Mon ami Franck W. se fout joyeusement de la gueule du ci-devant en créant ce T.shirt (disponible sur commande, je vous donnerai son adresse).
Entendue cet après-midi, en situation.
Vous savez, tous ces gens qui veulent devenir fonctionnaires et qui ne souhaitent qu'un boulot pépère, un truc où on ne risque rien et où on ne se salit pas trop. Ben voilà, ils veulent
travailler chez Miss Cravate ! Ah, les branleurs ! alors que nous, je vous dis pas, on bosse comme des dingues, à en perdre
haleine.
Savez-vous que c'est une grande joie que d'écouter les discours des autres avec un pur point de vue d'esthète de la langue ? On s'emmerde moins à entendre toutes les conneries
diamétralement débitées (je dis bien diamétralement car le débitage de conneries confine parfois pour moi au découpage de saucisson qui, que je sache, a bien à voir avec la notion de diamètre).
Les contenus (le fond (qu'on touche d'ailleurs assez souvent)) disparaissent pour l'esthète derrière la forme, bien plus importante et autrement nourrissante (que le saucisson).
Merci à celui qui m'a mis en joie et jamais ne le saura.
Anne-laure B. se pique au jeu et en tout cas, elle a bien mordu à l'hameçon de ce blog. Elle nous propose cette délicieuse expression "entendue le week-end dernier (en Dordogne toujours) : (...) Bon, là, j'avoue, je n'ai pas compris. Elle s'est fâchée ? Elle s'est fait mal ? Non : elle est enceinte "jusqu'aux dents".
Chez nous (sur les bords de Loire entre Beauce et Sologne), la variante est minime car on utilise l'expression :
être tombée sur un clou rouillé, qui a strictement le même sens : "tomber" enceinte. J'avoue que le "tomber" me ravit et me fait rire à chaque fois tant il est utilisé par
certains sans prêter à ce "tomber" toute sa mesure de fatalité, bonne ou mauvaise fortune, hasard. Tout comme on tombe sur le mauvais (ou le bon) numéro.
Variante aussi de "enceinte jusqu'aux dents" : enceinte jusqu'aux yeux. Une autre expression que j'utilise affectueusement à l'égard des femmes tellement
heureuses d'annoncer leur grossesse presque avant que ce soit raisonnable : "elle est enceinte d'un quart d'heure". Joli, non ?
En son temps on a pu évoquer de beaucoup plus triviales expressions telles que "avoir un polichinelle dans le tiroir/placard ou encore : avoir un pain au
four...
Allez, peut-être avez-vous d'autres ressources ?
Merci à Djipi pour cette expression un peu retorse puisqu'elle ne se comprend ou ne se devine que par son contexte d'utilisation. C'est donc un exemple très
instructif de la manière dont se fait la plupart du temps l'apprentissage de la langue : par le contexte et sans dictionnaire, mais avec toutefois les risques de non-sens qui peuvent en
découler. Djipi avait même visé juste, en attribuant à de Gaulle l'origine de cette expression. Voici ce qu'en dit d'ailleurs Wikipedia.
"L'expression comité Théodule est une authentique création gaullienne : « L'essentiel pour moi, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave,
le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c'est ce que veut le pays. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer de le
faire. » (Charles de Gaulle, lors d'un voyage à Orange, 25 septembre 1963[2])
Depuis l'expression a fait florès, et on appelle comité Théodule un comité, ou une commission qui n'a d'autre utilité que d'enterrer tranquillement une affaire."
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journal intime d'une délicieuse inconnue
Gaston Couté, poète paysan et libertaire
allez donc lire un poème au hasard
Le pitch
C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.
Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?
Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.
En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour. Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.
Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.
C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.
Ach !
No problemo
Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".
Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !
J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....