Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 09:36

Je ne sais pas où elle est allée pêcher cette expression Maléna (ma petite fille) mais en tout cas, c'était la première fois que je l'entendais...Peut-être que, finalement, les cours d'écoles aussi contribuent à créer du langage. Si d'ailleurs des lecteurs ont d'autres mots d'enfants de ce type, qu'ils ne se gênent pas.

Le "en" pronom a son importance puisqu'il indique la causalité (ce qui provoque la perte des écailles).

Le contexte d'utilisation est celui d'un stress particulier comme la chaleur ("Il fait tellement chaud. J'en perds mes écailles" a-t-elle dit. Une forme de peur peut aussi amener à prononcer cette expression.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 15:04

 

 

Apparemment la grenouille se prête volontiers au transfert métaphorique; allez donc savoir pourquoi elle, justement, la grenouille, puisque dans chacune des histoires qui suivent, elle pourrait être remplacée par un tout autre animal. L'utilisation du terme "métaphorique" est ici mal adapté; il vaudrait mieux recourir au terme de "parabolique" ou "allégorique" ou encore "fabuleux". Toutefois comme l'histoire suppose un déplacement de sens, il est normal qu'on la rapproche de la métaphore (comme métonymie).

 

Olivier Clerc  raconte l'histoire suivante :

 

"Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.


Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte."

Cf.

Présentation de La Grenouille qui ne savait pas [11/04/2006]
…qu'elle était cuite", O. Clerc, Editions JC Lattès, nov. 2005. 216 pages. 10 euros.

Moi je dis qu'aujourd'hui -socialement- on se comporte comme la grenouille qui cuit progressivement...Vous voyez ce que je veux dire ? Mais on peut dire aussi édans le cul la balayette" ou encore "renflé comme un cul de gourde"

Autre histoire (utilisée comme support de formation en management d'entreprise). Déjà le barbu christique utilisait des paraboles pour éclairer les esprits lents ou limités.

 

La course des grenouilles

 

"Il était une fois une course... de grenouilles.
L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour.
Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir. La course commença.
En fait, les gens ne croyaient pas possible que les grenouilles atteignent la cime et toutes les phrases que l’on entendit furent de ce genre :
« Inutile ! ! !
Elles n’y arriveront jamais ! »
Les grenouilles commencèrent peu à peu à se décourager. Les gens continuaient :
« Vraiment pas la peine ! ! !
Complètement stupide ! ! !
Elles n’y arriveront jamais ! ... »
Petit à petit, elles s’avouèrent vaincues. A la fin, toutes abandonnèrent, sauf une qui continuait envers et contre tout...
Cette grenouille, seule, rejoignit la cime.

 

 

Les autres, stupéfaites, voulurent savoir comment elle avait fait. Alors l’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait fait pour terminer l’épreuve.

 


Et elle découvrit qu’elle... était sourde ! "

 

 La grenouille montée sur une échelle symbolise -elle- la météo.



Voir aussi les deux fables de La Fontaine :

Les grenouilles qui demandent un roi

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf





Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 18:58

Equivalent : Etre coiffé comme un dessous de bras.

C'est vrai, dès lors qu'on est en vacances, on traînaille le matin, on passe à la douche un peu plus tard qu'à l'ordinaire et, bien sûr, si on ne s'est pas peigné le cheveu encore chaud, on a la tignasse en pétard, la tête complètement ébouriffée.

D'ailleurs, l'expression s'être coiffé avec un oreiller est maintes fois attestée (1). On trouve aussi :

se peigner avec un clou, se peigner avec un râteau, se peigner avec les pieds du réveil (joli non ?).

 

(1) Cf. l'excellent ouvrage de Charles Bernet & Pierre Rézeau : On va le dire comme ça, Editions France Loisirs, 2008

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 14:18

Merci à Michel T. pour cette contribution.

Rien de scabreux dans cette expression : Ne pas avoir de porte de derrière, c'est être franc du collier, c'est-à-dire loyal; ne pas chercher les évitements, ne pas chercher à s'enfuir à la moindre alerte.

Parfois, les gens francs comme l'or me paraissent abrupts, secs, voire un peu obtus. En fait, j'aime bien une dose de roublardise, disons donc de diplomatie chez les autres. Suis-je bien normal docteur ?

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 21:38

Il était difficile de ne pas donner d'écho à cette métaphore actuellement si utilisée, même si cela peut-être considéré par d'aucuns comme un peu poujadiste et assimilé au fait de hurler avec les loups, ce qui, il est vrai, ne me rend jamais bien fier. Les fromages de la république, ce sont tout bonnement les privilèges accordés à des "serviteurs" de l'état sous la forme de sinécures, parfois très bien payées (voir à cet égard l'article un peu ancien -2004- mais édifiant de Marianne2). Le député de l'Aisne, René Dosière, pourfend depuis longtemps certaines dépenses erratiques de l'état français et il en donne de nombreux exemples.

En ces temps de vaches maigres pour beaucoup de Français, les avantages (privilèges) consentis à quelques amis du pouvoir renvoient à ceux qui ont amené à la nuit du 4 août 1789. Exagérée la comparaison ? Voire ! La manière honteuse dont les nantis s'en mettent plein les poches aux détriments de la classe moyenne, la mise à l'encan de tous les services publics (à quand la vente par lots de l'éducation nationale ?), les pressions grandissantes sur le système de retraite par répartition pour amener sans trop tarder les grands groupes financiers à gérer des retraites "volontaires".

En fait, ça commence vraiment à sentir le fromage, mais le fromage qui pue.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 19:38

En d'autres termes, c'est disjoncter, péter un plomb pour filer la métaphore électrique signifiant une crise  caractérisée, de la crise de nerfs à la crise de folie en passant par la crise existentielle.

On peut dans le même genre péter un câble, péter une durite.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 09:46

Variante : Heureux comme des morpions sur une paire de couilles.

 

Evidemment, les expressions populaires ne sont pas toutes très "distinguées", mais je rappelle que l'objet de ce blog est justement de recueillir les métaphores populaires, y compris vulgaires. Rassurez-vous, je vous en épargne de bien pires encore...Il faut savoir s'auto-censurer.

Lorsque un locuteur utilise cette expression, il se donne à comprendre à son interlocuteur. Soit, sans artifice, il expose naturellement une vulgarité pré-existante, soit s'il n'est pas dans son registre de langage habituel, il veut marquer fortement son auditoire. Parfois l'expression est le signale d'une liberté affichée, la liberté de celui qui sait respecter les conventions mais qui indique qu'il peut s'en affranchir et entrer dans la licence linguistique.

 

 

Autres expressions non métaphoriques signifiant plutôt la facilité : 

à l'aise Mimile !

à l'aise Blaise ! (noter l'allitération)

cool Raoul !

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 20:09

Cette expression s'applique à une personne un peu simplette, ou sotte. Elle est très péjorative, voire insultante mais on peut trouver pire encore : être fini au pipi...(1)

 

Plus poétique mais tout de même péjorative est l'expression "il lui manque un quart d'heure de cuisson" qui tout en notant l'insuffisance mentale file une autre métaphore sur la gestation. La cuisson se réfère à la qualité ou à la durée de cette gestation. Avoir une brioche au four indique par exemple l'état de grossesse d'une femme.

 

Plus détournée mais en rapport avec cette cuisson-grossesse, l'expression : il lui a manqué un fagot (ce qui signifie que la cuisson au four n'a pas pu être complète).

 

A relever, de manière connexe, l'expression : "avoir eu un fagot de trop", c'est-à-dire approximativement être trop cuit. Cette expression désigne une personne qui a les cheveux roux.

 

  

(1) On consultera avec bonheur : On va le dire comme ça, Dictionnaire des expressions quotidiennes, de Charles Bernet et Pierre Rézeau, France-Loisirs qui développe et exemplifie ces expressions

 

 Variante "proposée par Cat  : en allemand l'équivalent peut être : Ne pas avoir toutes les tasses dans l'armoire".

 Autre variante : avoir une case de moins ou il (lui) manque une case 

 

 

 

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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