Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /Juil /2009 20:46
Allez donc savoir pourquoi ladite lampe représente la partie supérieure du système digestif (1). S'en mettre plein la lampe, c'est comme on dit aussi : s'en mettre jusque là,  et là vous mettez le tranchant de la main sous le menton juste en haut de l'oesophage. Il s'agit d'une métaphore visuelle en l'occurrence puisque ce seul geste de la main, associé à une bouche qui bée, bée, peut se passer des mots pour dire : je suis full, j'ai les dents du fond qui baignent. Ach !
Se le mettre derrière la cravate a à peu près le même sens mais il me semble qu'on peut y voir plus de réserve dans l'avalage et la déglutition, un effet plus discret. Quant à moi, à l'instar du Gravos (2), c'est plutôt sur la cravate que je m'en mets plein. Suis-je un maladroit ou un homme pressé ? Je connais la réponse.

(1) Mon little bob me dit tout de même qu'il faut y voir évidemment un rapport avec "lamper", c'est-à-dire boire à grands traits, à grandes gorgées (donc à grandes lampées)).
(2) Relire San Antonio, sans faute (Frédéric's one)
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /Juil /2009 19:14
La comparaison est limpide mais pas comme de l'eau : elle concerne les alcooliques patentés, pas les petits alcoolos mondains qui sirotent régulièrement comme d'autres pétunent. Les alcoolos patentés se reconnaissent à leur gros tarbouif plein de grumeaux.
Boire comme un trou, c'est avoir franchi le pas qui fait qu'on ne peut d'une part plus s'arrêter de boire (pas un seul jour !) et que d'autre part on aborde les grands volumes (j'en suis pas encore là, sauf avec la flotte et le café, mais faudrait que je ferais gaffe, comme on dit dans nos campagnes acidulées, parce que je sirote sec, disons avec deux cubes de glace).
Je me rappelle une virée à pied en montagne (les Pyrénées) lors de laquelle un copain randonneur m'avait dit : pour prouver qu'on n'est pas alcoolo, il faut ne pas boire une goutte pendant 19 jours. Va savoir pourquoi 19. On a tenu 3 jours parce qu'on trouve du pinard presque partout, y compris en montagne. Mais si j'avais tenu 17 jours, je me serais considéré comme le roi du pétrole.
Par Jacques Michaud - Publié dans : comparaison - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 12:19

Cette expression utilisée par George Hagen, dans La Famille Lament, est traduite de l'Anglais (d'Afrique du Sud). On peut supposer qu'elle est assez fidèle à l'original. Elle signifie :"se masturber" (pour un homme). Bien sûr ! moucher la chandelle c'est souffler la bougie du désir, éteindre ce désir. Bien entendu la connotation masculine est claire.
Eh, les filles ! connaissez-vous des expressions susceptibles de métaphoriser votre propre extinction (provisoire) du désir ?

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 22:01

Il ya quelque temps déjà, je vous proposais une grille en langue verte de Gilou le Flahute (Cf. à gauche). En voici la solution (merci Gilou).

 

 

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C

 

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IX

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S

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E

 

 

 

 

NOTES

 

I          Pas plus, d'ailleurs, qu'un pet de lapin

III       Au bigne ou au chtard, une chose est sûre : vous vous êtes fait poisser

IV       Mais il est nettement plus apprécié avec un bout de bricheton et un kil de rouge

VIII    La bonne ferte est la bonne aventure de Mme Irma, et a donc peu à voir avec

les prophéties messianiques

 

1          Ces limaces sont au contraire fort utiles, puisque ce sont ici des chemises de nuit

2          Rappelons que plomber quelqu'un, c'est lui transmettre une MST. Du temps de

la syphilis, être nase (ou naze), c'était être contaminé

3          Sans pour autant être une oie blanche. Le jars (ou jar) est ici, et depuis longtemps,

la langue des malfaiteurs

7          Le lorgne est en effet l'un des noms de l'as, aux cartes

8          Roustir signifie aussi voler, dérober

9          La lessiveuse est l'un des nombreux noms de la mitraillette, le P.M. Sten

            en restant l'un des fleurons

Par Jacques Michaud - Publié dans : mots croisés en langue verte - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 14:27
Une fois n'est pas coutume et sachant que je fais ce que je veux je ferai une entorse à ma règle : point ici de métaphore, ni de synecdoque, tout juste un peu d'ironie : la loi est dure, mais c'est la loi (dura lex, sed lex). Aujourd'hui, la loi, c'est celle des puissants qui ont beau jeu d'encourager le populo à se ranger à leurs aphorismes. Moi, je m'en fous qu'il y en ait qui se la pètent et exhibent leurs pauvres signes extérieurs de richesse. Obligés d'acheter des sacs universellement marron avec des petites lettres en frise, obligés de porter un petit crocodile universellement vert, obligés de se carrer de l'hermès à gerber au-dessus de leur petit costard uniforme, etc. Le panurgisme et la grégarité crasse font que même certains pauvres (on peut être pauvre et con!) se croient obligés d'acheter des copies, des sacs à deux balles, des polos au crocodile malhabile. Il paraît que les petites japonaises de 14 ans sont out si elles ne possèdent pas le malheureux sac marronnasse dégueu de chez Louis V (après l(o)ui, ce sera Louis VI le Gros) . Ce grand adolescent de Séguéla (ci-devant grand communicateur du socialisme à la rose) a prononcé un aphorisme fort du genre : si à 50 ans t'as pas ta rolex, t'as raté ta vie. Est-il besoin de dire que, moi-même, je n'ai pas de Rolex et que si j'ai raté ma rolex c'est qu'il me reste la vie ?
Mon ami Franck W. se fout joyeusement de la gueule du ci-devant en créant ce T.shirt (disponible sur commande, je vous donnerai son adresse).




Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 22:57

Entendue cet après-midi, en situation.
Vous savez, tous ces gens qui veulent devenir fonctionnaires et qui ne souhaitent qu'un boulot pépère, un truc où on ne risque rien et où on ne se salit pas trop. Ben voilà, ils veulent travailler chez Miss Cravate ! Ah, les branleurs ! alors que nous, je vous dis pas, on bosse comme des dingues, à en perdre haleine.
Savez-vous que c'est une grande joie que d'écouter les discours des autres avec un pur point de vue d'esthète de la langue ? On s'emmerde moins à entendre toutes les conneries diamétralement débitées (je dis bien diamétralement car le débitage de conneries confine parfois pour moi au découpage de saucisson qui, que je sache, a bien à voir avec la notion de diamètre). Les contenus (le fond (qu'on touche d'ailleurs assez souvent)) disparaissent pour l'esthète derrière la forme, bien plus importante et autrement nourrissante (que le saucisson).

Merci à celui qui m'a mis en joie et jamais ne le saura.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 21:25

Anne-laure B. se pique au jeu et en tout cas, elle a bien mordu à l'hameçon de ce blog. Elle nous propose cette délicieuse expression "entendue le week-end dernier (en Dordogne toujours) : (...) Bon, là, j'avoue, je n'ai pas compris. Elle s'est fâchée ? Elle s'est fait mal ? Non : elle est enceinte "jusqu'aux dents".

Chez nous (sur les bords de Loire entre Beauce et Sologne), la variante est minime car on utilise l'expression : être tombée sur un clou rouillé, qui a strictement le même sens : "tomber" enceinte. J'avoue que le "tomber" me ravit et me fait rire à chaque fois tant il est utilisé par certains sans prêter à ce "tomber" toute sa mesure de fatalité, bonne ou mauvaise fortune, hasard. Tout comme on tombe sur le mauvais (ou le bon) numéro.
Variante aussi de "enceinte jusqu'aux dents" : enceinte jusqu'aux yeux. Une autre expression que j'utilise affectueusement à l'égard des femmes tellement heureuses d'annoncer leur grossesse presque avant que ce soit raisonnable : "elle est enceinte d'un quart d'heure". Joli, non ?
En son temps on a pu évoquer de beaucoup plus triviales expressions telles que "avoir un polichinelle dans le tiroir/placard ou encore : avoir un pain au four...
Allez, peut-être avez-vous d'autres ressources ?

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 20:54
Voilà une expression étrange, si improbable qu'elle en tire (de son improbabilité (je dis ça au cas où il faudrait vous mettre les points sur les i)) (remarquez que j'ai fermé la double parenthèse : il est vrai que je vous ménage !) sa véracité populaire (le gros bordel dans la phase, c'est fait exprès : j'aime bien foutre la merde).
Merci à DLC pour cet apport ponctuel et rare qui mérite d'être amplifié, car l'homme, je le sais, a de la ressource en matière langagière.
Cela, donc, signifie qu'un mets qu'on ingurgite est très amer.
"Amer comme la suie, amer comme chicotin", dit aussi Little Bob que je m'en suis allé convoquer in petto. Mais point de chat qui pisse au coin du dictionnaire, évidemment : le dictionnaire des expressions du langage populaire reste à faire.
J'avais en son temps noté l'expression "dur comme chicotin", expression populaire erronée mais que j'avais entendue et donc respectée comme fait de langue. Car vous l'avez compris, j'aime l'erreur tout autant que la vérité.
Le chicotin est un suc extrait de l'aloès. Il confirme donc la comparaison signifiant l'amertume et infirme l'autre.
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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