Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 10:29
Marie-Odile M. nous signale l'expression "gueuler au charron". L'expression a deux sens principaux relativement proches : crier au voleur ou protester, se plaindre avec force, voire même publiquement.
L'origine du mot charron est uniquement et partout décrite comme relative à la fabrication de roues de chars, de carrosses, de charrettes, ce qui ne semble pas une piste cohérente par rapport au contexte. Alors, doit-on mettre en relation charron et "charre" qui, en argot, signale des mensonges ou tromperies ? Je n'en suis pas sûr.
Toi, tu me racontes des charres, tu me racontes des craques.

Sortons le joker et voyons si un zélé zoulou devenu silencieux ces derniers temps ne nous donnerait pas de nouvelles pistes ?

Expressions connexes liées au fait de brailler :
Gueuler comme un veau, gueuler comme un putois, gueler comme si on (vous) égorgeait; gueuler comme un cochon qu'on égorge, hurler au loup


La Fête à Loulou est chantée par Yves Montand

Viens casser la graine
Viens boire un p'tit coup
Viens, y a pas de gêne
On est entre nous
On va s'gondoler
Quand l'chef d'atelier
Fera son discours
Y a la grande Léa
Qu'a une jolie voix
Dans «Plaisir d'amour»

Et si les voisins gueulent au charron
On leur répondra du haut du balcon :
"Oh ! Y a de la joie
On a bien le droit
De faire les fous
Eh, montez chez nous
C'est la fête à Loulou !"

http://www.deezer.com/listen-4299466
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 19:59
Un grand coup de pied au cul permet de propulser quelqu'un (plus) haut dans l'espace social. Un coup de piston donné par quelqu'un possédant une position élevée dans cet espace social l'aspire tout également du côté de la France d'en-haut. De mauvaises langues vont tout de suite y voir un lien avec l'actualité de Jeannot Lapin. Il est vrai que Petit Jean commençait à végéter. Et que le département où il se traîne manque de bras et d'intelligences supérieures.
Je suis fier de vivre dans un pays où l'ascenseur social permet à tout un chacun  de s'extraire d'une multitude pour accéder à des situations élevées. Fort heureusement, c'est ça la revanche de la République sur un système monarchique où il suffisait d'être bien né pour ne pas à avoir à attendre le nombre des années.
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 18:55

Dans les années 50-60 - et avant bien sûr- , danser ne pouvait être un acte solitaire : il s'agissait d'une affaire de couple, presque exclusivement. C'était avant le jerk, et bien avant l'électro ou la tectonique. A l'époque, on dansait lors de bals (bals populaires, bals parquets, soirées), la plupart du temps au son de l'accordéon. Les garçons seuls ne pouvaient danser que si une fille répondait à leur invitation (sans faire la mijaurée) et les filles seules, elles, ne dansaient que si un garçon les invitait. Comme bien souvent, le garçon seul jouait sa réputation sur ces soirées, les filles moins jolies ou un peu nunuches avaient moins de chances d'être invitées et elles pouvaient passer leur soirée sur les banquettes. J'en ai vu, j'avais de la peine pour elles, mais je jouais moi aussi ma réputation. Et puis j'étais un pezu timide aussi.
L'expression faire banquette est aujourd'hui utilisée - à juste titre - pour les joueurs de foot qui, éternels remplaçants, restent toujours sur le fameux banc des remplaçants.
Par extension, faire banquette signifie ne pas participer parce qu'on n'y est pas invité. La nuance de rejet qui l'accompagne fait penser à la fameuse mise au ban (de mettre au ban), qui issue de bannir, signifie être mis à l'écart, être rejeté, être exclu.

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 18:52
Merci à James M. pour cette expression apportée sur un plateau et en trinquant à la bonne santé de Pierre et Paul (et Cie) qui, comme chacun sait, étaient des fameux apôtres, sans doute des saintes nitouches (les saintes n'y touchent), et qui, à coup sûr, évitaient de faire le jacques parce que le barbu prophète en son pays, ce beau jésus, un vrai dieu, les aurait menacés de ne pas les laisser entrer au Paradis, que le Paradis ils ne pensaient qu'à ça.
Vous remarquerez à quel point je maîtrise les digressions puisque je n'ai nullement besoin de commencer mon sujet avant de digresser. Je digresse d'abord, ce qui fait que le sujet digresse par rapport à la digression ! (et là mon index tourne autour de ma tempe comme celui de Perceval dans le trop fameux Kameloot (enfin la série va reprendre à la télé, je suis fan !)). Fermez les parenthèses.
Ores doncques (comme dit Christine qui peut-être l'écrirait autrement), cette expression qui n'a rien de sexuel mais qui l'eût pu avoir (quelque chose de sexuel !) évoque cette bien vivance qui consiste à se murger sévère, au cours d'une nuit pleine de verres pleins et de regards vides et à repartir par exemple au petit blanc ou à la bière dès potron-jacquet. Ainsi, le four métaphorique n'a pas eu le temps de refroidir.
J'avais en son temps noté l'expression à moi offerte par René B. "rallumer la chaudière" (cf.archives) qui évoque le besoin qu'on a, un lendemain d'excès alcoolique, de boire à nouveau de l'alcool pour être en forme (on sait évidemment que le corps, après une cuite -et donc un excès de sucre- se retrouve en manque : en hypoglycémie. Quoi de mieux alors que de reprendre du sucre sous forme alcoolique,  donc de rallumer la chaudière ?)
James qui s'y connaît m'a illustré le bidule en évoquant les gaziers (ceux qui fabriquaient autrefois jadis naguère) le gaz de ville en enfournant du coke dans les fours. Je te parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Ils avaient chaud au cul. Ils avaient chaud partout. Ils étaient bien obligés de boire. A de certaines époques, l'eau était suspecte : on lui préférait le pinard. Ainsi, on redémarrait le four chaud.
C'est clair ?
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 19:53
Si cette expression semble avoir été remise au goût du jour par un certain Nicolas Sarkozy, selon les informations données par le Canard Enchaîné depuis belle lurette et rappelées cette semaine à propos du fameux procès Clearstream (1), elle existe depuis longtemps. Et je l'ai bien souvent entendue à défaut de l'avoir utilisée car je ne suis nullement vindicatif. Autrefois, pendre quelqu'un (vivant bien sûr) à un croc de boucher pouvait représenter le summum de la violence du bourreau (en l'occurrence un tortionnaire) et le summum de la souffrance de la victime. Dans le contexte du procès qui vient de s'ouvrir, l'aspect métaphorique de l'expression est renforcé car évidemment toute violence physique même la plus minime à l'égard des prévenus est rigoureusement exclue. L'expression garde toutefois un fort relent de vengeance. C'est sans doute ce qui en restera de plus prégnant.

(1) Clearstream Sarko a promis de pendre Villepin à un croc de boucher.
C'est règlement de comptes à OK Charal !
Le Canard Enchaîné, n°4639, 23/09/09

Post-scriptum
Le Nouvel Observateur, n°2341, du 17-09-09 publie ce dessin de Wiaz
        
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 20:17
C'est principalement quand on est un pilier de comptoir qu'on "attrape" un durillon de comptoir. Il faut les voir, Bébert ou bien Jojo, quand en fin de journée, harassés s'ils travaillent, désespérés s'ils sont chômistes, ils posent en se déhanchant leur coude sur le zinc, un pied sur la barre. Ils viennent de se constituer un observatoire, voire un oratoire d'où ils peuvent voir et interpeller tout ce qui bouge. Bébert aime bien sa place, il n'en change jamais. Parfois Bébert ne lève même pas son coude du comptoir quand un patron généreux lui verse un petit verre de blanc sans faux-col. Alors il approche amoureusement ses lèvres du breuvage, en tremblant un peu, et l'on entend alors ce grand sploush cher à Brel. Peut-être devrait-il se faire coudre des ronds de cuir aux coudes pour mieux se protéger. Au deux siècles derniers, on appelait "rond-de-cuir" l'employé de bureau tel qu'il a été fabuleusement décrit dans La Conjuration des imbéciles de J.-K Toole (1) ou Rhinocéros de Ionesco.
Une mode a même popularisé des vestes à ronds de cuir.
Jean-Marie Gourio a, lui, popularisé les brèves de comptoir, énoncées par tous les Jojo et Bébert de France.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A8ves_de_comptoir


(1)La Conjuration des imbéciles
(titre original : A Confederacy of Dunces) est un roman humoristique de John Kennedy Toole, non publié de son vivant. Le titre est une référence à une citation de Jonathan Swift, mise en exergue : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 13:25
Pas de traduction française pour cette expression issue de l'américain. Elle s'applique à des personnes qui vivent une grande partie de leur vie le cul posé (souvent dans un canapé / couch), et qui (éventuellement) passent l'essentiel de leur temps à regarder la télévision, ce qui les confine à une vie assez végétative (potato)... Ces "patates de canapé" auraient tendance à grignoter (chips, snacks, plateau télé), ce qui fait qu'ils pourraient avoir tendance à grossir exagérément jusqu'à devenir très obèses.
Je repense aux dernières images d'Elvis Presley, peu avant sa mort; il était devenu énorme. Je crois me rappeler que c'est à cette occasion que j'ai fait connaissance avec cet anglicisme ou américanisme.
Par extension, on affuble de cette expression les gens réputés très sédentaires, immobiles, dépourvus du désir de se bouger le cul.
On trouve deci delà (cahin caha !) des tentatives de francisation, certaines tentant de transposer l'idée originelle (patate de canapé, pomme de terre de divan, légume : expression la plus dure car elle est aussi utilisée pour évoquer les handicapés profonds à la psychologie ou à la vie mentale desquels on n'a pas accès, les retranchant de facto d'un monde de vivants pour les faire entrer dans le monde des (ou quasi) morts cérébraux...)

Trouvé sur un forum :
http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=5131
"Le français a légume, pour désigner quelqu'un qui ne vit plus que par ses fonctions végétatives.
Parfois au sens propre :
« Il est sorti du coma, mais c'est un légume. »
Parfois au sens figuré :
« Untel, c'est un légume, pas moyen de le faire déculchaiser ! » ".

On découvre dans cette intervention une construction lexicale assez intéressante pour faire pendant à la notion de couch potato (être encuchaisé vs se décuchaiser).



Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 20:22
Il existe une grande catégorie d'expressions qu'on peut appeler des idiotismes toponymiques (formes propres à une langue en lien avec une localisation géographique). Ils expriment une notion plutôt univoque associée à un lieu. On pourrait en citer des dizaines et des dizaines : aller à Canossa, avoir la tentation de Venise, bâtir des châteaux en Espagne...Une liste importante non exhaustive est recensée par Wikipedia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Idiotisme_toponymique
Je citerai pour mémoire des expressions déjà citées dans ce blog relatives à la grande région Centre où je vis (cf.archives) :
- On n'est pas rendus à Loches
- Faire un partage de Cormeray
- C'est tout droit Chambord

Ben, un informateur patenté, a exhumé du tas de vieux journaux souvent débiles qui traînent chez les médecins et les dentistes, des pages consacrées à des expressions toponymiques. Il les a copieusement déchirées et me les a livrées in situ et in extenso.
Il s'agit du magazine appelé GEO Ado, (Ave Cesar !) qui explique le sens  et l'origine de certaines expressions toponymiques dont certaines figurent depuis belle turlurette dans les pages de ce blog (Par exemple, être à l'ouest, une armée mexicaine).
Etre du régiment de Champagne signifie "se moquer de l'ordre (...). Dans un bal donné au château de Versailles, en 1747, pour le mariage du fils de Louis XV, un inconnu s'est assis à une place réservée. Quand des gardes lui demandent d'en changer, il réplique : "je m'en moque je suis colonel du régiment de Champagne". Un peu plus loin, une dame se trouve égalemnt sur un siège destiné à quelqu'un d'autre. On la prie d'aller s'asseoir ailleurs mais elle s'écrie fièrement : "je n'en ferai rien; je suis aussi du régiment de Champagne". Le bon mot a fait rire tous les courtisans.
Autres exemples cités par GEO Ado :
- le téléphone arabe qui illustre les capacités extrêmes du bouche à oreille
- filer à l'anglaise (partir en douce, comme un voleur). A noter toujours selon GEO Ado que la traduction anglaise en est : take a french leave (c'est-à-dire, filer à la française). Ca me rappelle (ndr) que la capote anglaise devient french litter au-delà de la Manche.
- subir une douche écossaise (c'est-à-dire passer d'un extrême à l'autre).
- faire une promesse de gascon, c'est-à-dire faire une promesse qu'on n'a nullement l'intention de tenir...Pas très sympa pour les Gascons
- Faire une réponse de Normand, les Normands étant supposés avoir du mal à se décider ou bien d'être à la fois prudents et rusés...Les généralités basées sur des caractéristiques "ethnographiques" ne valent que ce qu'elles valent. Elles sont même dangereuses dans certains cas...


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Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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