métaphore

Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 16:28

 

Selon le Dictionnaire des expressions quotidiennes  (1),  cette locution est attestée dans Bruant (en 1901). Elle signifie tout simplement  (encore que le « simplement » puisse être une gageure pour d’aucuns): avoir une érection. Quelle idée d’aller sur les chemins de la scatologie pour construire une telle expression ? Il est vrai que le sexe et le cul sont dans une telle proximité que leurs intérêts se confondent souvent. Quand j’étais enfant, pour désigner quelque chose de  valeur nulle, on disait : c’est de la merde en bâton. Ce qui est antinomique avec l’expression choisie qui, dans le fond, désigne une forme tout-à-fait satisfaisante.

D’autres expressions très imagées, toujours selon l’opus cité, désignent l’érection masculine (car on sait maintenant que ce n’est pas un pléonasme) :

Avoir le bâton, avoir l’aiguille à midi, marquer midi, être au beau fixe, être au garde-à-vous, hisser les couleurs, l’avoir en l’air, monter la tente, monter le chapiteau, présenter les armes…

Pour mémoire, ce blog faisait récemment la part belle à l’expression dormir sur la béquillequi signale qu’on s’endort sur une érection dans l’impossibilité de trouver un moyen d’en assouvir le désir signalé.

(1)    On va le dire comme ça, Dictionnaire des expressions quotidiennes , de Charles Bernet et Pierre Rézeau, Editions France Loisirs

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 14:25

 

 

Tout comme l'expression « Avoir des heures de vol », la locution avoir déroulé du câble exprime qu'on a roulé sa bosse, qu'on n'est pas un perdreau de l'année, qu'on n’est pas un lapin de six semaines et qu’on n’est pas né de la dernière pluie, bref qu'on a vécu, qu'on est expérimenté et que, éventuellement, ça se voit...à quelques rides ou à cette sorte de blasitude placide et peut-être condescendante, allez savoir, qu’on  a au fond des yeux lorsqu’on regarde (avec une lueur d’envie malgré tout) des plus jeunes s’agiter.

 


yves MONTAND la marie vison
envoyé par poulbot75018. - Regardez plus de clips, e

n HD !
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 19:37


Je me suis longtemps fait gloire de mon romantisme neu neu. Rousseauiste, hugolâtre, entre autres, je me suis souvent coupé et même frustré de plaisirs immédiats pour leur préférer le désir, l'attente, le rêve parfois imbécile.
J'étais fleur bleue, pétri d'un sentimentalisme collant et si je n'étais pas ingénu il m'arrivait d'être naïf.
Souvent, d'ailleurs, les personnes fleur bleue sont aussi des coeurs d'artichaut, qui s'enflamment assez vite pour un visage entrevu et qui se font un monde rêvé avec trois bouts de ficelle et deux bouts de ruban. J'en étais aussi.

L'excellent  site expressio.fr donne l'origine de cette expression :

« Cette expression contient un adjectif composé qui est extrait d'une locution parfois encore employée "cultiver, aimer... la petite fleur bleue".

Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

Il faut remonter à 1811 et à une oeuvre du jeune écrivain allemand Novalis, qui était en réalité le baron Friedrich von Hardenberg, pour trouver l'origine de cette expression.
Dans son roman inachevé "Henri d'Ofterdingen" (Novalis est mort à 29 ans), il y évoque à sa manière la légende d'un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d'un idéal, découvre la fleur bleue symbole de la poésie.
Les Allemands parlent d'ailleurs de "die blaue Blume der Romantik" ou "la fleur bleue du romantique".

En traversant le Rhin, la fleur bleue a un peu changé de sens, puisque de la poésie, elle a été associée à une sentimentalité mêlée de naïveté. »


image_expressio_copie.jpg


Quant à moi, les Fleurs bleues ne manquent jamais de m'évoquer avec émotion et passion le roman éponyme de Queneau qu'en son temps j'ai essayé de décoder...
Voir ma contribution :
Les Fleurs bleues, de Raymond Queneau

Voir cette superbe animation :


Et puis l'increvable...
Fleur Bleue
envoyé par totomtoma. - Découvrez plus de vidéos créatives.


Georges Brassens - Fleur Bleue (
envoyé par kyssiane. - Regardez d'autres vidéos de musique.
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 19:28
Le très intéressant Dictionnaire de la Langue du Théâtre  éclaire cette jolie expression qui est somme toute l'exact contraire de Montrer un village Potemkine (cf. infra).
Déculotter la vieille, c'est dans l'argot  des machinistes de théâtre donner à voir au public "ce qu'il ne devrait pas voir. Par exemple quand un électricien envoie un effet trop tôt (...) et que le public est déjà dans la salle (...) quand des parties des cintres sont à découvert". Agnès Pierron n'explique pas vraiment l'utilisation du mot "vieille". On se contentera de supposer que ce qu'il a dans la culotte de la vieille n'est peut-être pas beau à voir.
Je suis très sensible au théâtre à ces erreurs qui parfois rompent le charme d'une pièce (fort heureusement, c'est rare). Le rôle des machinistes ou des régisseurs est donc essentiel pour ne pas perturber le plaisir du spectateur.

Dictionnaire de la Langue du Théâtre, de Agnès Pierron, éditions Le Robert
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 20:09
Le Canard Enchaîné du 17/02/10 utilise cette métaphore pour désigner la méthode utilisée par la cour de Nicolas Sarkozy 1er pour lui éviter de voir et rencontrer ce qui pourrait être déplaisant ou lui causer de la peine. Ainsi, précise le Canard, lors de sa visite en Loir-et-Cher du 09/02/10 il aurait dit avec satisfaction : "personne ne m'a engueulé, tous les gens que j'ai rencontrés étaient très contents de me voir".

Wikipedia indique :

"Les villages Potemkine sont de simples mais luxueuses façades érigées à la demande du ministre russe Potemkine destinées à masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée en 1787. En réalité, il s'agit d'un mythe fabriqué de toutes pièces par Georg Von Helbig, un diplomate saxon qui cherche à décrédibiliser la politique du favori, et qui publie un livre-pamphlet en 1797 dans lequel se trouve le mythe. Potemkine n'a jamais caché le fait que les villages visités étaient apprêtés pour la visite de l'impératrice. Il n'a pas "construit" des villages. On ne peut donc parler d'une tromperie délibérée."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Village_Potemkine

Quoi qu'il en soit de la vérité historique ou du mythe, le sens s'est forgé sur le mythe. La méthode du Village Potemkine consiste donc bien à montrer à quelqu'un ce qu'il veut voir et à entendre ce qu'il veut entendre.



Ferrat Jean - Potemkine
envoyé par Salut-les-copains. - Regardez plus de clips, en HD !

Le cuirassé potemkine scène du landau dans les excaliers
envoyé par morlok_502. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 18:32

Expression largement utilisée dans un contexte sportif. Etre pris par la patrouille, c'est être pris en flagrant délit de faire une action non autorisée. En premier lieu l'expression s'applique aux sportifs qui se dopent ET qui se font prendre (ce qui est assez rare, finalement). La vidéo des rencontres sportives permet (parfois) de punir les sportifs indélicats. Une fourchette au rugby qui n'a pas été payée cash pendant le match peut l'être devant une commission machinchose sur la foi des vidéos. Autrefois, au rugby, à une époque où la vidéo était vague et imprécise, toute agression était l'objet d'une revanche quasi immédiate plus ou moins visible. On peut penser que les arbitres toléraient une loi du Talion raisonnable...La patrouille, c'étaient les co-équipiers.
Bien entendu l'origine du mot patrouille est militaire. Par conséquent, lors d'une infraction, on peut être pris par la patrouille au sens propre ( deux ou trois chaussettes à clous planqués dans leur Clio) ou au sens figuré quand on se fait choper par un radar.
A propos de radar, quelqu'un connaîtrait-il une expression métaphorique qui le désigne ?

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 19:01

J'avais, en son temps, entendu Pierre Bellemare qualifier d'émission trou de serrure les productions de la télé-réalité où le "direct live" permet de voir des intimités exposées à l'encan et des banalités moulinées comme des aphorismes à longueur de pré "prime time".  La fausse désinvolture de celui qui se sait écouté et regardé mais affecte de ne pas en tenir compte est proprement ridicule. Actuellement, l'ineffable téheffune ressort un remake de sa ferme célébrités en Afrique du Sud. Bof ! Ce n'est pas regardable mais j'ai essayé pour me faire une idée tout comme j'avais essayé de regarder Secret Story, cet été. Je ne tiens pas un quart d'heure ! En plus, je ne connais pas (ou si peu) ces "has-been" ou "has never been".
Bon courage à ceux qui aiment !
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 16:44

Cette action procède apparemment d'une profonde bêtise et ressemble à un suicide. Par conséquent elle suppose un évident volontarisme dans l'auto-destruction. C'est apparemment ce que nous faisons collectivement avec la terre puisqu'en la pillant, en la surexploitant au profit de minorités nous exténuons la planète sur laquelle nous vivons. Evidemment, cela fait toujours un peu boy-scout que de dire ça, dans une sorte de démagogie du pauvre d'esprit qui répéterait ce qu'a dit le dernier qui a causé. Certes, il peut y avoir de ça et certaines attitudes et travers des écologistes peuvent nuire à l'idée de sérieux posée dans cette question fondamentale : sommes-nous en train de tuer la planète sur laquelle nous vivons ? Il est vrai que chacun se dit qu'il ne verra pas lui-même cette extrémité, que cela prendra des centaines, voire des milliers d'années et que peut-être cela n'aura jamais lieu. Certes. Mais nos enfants des générations même éloignées de nous nous accuseront. Ils pourront dater en même temps que l'essor industriel le début de la fin. Ils pourront même dater le début de notre prise de conscience, ce qui révélera encore plus le cynisme et l’égoïsme des gens qui vivent aujourd'hui si nous ne faisons rien.
Et quand bien même la terre ne serait pas menacée, n'est-ce pas suffisant de se dire qu'elle ne profite pas dans sa générosité au plus grand nombre et qu’en cela il y a de l’insupportable ?

Expression voisine : se tirer une balle dans le pied. Le sens est voisin mais amplifie le sens de la bêtise.

Actuellement, une campagne sur le web fait la promotion d'un film de Jean-Paul Jaud "Nos enfants nous accuseront". Il paraît (mais n'est-ce pas un hoax ?) que la sortie en salle dépendrait du nombre de connexions à la bande annonce dans un délai très court...
Même si c'est un hoax, c'est en tout cas d’un marketing efficace.
J'ai regardé cette bande annonce, faites comme moi ! Mais que vaut le film ? Je n’en sais rien.

http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html  

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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