Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 18:58

I'm back !

Après un mois d'escapade très dense au cours de laquelle je n'ai pas encombré vos boîtes à lettres, pourquoi ne pas vous faire profiter de cette expression qu'on n'a nul besoin d'expliquer ?  Je l'extrais d'un de ces livres extraordinaires et faciles qui fulgurent et ne nous emmerdent pas : Le mec de la tombe d'à côté, de Katarina Mazetti, Babel. De ce roman d'une suédoise ou norvégienne (de là-haut, en tout cas) a aussi été tirée une adaptation théâtrale qui devait valoir le coup (j'ai lu une critique très favorable dans le Canrd Enchaîné).

 

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 18:51

Dans son Petit lexique amoureux du théâtre (que je n'ai malheureusement plus sous les yeux !), Philippe Torreton évoque cette expression qui signifie qu'un comédien -quand il joue- laisse paraître des trucs, des procédés, de manière un peu voyante. Il utilise les ficelles du métier. Dès lors le personnage est "fabriqué" et le spectateur un tant soit peu critique a du mal à se départir du sentiment de voir un peu trop les coutures du costume qu'a endossé le comédien.  Dans d'autres domaines, on dira qu'on fait voir tous les rouages de l'action.

Philippe Torreton évoque une autre expression des théâtreux : "apporter son manger"(1) qui signifie qu'avec certains metteurs en scène peu imaginatifs, peu clairs, peu doués, il vaut mieux pour le comédien d'avoir des propositions à faire car ces "directeurs d'acteurs" n'ont rien dans la tête.

 

Autrefois, à la porte de certains bistrots une pancarte le plus souvent en belles lettres cursives signalait : On peut apporter son manger, ce qui voulait dire qu'on pouvait déballer son pique-nique sans craindre le courroux du patron, charge au pique-niqueur de consommer.

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 18:55

 

On devrait utiliser le mot perlimpinpin pour apprendre aux enfants que le "n" des nasales se transforme en "m" devant m, b, p... car on y voit certes "m" devant "p" mais aussi "n" devant "p". Ainsi, on y prouverait que le français est fait de règles et d'exceptions qui confirment la règle. Diantre il n'y a pas que "embonpoint" qui soit tordu (mais lui, pour partie, car son orthographe s'explique aisément par la contraction de en bon point, CQFD). Mon passé de donneur de leçons ressurgit.

Ce soir,  à mon médecin qui me demandait si tout allait bien, je répondis que oui et que j'avais juste seulement mal au dos, la nuit, depuis deux ans, de façon insoutenable mais néanmoins soutenue. Je l'ai un peu heurté d'un humoristique : "et je sais que ça ne vous intéresse pas !". Il a rigolé et m'a dit en plaisantant qu'il faudrait que je prenne un autre rendez-vous. Je déconne bien avec lui, même s'il a systématiquement une heure de retard et qu'il s'en bat les balloches depuis deux ans de mon mal au dos. Il y a des douleurs qu'il faut donc soigner à la poudre de perlimpinpin, c'est-à-dire par la magie ou l'effet placebo, voire la méthode Coué. En attendant le médecin, je lisais justement dans le Point (eh oui !) (1) que la majorité des compléments alimentaires sont inutiles ou dangereux. Il en va de même, sans doute, de tous ces trucs et machins aux plantes plus ou moins efficaces. Donc je n'utiliserai pas pour mon mal au dos de poudre de Perlimpinpin.

J'ai eu la chance de rencontrer récemment une naturopathe (pas psychopathe) qui m'a conseillé le drap de cuivre (une sorte de tapis de cuivre et coton qu'on glisse sous le drap et qui agit en bien sur le mécanisme inflammatoire...Je compléterai ceci par un oreiller en balle d'épeautre et je deviendrai peut-être le roi du pétrole. C’est ce soir que je commence, justement ! Que de hasards concourants pour un con qui marche !

Je vous tiendrai au courant....

 

(1)  Les ravages des gélules miracles, par Violaine de Montclos (sic), Le Point, 25 mars 2010

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 16:28

 

Selon le Dictionnaire des expressions quotidiennes  (1),  cette locution est attestée dans Bruant (en 1901). Elle signifie tout simplement  (encore que le « simplement » puisse être une gageure pour d’aucuns): avoir une érection. Quelle idée d’aller sur les chemins de la scatologie pour construire une telle expression ? Il est vrai que le sexe et le cul sont dans une telle proximité que leurs intérêts se confondent souvent. Quand j’étais enfant, pour désigner quelque chose de  valeur nulle, on disait : c’est de la merde en bâton. Ce qui est antinomique avec l’expression choisie qui, dans le fond, désigne une forme tout-à-fait satisfaisante.

D’autres expressions très imagées, toujours selon l’opus cité, désignent l’érection masculine (car on sait maintenant que ce n’est pas un pléonasme) :

Avoir le bâton, avoir l’aiguille à midi, marquer midi, être au beau fixe, être au garde-à-vous, hisser les couleurs, l’avoir en l’air, monter la tente, monter le chapiteau, présenter les armes…

Pour mémoire, ce blog faisait récemment la part belle à l’expression dormir sur la béquillequi signale qu’on s’endort sur une érection dans l’impossibilité de trouver un moyen d’en assouvir le désir signalé.

(1)    On va le dire comme ça, Dictionnaire des expressions quotidiennes , de Charles Bernet et Pierre Rézeau, Editions France Loisirs

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 14:25

 

 

Tout comme l'expression « Avoir des heures de vol », la locution avoir déroulé du câble exprime qu'on a roulé sa bosse, qu'on n'est pas un perdreau de l'année, qu'on n’est pas un lapin de six semaines et qu’on n’est pas né de la dernière pluie, bref qu'on a vécu, qu'on est expérimenté et que, éventuellement, ça se voit...à quelques rides ou à cette sorte de blasitude placide et peut-être condescendante, allez savoir, qu’on  a au fond des yeux lorsqu’on regarde (avec une lueur d’envie malgré tout) des plus jeunes s’agiter.

 


yves MONTAND la marie vison
envoyé par poulbot75018. - Regardez plus de clips, e

n HD !
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 19:37


Je me suis longtemps fait gloire de mon romantisme neu neu. Rousseauiste, hugolâtre, entre autres, je me suis souvent coupé et même frustré de plaisirs immédiats pour leur préférer le désir, l'attente, le rêve parfois imbécile.
J'étais fleur bleue, pétri d'un sentimentalisme collant et si je n'étais pas ingénu il m'arrivait d'être naïf.
Souvent, d'ailleurs, les personnes fleur bleue sont aussi des coeurs d'artichaut, qui s'enflamment assez vite pour un visage entrevu et qui se font un monde rêvé avec trois bouts de ficelle et deux bouts de ruban. J'en étais aussi.

L'excellent  site expressio.fr donne l'origine de cette expression :

« Cette expression contient un adjectif composé qui est extrait d'une locution parfois encore employée "cultiver, aimer... la petite fleur bleue".

Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

Il faut remonter à 1811 et à une oeuvre du jeune écrivain allemand Novalis, qui était en réalité le baron Friedrich von Hardenberg, pour trouver l'origine de cette expression.
Dans son roman inachevé "Henri d'Ofterdingen" (Novalis est mort à 29 ans), il y évoque à sa manière la légende d'un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d'un idéal, découvre la fleur bleue symbole de la poésie.
Les Allemands parlent d'ailleurs de "die blaue Blume der Romantik" ou "la fleur bleue du romantique".

En traversant le Rhin, la fleur bleue a un peu changé de sens, puisque de la poésie, elle a été associée à une sentimentalité mêlée de naïveté. »


image_expressio_copie.jpg


Quant à moi, les Fleurs bleues ne manquent jamais de m'évoquer avec émotion et passion le roman éponyme de Queneau qu'en son temps j'ai essayé de décoder...
Voir ma contribution :
Les Fleurs bleues, de Raymond Queneau

Voir cette superbe animation :


Et puis l'increvable...
Fleur Bleue
envoyé par totomtoma. - Découvrez plus de vidéos créatives.


Georges Brassens - Fleur Bleue (
envoyé par kyssiane. - Regardez d'autres vidéos de musique.
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 19:28
Le très intéressant Dictionnaire de la Langue du Théâtre  éclaire cette jolie expression qui est somme toute l'exact contraire de Montrer un village Potemkine (cf. infra).
Déculotter la vieille, c'est dans l'argot  des machinistes de théâtre donner à voir au public "ce qu'il ne devrait pas voir. Par exemple quand un électricien envoie un effet trop tôt (...) et que le public est déjà dans la salle (...) quand des parties des cintres sont à découvert". Agnès Pierron n'explique pas vraiment l'utilisation du mot "vieille". On se contentera de supposer que ce qu'il a dans la culotte de la vieille n'est peut-être pas beau à voir.
Je suis très sensible au théâtre à ces erreurs qui parfois rompent le charme d'une pièce (fort heureusement, c'est rare). Le rôle des machinistes ou des régisseurs est donc essentiel pour ne pas perturber le plaisir du spectateur.

Dictionnaire de la Langue du Théâtre, de Agnès Pierron, éditions Le Robert
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 20:09
Le Canard Enchaîné du 17/02/10 utilise cette métaphore pour désigner la méthode utilisée par la cour de Nicolas Sarkozy 1er pour lui éviter de voir et rencontrer ce qui pourrait être déplaisant ou lui causer de la peine. Ainsi, précise le Canard, lors de sa visite en Loir-et-Cher du 09/02/10 il aurait dit avec satisfaction : "personne ne m'a engueulé, tous les gens que j'ai rencontrés étaient très contents de me voir".

Wikipedia indique :

"Les villages Potemkine sont de simples mais luxueuses façades érigées à la demande du ministre russe Potemkine destinées à masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée en 1787. En réalité, il s'agit d'un mythe fabriqué de toutes pièces par Georg Von Helbig, un diplomate saxon qui cherche à décrédibiliser la politique du favori, et qui publie un livre-pamphlet en 1797 dans lequel se trouve le mythe. Potemkine n'a jamais caché le fait que les villages visités étaient apprêtés pour la visite de l'impératrice. Il n'a pas "construit" des villages. On ne peut donc parler d'une tromperie délibérée."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Village_Potemkine

Quoi qu'il en soit de la vérité historique ou du mythe, le sens s'est forgé sur le mythe. La méthode du Village Potemkine consiste donc bien à montrer à quelqu'un ce qu'il veut voir et à entendre ce qu'il veut entendre.



Ferrat Jean - Potemkine
envoyé par Salut-les-copains. - Regardez plus de clips, en HD !

Le cuirassé potemkine scène du landau dans les excaliers
envoyé par morlok_502. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
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Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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