Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 14:27
Une fois n'est pas coutume et sachant que je fais ce que je veux je ferai une entorse à ma règle : point ici de métaphore, ni de synecdoque, tout juste un peu d'ironie : la loi est dure, mais c'est la loi (dura lex, sed lex). Aujourd'hui, la loi, c'est celle des puissants qui ont beau jeu d'encourager le populo à se ranger à leurs aphorismes. Moi, je m'en fous qu'il y en ait qui se la pètent et exhibent leurs pauvres signes extérieurs de richesse. Obligés d'acheter des sacs universellement marron avec des petites lettres en frise, obligés de porter un petit crocodile universellement vert, obligés de se carrer de l'hermès à gerber au-dessus de leur petit costard uniforme, etc. Le panurgisme et la grégarité crasse font que même certains pauvres (on peut être pauvre et con!) se croient obligés d'acheter des copies, des sacs à deux balles, des polos au crocodile malhabile. Il paraît que les petites japonaises de 14 ans sont out si elles ne possèdent pas le malheureux sac marronnasse dégueu de chez Louis V (après l(o)ui, ce sera Louis VI le Gros) . Ce grand adolescent de Séguéla (ci-devant grand communicateur du socialisme à la rose) a prononcé un aphorisme fort du genre : si à 50 ans t'as pas ta rolex, t'as raté ta vie. Est-il besoin de dire que, moi-même, je n'ai pas de Rolex et que si j'ai raté ma rolex c'est qu'il me reste la vie ?
Mon ami Franck W. se fout joyeusement de la gueule du ci-devant en créant ce T.shirt (disponible sur commande, je vous donnerai son adresse).




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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 22:57

Entendue cet après-midi, en situation.
Vous savez, tous ces gens qui veulent devenir fonctionnaires et qui ne souhaitent qu'un boulot pépère, un truc où on ne risque rien et où on ne se salit pas trop. Ben voilà, ils veulent travailler chez Miss Cravate ! Ah, les branleurs ! alors que nous, je vous dis pas, on bosse comme des dingues, à en perdre haleine.
Savez-vous que c'est une grande joie que d'écouter les discours des autres avec un pur point de vue d'esthète de la langue ? On s'emmerde moins à entendre toutes les conneries diamétralement débitées (je dis bien diamétralement car le débitage de conneries confine parfois pour moi au découpage de saucisson qui, que je sache, a bien à voir avec la notion de diamètre). Les contenus (le fond (qu'on touche d'ailleurs assez souvent)) disparaissent pour l'esthète derrière la forme, bien plus importante et autrement nourrissante (que le saucisson).

Merci à celui qui m'a mis en joie et jamais ne le saura.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 21:25

Anne-laure B. se pique au jeu et en tout cas, elle a bien mordu à l'hameçon de ce blog. Elle nous propose cette délicieuse expression "entendue le week-end dernier (en Dordogne toujours) : (...) Bon, là, j'avoue, je n'ai pas compris. Elle s'est fâchée ? Elle s'est fait mal ? Non : elle est enceinte "jusqu'aux dents".

Chez nous (sur les bords de Loire entre Beauce et Sologne), la variante est minime car on utilise l'expression : être tombée sur un clou rouillé, qui a strictement le même sens : "tomber" enceinte. J'avoue que le "tomber" me ravit et me fait rire à chaque fois tant il est utilisé par certains sans prêter à ce "tomber" toute sa mesure de fatalité, bonne ou mauvaise fortune, hasard. Tout comme on tombe sur le mauvais (ou le bon) numéro.
Variante aussi de "enceinte jusqu'aux dents" : enceinte jusqu'aux yeux. Une autre expression que j'utilise affectueusement à l'égard des femmes tellement heureuses d'annoncer leur grossesse presque avant que ce soit raisonnable : "elle est enceinte d'un quart d'heure". Joli, non ?
En son temps on a pu évoquer de beaucoup plus triviales expressions telles que "avoir un polichinelle dans le tiroir/placard ou encore : avoir un pain au four...
Allez, peut-être avez-vous d'autres ressources ?

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 20:54
Voilà une expression étrange, si improbable qu'elle en tire (de son improbabilité (je dis ça au cas où il faudrait vous mettre les points sur les i)) (remarquez que j'ai fermé la double parenthèse : il est vrai que je vous ménage !) sa véracité populaire (le gros bordel dans la phase, c'est fait exprès : j'aime bien foutre la merde).
Merci à DLC pour cet apport ponctuel et rare qui mérite d'être amplifié, car l'homme, je le sais, a de la ressource en matière langagière.
Cela, donc, signifie qu'un mets qu'on ingurgite est très amer.
"Amer comme la suie, amer comme chicotin", dit aussi Little Bob que je m'en suis allé convoquer in petto. Mais point de chat qui pisse au coin du dictionnaire, évidemment : le dictionnaire des expressions du langage populaire reste à faire.
J'avais en son temps noté l'expression "dur comme chicotin", expression populaire erronée mais que j'avais entendue et donc respectée comme fait de langue. Car vous l'avez compris, j'aime l'erreur tout autant que la vérité.
Le chicotin est un suc extrait de l'aloès. Il confirme donc la comparaison signifiant l'amertume et infirme l'autre.
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /Juin /2009 20:26
Je crois pouvoir décerner le prix du chroniqueur politique le plus métaphorique, à Thomas Legrand, de France Inter, qui outre l'acuité critique, utilise abondamment et fréquemment des expressions imagées. En terme économique, faire les fonds de cuve, c'est gratter tout ce qu'on peut gratter dans une situation donnée (je ne sais plus vraiment de quoi il parlait).
Peut-être pourrait-on renvoyer à cette autre jolie expression : retourner ses poches , juste avant de devenir raide comme un passe-lacet.
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 12:38
Bien entendu, dès qu'un Airbus ne répond plus ou n'émet plus sur sa fréquence, on est dans le silence radio au sens propre. Le silence radio du vol Rio-Paris a tout de suite été considéré comme inquiétant. A juste titre.
En revanche, en langue populaire, le silence radio est un silence généralement volontaire et assumé, chargé de sens. Le silence radio des gouvernements empêtrés dans leurs impossibilités de prendre position, rapidement, sur la manière dont sont bafoués les droits de l'homme dans la crise iranienne.
Moi, en ce moment, par exemple, devant certaines injonctions, devant les inepties et les mauvaises fois, j'ai très souvent envie de faire silence radio.
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 20:31
Merci Benn pour cette intéressante expression, frais (1) émoulue de la petite chaîne qui monte (M6) et non pas de la grande chaîne qui descend (TF1) (le Canard Enchaîné dixit). Ca sent sa création inopinée (mais contente quand même !) et cet état de langue nous intéresse évidemment.
Elle (la meuf du titre) est donc sociable, avenante, prête à parler à n'importe qui, un peu comme si elle ne voyait rien de rebutant chez qui que ce soit. C'est la définition même de la générosité, à ceci près que celle dont on parle se fait plaisir en parlant. Son besoin d'aller vers l'autre est limite pathos. J'exagère.
En tout cas, moi, je fuis le truc. On va encore dire que je suis au bord de la misanthropie. OK, si vous voulez.
Ceci dit, je vais vous avouer un truc, quand je suis en société et que je ne sais trop quoi dire, je repère les bavards aux chiens jaunes, je les branche, je les écoute en picolant.
Chacun sa merde !

(1) Pour les empêchés de l'orthographe qui seraient trop contents de croire que j'ai fait une faute : frais ne peut être qu'un adverbe (par conséquent invariable). Essscusez, je peux pas m'en empêcher !
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 21:52

Merci à Djipi pour cette expression un peu retorse puisqu'elle ne se comprend ou ne se devine que par son contexte d'utilisation. C'est donc un exemple très instructif de la manière dont se fait la plupart du temps l'apprentissage de la langue : par le contexte et sans dictionnaire, mais avec toutefois les risques de non-sens qui peuvent en découler. Djipi avait même visé juste, en attribuant à de Gaulle l'origine de cette expression. Voici ce qu'en dit d'ailleurs Wikipedia.

"L'expression comité Théodule est une authentique création gaullienne : « L'essentiel pour moi, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c'est ce que veut le pays. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer de le faire. » (
Charles de Gaulle, lors d'un voyage à Orange, 25 septembre 1963[2])

Depuis l'expression a fait florès, et on appelle comité Théodule un comité, ou une commission qui n'a d'autre utilité que d'enterrer tranquillement une affaire."


De fait l'équivalent de cette expression serait : le comité machin chose. De Gaulle n'avait-il pas justement qualifié l'ONU de "machin" ?
Mais pourquoi ne parle-t-on pas de comité Gustave ou de comité Hippolyte ? Choix prosodique ?
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Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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