métaphore

Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 11:34

Il arrive assez fréquemment que certains de mes lecteurs étrangers fassent traduire (plus ou moins automatiquement) un de mes articles. C’est curieux d’examiner un de ses propres textes mystérieusement transcrit en arabe, chinois, russe ou japonais…

Il y a déjà quelque temps (Ô temps suspends ton vol !) une collègue galloise m’avait fourni quelques textes passés par traduction automatique de l’anglais au français. Le résultat était à pisser de rire pour les filles, à se fendre la gueule pour les garçons, à se tenir les côtes pour les ambidextres.

Les traductions via le web ont fait de gros progrès, toutefois mon niveau d’anglais ne me permet pas toujours de savourer avec une grande précision l’écart entre les deux versions. Mais peut-être en est-il autrement de vous qui avez peut-être appris l’anglais ailleurs qu’en France ?

Je vous livre en face à face les deux versions d’une traduction Google d’un article publié en 2006. Vos commentaires concernant cette traduction me seraient un bonheur. Hélas, je ne méconnais pas les occupations autrement importantes dont vous êtes le jouet mais je ne désespère pas d’accaparer pour quelques instants votre sémillante excellence…

Les guette-au-trou

 

Cette expression désigne le plus souvent la corporation des sages-femmes qui, depuis des générations, mesurent d’heure en heure puis de quart d’heure en quart d’heure la dilatation de ce trou par lequel , tous,  nous sommes passés à notre naissance (ce qu’on mesure, c’est la dilatation du col de l’utérus m’a confirmé ma guette-au-trou de fille). A une certaine époque, presque jusqu’aux année 60, on mesurait ce trou en équivalent pièce de monnaie des anciens francs. Cela devenait intéressant à la taille de la pièce de 5 francs. Après, la naissance du moutard arrivait….

The watching-the-hole

 

This term usually refers to the guild of midwives, for generations, measured by the hour and fifteen minutes to fifteen minutes in the expansion of the hole through which we all have moved to our birth (so far is the dilatation of the cervix confirmed to me by my hole-in-girl). At one time, almost the 60s, we measured the hole equivalent coin of old francs. It became interesting to the size of the 5-franc piece. After the birth of the youngster coming soon

  
 metaphora-photo-guette-au-trou.jpg

Measuring instruments for watching-in-hole during the baby boom after the war

Instruments de mesure pour quette-au-trou lors du baby-boom de l’après-guerre

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 12:03

Bien sûr, visuellement, on imagine le cireur de chaussures (les pompes*) en train de faire son travail dans une position d'infériorité (mais n'oublions jamais que le cireur a la possibilité de cracher sur les pompes de celui qui le paie pour ce service. N'oublions jamais, d'ailleurs, que même le serveur de restaurant que vous maltraitez a lui aussi la possibilité de cracher dans la soupe).
Cirer les pompes, c'est évidemment avoir une attitude et même parfois une logorrhée servile auprès d’un  (supposé) plus puissant que soi. Prenez par exemple un des courtisans de la république dans la comédie du pouvoir : ces courtisans n'ont même pas le sens de leur propre ridicule ou du moins ils escomptent des avantages qui font passer la pilule de l'inféodation.
De même sens et déjà évoquées peut-être (car la richesse de ce blog est telle que son propre auteur s'y emmêle un peu les crayons, voire les pinceaux) :
Servir la soupe

Passer la main dans le dos
(frotter le dos)
Lécher le cul (un lèche-cul)

Lécher les bottes (un lèche-bottes)

* les pompes : certaines chaussures de mauvaise qualité, aux semelles peu imperméables avaient malheureusement tendance à aspirer l'humidité des rues et la liquidité des flaques. En ce sens, c'étaient des pompes. Heureusement aujourd'hui tout cela est du passé...

*cracher dans la soupe, métaphoriquement, c’est dire du mal de celui qui vous fait vivre (par exemple un commercial qui dit du mal – parfois à juste titre- de son employeur).

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 18:37

Expression relevée dans Pour tout l'or des mots, de Claude Gagnière, Bouquins, Robert Laffont

Ce demain, après un réveillon peut-être bien arrosé, beaucoup d'entre nous auront les yeux en lettre de faire-part, c'est-à-dire les yeux cernés de fatigue, voire pochés. On peut supposer que l'explication réside dans ces avis de décès qui étaient envoyés ou publiés autrefois et qui comportaient un liseré noir pour exprimer le deuil.
Pour ceux qui auront abusé de la boisson, ne pas oublier qu'il vaut mieux soit redémarrer le four chaud, soit rallumer la chaudière (cf.archives).


Les mains dans les poches sous les yeux par Yvan Dautin


Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 18:54

Julien Clerc se demande où vont les avions quand ils s'envolent et moi je me demande comment naissent certaines expressions imagées et métaphoriques. Comme je suis un homme pressé, je ne cherche pas les origines et les tralalas pendant des plombes (il faut que ça vienne tout de suite ou que ça dise pourquoi). De plus, les gloses et exhumations (des autres !) sont parfois fumeuses et sujettes à caution (ce qui m'arrange bien puisque d'authentiques vérités il n'y a pas ou il y a peu, pourquoi y serais-je moi-même obligé ?).
Je voudrais bien vous donner les origines des expressions mais j'ai toujours un peu de mal à me retourner et à regarder derrière ( toutefois j'aime beaucoup regarder des derrières !). Suis-je la réincarnation d'un cheval pour ne regarder que droit devant (mais avec des oeillères, bien sûr, faites-moi le crédit de croire que je ne m'y crois pas)  ? 
Qu'on ne s'y trompe pas, ce blog est bien tourné vers une langue en action, c'est-à-dire une langue qui est douée (dotée) d'un sens. Je ne nie pas l'intérêt pour la recherche philologique mais je ne peux l'assumer. Je suis bien d'ailleurs à la recherche d'un alter ego sérieux qui ferait ce boulot de terrassier de la langue pendant que moi je divaguerais dans les herbes folles du terrain vague des métaphores qui jouxte le cimetière des expressions perdutes. 
Les statistiques me montrent que ce blog est lu par de nombreux étrangers qui approchent notre langue par son aspect populaire et sa poésie vulgaire (au sens latin du vulgus). Et eux s'en battent les couilles de savoir d'où vient l'expression. Ce qu'ils veulent c'est savoir ce qu'elle veut dire.
Ce vaste préambule pour vous amener à admettre que je ne trouve pas d'origine à l'expression : faire un effet boeuf. Dans ces cas-là, j'appelle à mon secours un zélé zoulou qui me trouve toujours des pistes dégagées.

Faire un effet boeuf, c'est faire un très gros effet, un énorme effet , à quelqu'un. C'est très souvent lié à la séduction inter-sexuelle (bon, ben là, je parle pour moi). Faire un effet boeuf, c'est potentiellement être capable de générer des coups de foudre. Pourtant le boeuf est légèrement assexué ! je n'y comprends décidément rien.

Par ailleurs, pour moi qui aime participer à des boeufs (et là on ne prononce pas des "beux", excusez, je n'ai pas l'écriture phonétique sur mon computeur), je me suis intéressé à cette explication issue de Wikipedia


"L'expression française « faire un bœuf » vient du restaurant Le Bœuf sur le toit, situé 28 rue Boissy d'Anglas dans le 8ème arrondissement à Paris. Ce restaurant était le lieu de rassemblement de Jean Cocteau et des musiciens proches des Six. C'est là que débutèrent notamment Léo Ferré, Marcel Mouloudji, Charles Trénet ou encore les Frères Jacques. Au début du XXe siècle, les musiciens allaient en fin de soirée s'y rencontrer pour pratiquer ensemble de longues jam sessions, qu'ils finirent par désigner par l'expression « faire un bœuf ».

Une jam session (littéralement « session d'improvisation » en anglais) est une séance musicale improvisée, basée sur des standards lorsqu'il s'agit de jazz et à laquelle peuvent se joindre différents musiciens. On dit alors que l'on fait une jam. On utilise parfois le terme « bœuf » en français : « faire le bœuf », « taper le bœuf » ou encore « bœuffer ».

Le terme jam est généralement utilisé pour le jazz, le Hip Hop et le reggae. Pour le rock, on parlera plus volontiers de bœuf, alors que les musiciens cubains, de jazz latin et de salsa parlent plutôt de descarga (« décharge »).


Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 12:46
Point barre
Point à la ligne

Le statut métaphorique de ces deux expressions strictement équivalentes est singulier : point barre ou point à la ligne substituent une image graphique (au clavier de l'ordinateur un point avec une barre "slash" voire une double barre ou bien un point avec un renvoi à la ligne pour créer un nouvel alinéa ou paragraphe).
C'est l'expression imagée de la clôture unilatérale d'une discussion. Cela veut dire, "c'est comme ça, je ne changerai pas d'avis. Il est inutile de discuter".
Voilà donc des expressions qui m'exaspèrent. Qu'un interlocuteur puisse décider de clore toute discussion par une déclaration péremptoire me paraît toujours un aveu de faiblesse...et ne me lie en aucune façon./
Point barre !
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 18:44
Cette expression délicieuse et un brin coquine vient de remonter comme une bulle de gaz à la surface de mon lac cérébral, après un long enfouissement sous la vase du temps. Je me demande même si je ne l'ai pas directement inventée, cette expression. Mais j'ai le droit puisque je suis chef de moi !
Mais ça m'intéresserait de savoir si un jour vous la ouïtes car je crois qu'elle existe, telle quelle ou en avatar (disons que la mienne serait elle-même l'avatar).
De fait, l'expression première et consacée est  "jeter sa gourme" (1), ce qui signifie , faire ses premières expériences, faire ses premières frasques, au sortir de l'adolescence.
Jeter sa culotte par-dessus les moulins ajoute bien sûr une notation féminine et une connotation de libération sexuelle.

(1) C'est dégueulasse, la gourme. Little Bob m'apprend que c'est une maladie de peau (dermatose) qui affecte le cuir et le visage des enfants crados. De manière figurée, et parallèle, ne peut-on pas penser que c'est au sortir des crises d'acné juvénile, après avoir liquidé leurs points noirs, comédons et autres bulles sébacées, les ado peuvent alors vivre leur vie sexuelle ?
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 20:11
Un nouveau lecteur de ce blog a eu la gentillesse de m'adresser son ouvrage rassemblant une année de ses chroniques langagières publiées dans le quotidien L'avenir du Luxembourg (1) . J'y ai déniché entre autres cette perle rare d'expression métaphorique...Elle est si savoureuse que je ne pouvais manquer de vous la présenter.
Zapf DINGBATS, regrettant que de telles expressions soient méconnues propose ce commentaire :
"Eventer, c'est figurément divulguer, ébruiter, faire voir, faire connaître. Et c'est aussi, au propre, exposer au vent. Or quoi de plus exposé au vent et au regard que le postérieur d'un couvreur dans l'exercice de sa fonction ? Je vous le demande."

(1) in Matière à dispute, par Zapf DINGBATS & Palix, Editions Weyrich (Préface de Claude Duneton)
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 19:40

En des temps où se pose la quotidienne -et devenue lancinante- question de savoir si les Français vont enfin se faire vacciner contre la grippe machin nennin, n'oublions pas que "être vacciné" est utilisé métaphoriquement depuis longtemps. Ainsi, on peut indiquer qu'on se dispensera de faire telle ou telle action parce qu'un jour on l'a faite et qu'on n'a eu qu'à s'en repentir. Je vous donne un exemple : vous avez un jour essayé de raccommoder deux personnes qui étaient fâchées l'une contre l'autre et vous n'en avez retiré que des ennuis. Pour avoir voulu bien faire vous êtes maintenant fâché avec tout le monde...Alors, vous pouvez dire que vous êtes vacciné, c'est-à-dire qu'on ne vous y reprendra pas une seconde fois car, comme eût dit l'autre, chat échaudé craint l'eau froide.
Plus drôle : être vacciné avec une aiguille de phono signifie être bavard, bavard comme une pie, être une pipelette, donc. Rappelons, pour les plus jeunes, qu'on vaccine contre la grippe avec une aiguille montée sur une seringue. Ici l'aiguille désigne le stylet qui suivait le sillon des phonographes, ancêtres des tourne-disques et autres électrophones.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



Pour rechercher si une expression est présente dans Linguapop :

 

Avec l'initiale d'un mot-clé, cherchez parmi les tables ci-dessous dans Pages (attention, pour l'instant, un tiers seulement de linguapop a été mis en table)

 

ou utilisez la fonction "rechercher" du site over-blog

 

 

Recherche

Blogs amis/aimés

galiscooking, blog culinaire 

naturnet, pour ne pas mourir en même temps que la planète

journal intime d'une délicieuse inconnue

Gaston Couté, poète paysan et libertaire

allez donc lire un poème au hasard

 

 

 

 

 

 

Lexicojolie

 

Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés