métaphore

Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 18:38

L'expression construit un proverbe avec une métaphore. L'aphorisme est direct, sec, sentencieux (évidemment,  car point ne me rebute la tautologie).  La maligne trivialité du support (le pot et "son" couvercle) introduit un doux humour : décalage entre l'existentiel ( trouver l'âme soeur, trouver chaussure à son pied, bref trouver l'amour, remplir sa vie vide) face à la quotidienneté de l'objet considéré. Autrefois, les pots et les couvercles étaient tournés à la main, et à la diable. Alors un couvercle était fait par la main du potier pour le pot qu'il venait d'ériger. Et partant, n'importe quel couvercle ne pouvait coiffer dignement n'importe quel pot. CQFD.

Il fut un temps ou le pot de grès, le pot de terre, constituaient l'essentiel d'une vaisselle. Le pot avait une grande importance, c'est sans doute pourquoi un certain nombre de métaphores l'utilisent...

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs soupes (sous-entendu, ce n'est pas parce qu'on est vieux qu'on est disqualifié).

Un pot à tabac : un homme ou une femme courts sur pattes. Métaphore moqueuse qui va s'appliuquer par exemple à Martine Aubry mais pas à Nicolas Sarkozy. Un pot à tabac est doncreplet,  enflé, renflé comme un cul de gourde.

C'est le pot de terre contre le pot de fer (c'est la France d'en bas contre la France d'en haut, par exemple).

Découvrir le pot aux roses (et non découvrir le poteau rose), c'est-à-dire découvrir une vérité qui avait été celée.

C'est le pot au noir (le pot-au-noir est une zone de navigation extrêmement difficile). L'expression désigne quelque chose de confus, de peu explicite. Faites gaffe, on vous bourre le mou ! 

Payer les pots cassés (payer les erreurs, les bêtises).

Etre sourd comme un pot (on aurait pu dire aussi sourd comme un fer à repasser).

En deux (trois) coups de cuiller à pot (faire quelque chose facilement, rapidement).

Avoir du pot (avoir la moule, quoi !).

 

Allez, en suivant ce lien, écoutez l'inénarrable Vincent Malone...

 

http://www.bide-et-musique.com/song/2881.html

 

J'me lève, le matin pot d'chagrin (peau d'chagrin...). J'adore. Pas accessible sur YouTube ni DailyMotion

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 18:57

Un mien lecteur, à propos de l'expression avoir la tête près du bonnet (cf. article et commentaires), vise l'autocrate qui chapeaute l'Elysée (avec un bicorne ?), la vie politique et la vie des médias (car on nous les casse (2) à chaque heure du jour depuis des années maintenant...). J'avais fait un article avant les élections de 2007  dans lequel j'espérais que les Français ne seraient pas trop stupides, faute de quoi ce serait dans le cul la balayette...Tout cela n'est certes pas élégant mais je ne me resude jamais une bonne métaphore...

Ce lecteur aimerait donc que le Premier Ministre soit le grand chef en lieu et place du Président de la Rep, et ce faisant, ravale ledit Président à un rôle d'inaugurateur de chrysanthèmes (ainsi que le Général de Gaulle l'avait cerné lors d'une mémorable conférence de presse).  C'est un avis. Mais n'est-ce pas le cas de figure avec le berlusconiquenique ? Le Président italien est une potiche et le président du Conseil des Ministres a le pouvoir. Est-ce une référence ?

 

 

Inaugurer les chrysanthèmes c'est donc ce qu'il reste comme activité principale à celui qui ne détient plus qu' un pouvoir de paccotille, et qui est de fait un Président d'opérette.

 

(1) http://www.linguapop.com/article-10209058.html

(2) Equivalent délicieusement elliptique et socialement presque correct pour "On nous casse les couilles", "on nous casse les bonbons", "on nous les brise menu".

(3) http://www.ina.fr/divertissement/humour/video/I00012497/charles-de-gaulle-inaugurer-les-chrysanthemes.fr.html

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 14:22

Cette expression est recensée comme typiquement québécoise (1). Faire la corde à linge, s'est s'effondrer sur un terrain de hockey et par extension, un terrain de sport. Et celui qui fait effondrer l'autre fait lui le coup de la corde à linge ( rappelez-vous le coup de boule de Zidane à l'Italien Materazzi lors de la finale de la coupe du Monde  2006).

Au Québec, passer la nuit sur la corde à linge, c'est l'équivalent pour nous de faire une nuit blanche, c'est-à-dire rester éveillé ou faire la foiridon, faire la noce comme on dit à la campagne. Explication : avoir l'air un peu fripé, comme du linge sec mais pas encore repassé. Chez nous on dit aussi de quelqu'un qui a les vêtements fripés qu'ils ont l'air d'être passés dans la gueule d'une vache.

On n'imagine pas tout l'intérêt que revêt la corde à linge au Québec (cf. http://www.ouellette001.com/vivre/vivre9.htm

Il est vrai que là-bas l'hiver est tellement long et rude que dès qu'on peut accrocher le linge pour le sécher, c'est signe que l'hiver est ailleurs.

 

Extrait du site :

 

Art de la corde à linge

On n'étend pas le linge n'importe comment.
Le linge étendu serré dénote une personnalité introvertie.
Le linge distancé démontre une ouverture d'esprit.
Le linge pêle-mêle dénote le désordre de sa vie personnelle.

Les novices appellent parfois les pompiers

Corde à linge de la voisine, le 24 mai 1997, ruelle entre les rues Sheppard et Chapleau, Montréal. Photo Jean-Frédéric Ouellette-Lapointe 970523/19.

 

 

(1) Pierre DesRuisseaux, Dictionnaire des expressions québécoises, Editions BQ, 2009, p.138

 

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 18:39

L'ambiance dans les entreprises ne semble pas folichonne et si ça reste un bon marronnier que de faire la une sur le stress au travail, le mal de dos, le burn-out, etc...la situation ne fait qu'empirer, que croître et embellir pour parler par anti-phrase ironique et joli cliché. Les cadres et les employés sont pressés comme des citrons par des supérieurs hiérarchiques juste un peu plus cheffaillons qu'eux, qui tirent sur la corde avant que plus cheffaillons ne leur tirent la moelle à leur tour en les pressant jusqu'au trognon. Dans ce système de poupées russes, tout le monde est perdant. Y compris parfois les patrons, les pauvres, qui se font sucer sans plaisir par les actionnaires-vampires. La situation n'est peut-être pas encore mûre pour qu'on opère le grand coup de balai, qu'on mette un coup de pied dans la fourmilière et qu'on change cette société aux objectifs imbéciles...

Travailler à en mourir ou même seulement à en perdre la santé ou même seulement à en perdre la joie de vivre ? Merdre !

 

(cf. Le Nouvel Observateur)

 

 

 

pour les geek : 

www.presse-citron.net

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 12:19

Certes, un ballot ( ballot de chiffons, ballot de paille) étant quelque chose d'à la fois informe, compact, difficile à manipuler, par métaphore, le mot ballot désigne un être du même acabit, un peu stupide et assez statique, difficile à manier. L'expression c'est ballot a fait florès ces dernières années, sans doute mise en valeur dans un sketch (1) par Jean-Marie Bigard, humoriste par beaucoup d'aspects -pour moi- très contestable (vulgaire, fayot papal, copain avec sarko mais déçu, mythomane à l'envers qui diffuse des thèses imbéciles sur le 11 septembre, ça fait beaucoup !).

 

 


Jean-Marie Bigard - La valise RTL
envoyé par maroccos. - Regardez plus de vidéos comiques.

 

Un exemple : Dans la période révolutionnaire que vit la Tunisie, la France n'a pas été à la hauteur. A cause sans doute d'un ambassadeur qui n'a pas -semble-t-il - joué son rôle d'informateur. Celui-ci a donc été remplacé mais malheureusement, à peine arrivé, le nouvel ambassadeur, sans doute heureux d'échapper à l'Irak son précédent poste a fait une énorme bourde. C'est ballot : il était là pour redorer le blason et oups ! c'est raté.

 


Le coup de sang de l'ambassadeur de France en Tunisie
envoyé par Mediapart. - L'info internationale vidéo.
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 13:34

Linguapop accède au Top des blogs d'Over-Blog. Espérons qu'il y restera...1687è (sur 1,45 million) ce n'est pas si mal. Et c'est grâce à vous lecteurs.

 

De plus, la semaine dernière, Linguapop a passé le cap des 200 000 visiteurs et approche les 500 000 pages vues. Voilà pour les auto-congratulations... C'est top bon, top cool, top classe. Bref c'est trop top !

 Ca me donne un coup de booster

 

Etre un pont

 

On métaphorise beaucoup aujourd'hui l'action des communicateurs de toutes sortes (artistes, écrivains, professeurs) comme celle de "passeurs" : ceux qui établissent un pont entre le savoir et les hommes.  Il se trouve que dans ma déjà distante jeunesse j'ai exercé la noble quoique parfois dilettante et ludique fonction de passeur de Loire. Avec un grand bateau de 11 mètres du bord duquel je narguais un autre pont, celui de Beaugency (Loiret, Centre, France). C'était top cool ! 

 

Créer un pont, c'est aussi rendre plus faciles des choses qui étaient difficiles.

Il y a des années, après l'écroulement subit du pont Wilson à Tours, tous les ponts sur la Loire ont été vérifiés. Le pont de Beaugency était en si mauvais état que l'Etat majuscule a décidé de le réparer, après avoir un temps envisagé de le détruire. Détruire notre pont millénaire ! avec sa millénaire légende (en son temps racontée par James Joyce) !  Ce pont a été réparé et donc interdit à la circulation pendant une année. C'est quand les choses disparaissent qu'on en ressent le mieux la nécessité. Deux-cents mètres pour traverser la Loire se transformèrent en dix-huit kilomètres pour faire le détour par le pont de Meung-sur-Loire.

  

Créer un pont, c'est aider les autres à franchir certaines difficultés. Ce blog est un pont très usité par des lecteurs étrangers qui apprennent le français et peuvent avoir ainsi accès à une langue populaire majoritairement absente des dictionnaires d'usage.

 

Créer un pont, c'est aider l'autre. Tout simplement.

 

Like a bridge over troubled water (version originale + version 81 avec Art).

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 16:20

 

Ah, ben celle-là, je la connaissais pas. Moi qui suis un adepte du yaourt pour chanter mes blues à la con, j'ignorais que je pusse utiliser le coup du lavabo. Wap wap dou wap ! L'anglais-lavabo est un faux anglais approximatif. Voir Dubosc qui répète à satiété et sans trop se casser le cul, "one again". Au théâtre, pour s'amuser et s'entraîner, on peut parler en grommelot, il s'agit de langages inventés censés se rapprocher des consonances de telle ou telle langue. Il faut avoir déjà un certain don d'imitation ou beaucoup d'iunventivité.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 20:01

Il y a des expressions, comme celle-là, dont le sens saute à la gueule (j'allais dire bêtement saute au nez ou saute aux yeux). Ouais, il s'agit bien généralement d'une injure : Eh va donc gueule de coin de rue (gueule de con, gueule de raie, etc.). Evidemment, on imagine que cette gueule-là est une gueule anguleuse, une gueule en lame de couteau, une aubaine pour le caricaturiste. Bernet et Rézeau (1) signalent cette expression comme attestée depuis 1913.

Et tant qu'ils y sont, ils nous citent la gueule à caler les roues de corbillard pour évoquer une gueule sinistre, à l'air maussade ou renfrogné.

 

(1) On va le dire comme ça, Dictionnaire des expressions quotidiennes, Bernet et Rézeau, éditions France-Loisirs

 

 

 

Autre acception :

 


Ahmad: Le Coin de Rue
envoyé par In-UtileProd. - Clip, interview et concert.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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