire un tour...Peut-être que vous n'en reviendrez pas.

Alors j'ai envie de vous copier ce fameux poème d'Eluard, poème d'amour bien sûr, et pas seulement de la terre. Mais à force de ne pas aimer la terre, on ne pourra plus aimer personne, ni femme, ni homme

 

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.


Paul ELUARD, L'Amour la poésie (1929)

Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /Nov /2006 23:05

Poilu comme un lavabo

Il est rare de rencontrer des expressions qui peuvent dire une chose et son contraire. En voici une qui dit l'imberbité*, la céramique blancheur** d'une peau lisse***. Aucune commune mesure avec son inverse cradouille du lavabo pas nettoyé et plein de poils d'origines diverses. Donc, le sens de l'expression sera déduit du contexte.

* imberbité est un barbarisme puisque ce mot n'existe que parce que je l'ai inventé. Un barbarisme est donc le fait du poète (au sens large, bien sûr). Vivent les barbarismes !

** la céramique blancheur constitue une licence (liberté) grammaticale ou poétique puisque le substantif "céramique" est ici audacieusement transformé en adjectif.

*** vulgaire calembour - la fiente de l'esprit comme le disait Totorugo. Ce calembour peut évidemment s'enrichir de sa suite. Mais à ce niveau de médiocrité, point n'ose aller plus avant.

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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /Nov /2006 20:11

Comme un chien dans un jeu de quilles

Arriver comme un chien dans un jeu de quilles, c'est arriver au plus mauvais moment.

                                                   image clickable
 

Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine

C'est être sans finesse, se comporter d'une manière rustaude. A rapprocher de l'expression "arriver avec ses gros sabots".

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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 18:38

Plein comme un fût est strictement équivalent à Pétécomme comme un coin ( un coing ?), Saoul comme un cochon, bref c'est être doté au choix d'une sévère biture ou d'une bonne musette

En revanche être plein aux as c'est être riche

Ce qui est plein comme un oeuf est plein à craquer

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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 16:33

Unis comme les cinq doigts de la main

Comme il n'est pas toujours aisé de mettre en correspondance cinq choses unies, on simplifie en "comme les doigts de la main", ce qui permet de ne parler que de 2 sujets.

Et comme une fois n'est pas coutume, je ne résiste pas de vous copier un poème que j'aime énormément...Poème en prose d'Aloysius Bertrand (auteur de Gaspard de la Nuit) . Vous y verrez la métaphore la plus digitale qui soit:

Les cinq doigts de la main

Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur
goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à
l'enseigne de la double bière de mars.

L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche,
qui, dès le matin, soufflette sa servante dont elle est
jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse.

Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à
la hache, qui serait soldat s'il n'était brasseur, et
qui serait cheval s'il n'était homme.

Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante
Zerbine, qui vend des dentelles aux dames et ne vend pas
ses sourires aux cavaliers.

Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille,
marmot pleureur, qui toujours se brimbale à la ceinture
de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une
ogresse.

Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante
giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les par-
terres de la noble cité de Harlem.

Allez donc lire un poème au hasard (voyez à gauche)

Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /Oct /2006 20:13

Menteur comme un arracheur de dents

L'arracheur de dents est à ne pas confondre avec un dentiste qui lui, "extrait" les dents. Parfois, il peut même faire une extraction de racine, mais généralement, le dentiste n'est pas calculateur.

Mentir comme on respire. Ne vous fiez pas à cet homme-là : il ment comme il respire (c'est-à-dire : sans arrêt)

Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Lexicojolie

 

Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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