métaphore

Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 23:31
Récemment, lors d'un séminaire professionnel, j'ai pu entendre de la bouche d'un courbé* déjà oublié cette expression qui signifie : enfoncer des portes ouvertes (c'est bien d'expliquer une métaphore par une autre métaphore, ça ressemble à un jeu de piste). Mon expérience m'a montré que les séminaristes, je veux dire les conférenciers pour séminaristes, s'expriment assez fréquemment de manière métaphorique. Deux explications : soit ils veulent se faire bien voir et donc humoriser* pour s'attirer les bonnes grâces des auditeurs (ce qui dans le cas vécu n'était pas gagné, quelle bande de nazes ! comme dirait une copine nasillante), soit... j'ai oublié le deuxièmement !
Et en l'occurrence ça n'a aucune importance.
Bref, arroser où c'est mouillé c'est faire un truisme (mot pas cochon du tout).
*courbé : Dictionnaire Petit michaud, édition 2012 - néologisme qui désigne quelqu'un de bien intégré au système, qui croit à ce qu'il dit, qui croit à ce qu'il fait parce que c'est bon pour la société dans laquelle on vit, lui et nous et moi. Que la société, lui, le courbé, il la connaît !
*humoriser : Dictionnaire Petit michaud, édition 2012 - néologisme. Dire des choses qu'on a l'air de pas y toucher mais que c'est drôle.
L'autre jour, à propos de dictionnaire Petit michaud, Zulunation m'a taclé car je croyais avoir inventé un mot, enfin, dans son sens transitif, que lui le zélé zoulou il a pas laissé passer parce que le verbe transitif existe et Zulunation m'a rappelé que c'est pas la peinde de faire le kéké que lui il fait gaffe à toutes les conneries que je dis. Merci Zoulou. Tu es mon ami !

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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 11:23
Merci à Ben qui m'a signalé cette expression de bizarre formulation. Le Dictionnaire de la Zone (que je vous recommande) la commente commente ainsi :

"en chien
expression. Abandonné, laissé pour compte : « Un nouveau son qu'Abdoulaï passe en exclu, c'est pour les mecs en chien les exclus » Doc Gynéco / Oyé sapapaya (Le calibre qu'il te faut - 1996) Extrait audio. Syn. en rade. "

http://www.dictionnairedelazone.fr/index.php?index=expression&let=c&page=definition&terme=en_chien
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 20:34
Il est des expressions comme celle-ci qui n'ont même pas besoin d'être expliquées tant le sens en est évident. S'en soucier, ou s'en moquer comme de Colin-Tampon est donc équivalent à s'en soucier comme d'une guigne ou s'en soucier comme de l'an 40. En revanche, et une fois n'est pas coutume, je vais jouer les magistères et vous livrer l'explication de ce fameux Colin-Tampon. Vous imaginez bien que je me suis tartiné quelques pages web qui, miracle, ont à peu près les mêmes options : sur le net, on se copie tous plus ou moins (mais moi je cite mes sources quand j'en ai...). Colin est donc un diminutif de Nicolas. Autrefois, on y associait une notion de nigauderie, paraît-il...Le tampon quant à lui désignait paraît-il un tambour (celui de la garde Suisse). Comme ce tambour servait parfois de "sonnerie" pour avertir de quelque chose, il arrivait qu'on n'y prêtat pas attention, tout comme quand on vous appelle à table et que vous avez mieux à faire : vous n'en avez cure. Vous vous en souciez donc comme de Colin-Tampon

Citons quelques commentaires à propos de cette expression qui figurent sur le site :

http://jclat.typepad.com/think/2005/02/colintampon.html


"Colin-Tampon désigne l'ancienne batterie de tambour des Suisses au service de la France, qui s'illustra pendant la bataille de Marignan (1515). Colin diminutif de Nicolas, signifie en langage paysan le nigaud et tampon représente le tambour."

"Colin-tampon remonte à l'époque où l'on transmettait les ordres (rassemblement ! A la soupe ! extinction des feux !) dans les casernements, avec des batteries de tambour bien codifiées. "Colin tampon" est l'onomatopée censée reproduire le bruit du tambour des mercenaires suisses au service de la France, plus gros que celui des troupes régulières. De ce fait, il rendait un son plus sourd et moins "sec" que le "rantanplan !" des gardes françaises, qui le laissaient donc retentir et donner ses ordres dans la plus parfaite indifférence.

A consulter éventuellement
http://www.expressio.fr/expressions/s-en-moquer-comme-de-colin-tampon.php
http://www.metronimo.com/fr/argot-musical/207.htm

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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 20:42
Merci Djipi pour cette contribution. La forme est ambiguë et il est bien nécessaire de l'expliquer. Il s'agit en l'occurrence de considérer ces gros richards, ceux "qui s'engraissent avec la sueur de notre front" (Ionesco/Macbett), ceux qui vous font acheter des assurances-vie à la con dont le capital s'amenuise comme peau de chagrin (évidemment votre capital va in the pocket de moins cons que vous (mais c'est facile, attention, mon vous est un jeu)). Ah, ces enculés de banquiers, je les hais ! Ils nous sucent (ben oui, j'ai mis en gras pasque c'est une métaphore!) sans nous procurer le moindre plaisir...Donc il y en a qui n'ont pas fait leur fortune avec l'air du temps. Sans doute y a-t-il des relents populistes dans l'expression, mais j'en ai marre d'être clean, j'en ai marre d'être anti-poujadiste. J'en ai marre de me faire entuber...
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 13:33

La mode des coiffures hirsutes plus ou moins agglomérées par des gels "coiffants" ou "structurants" donne un relief particulier à cette expression rigolote. Etre coiffé comme un dessous de bras, c'est avoir un chef qui ne ressemble à rien, une espèce de touffe informe, comme le tas de poils qu'on a sous les bras quand on ne l'épile pas...

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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 18:43


C'est l'alliance de la carpe et du lapin, dit-on quand on constate une alliance surprenante, une espèce de ménage choquant entre deux personnes qui n'ont rien pour aller ensemble. Ca veut bien dire qu'on a toujours des idées préconçues, voire des idées reçues sur ce qui peut constituer un assemblage idéal. Les extrêmes s'attirent, dit-on, mais peut-être plus simplement les solitudes s'attirent-elles à tire d'aile..
En tout cas, et sans barguigner plus dans ces sphères inintéressantes, je proposerai à la sagacité de nos zélés zoulous une question qui m'intrigue. Je trouve des allusions réitérées et récurrentes référant l'expression à une fable qui, de toute évidence, n'est pas de La Fontaine. Je trouve communément la fable ci-dessous que bien des internautes reproduisent sans allusion à l'auteur. Car l'auteur doit bien exister, merdre ! Même si la facture peut paraître un peu commune, en tout cas cela se laisse lire. J'ai ma foi (en fait je ne crois en rien, même pas en moi), j'ai ma foi, disais-je donc avant que vous ne m'interrompissiez (sur les plates-bandes ( S à l'adjectif, S au nom et double parenthèse, (ça y est ça me reprend, donc triple parenthèse))) ; en fait je me suis moi-même interrompu en me prenant pour quelqu'un d'autre, ce qui ne laisse pas de m'interroger sur ma santé mentale, dont je vois céans et to-day qu'elle défaille. Alors de qui donc est ladite fable (un petit poil de cul grivoise) ?

Je ne cite pas les sites...il suffit de goggler "carpe et lapin" . Mais si un zélé zoulou pouvait me dire ce que vient foutre ici le dentiste, je lui en serais moult reconnaissant et doncques le citerais.


Un beau matin
Jeannot Lapin
Lissait sa pelisse,
Se mirant et s’admirant,
Tel Narcisse,
Dans l’eau flatteuse d’un étang.

Dans le reflet du miroir,
Dame Carpe allait nageant
En agitant ses nageoires
Nonchalamment.

Cupidon passait céans
Ayant fort mauvaise mine.
Poussé par une humeur chagrine,
(Une vilaine rage de dents!)
Il voulut que sa flèche aille
Transpercer à la fois le coeur
De la dame aux mille écailles
Et de notre mignon rongeur.

Aussitôt à la folie ils s’aiment
Et veulent devenir amants
Réalisant dans l’instant même
Qu’ils ont chacun leur élément.

C’est bien connu le lapereau
A peur de l’eau!
Pourtant, tout de courage,
Il plonge et nage,
Pour honorer l’oblongue élue.
Las! Ses efforts sont superflus,
Et sans avoir pu consommer,
Le poids de sa pelisse
A tôt fait de l’entraîner
Dans les Abysses.

Dame Carpe, qui ne prononce
Jamais un mot de trop,
En silence le remonte
Sur le rivage, où Jeannot
Boit sa honte mais ne renonce:
Il faudra bien qu’il la monte!

C’est bien aussi dans les idées
De notre carpinidée
Qui sur la berge d’un bond se hisse;
Notre lapin veut faire l’amant
Mais sur le bleu ses assauts glissent
Infiniment;
Bientôt notre pauvre poissonne
Vient à manquer d’eau. Elle suffoque,
L’heure de la retraite sonne;
Foin d’amours loufoques!
D’un coup de rein elle rejoint
Son univers aquatique,
Laissant sur le bord son lapin
Avec sa trique!

Voici pourquoi fut aussi triste
Le mariage de la carpe et du lapin
Tout cela à cause d’un galopin
Qui avait peur du dentiste.

La rubrique du Zoulou (1)
Zulunation, notre zélé zoulou, nous livre un complément comme toujours très documenté :

"... une question à laquelle je n'ai aucune réponse ! sur le domaine je sais seulement cela :
dans son ouvrage de 1880 "Esquisses Morales", L. De Ronchaud nous dit que "cette fable [date de 1854 et] a pour auteur Marie de Flavigny (Contesse d'Argoult) mais seulement pour le fond. Pour la forme, elle est d'un ami qui l'a recueillie un soir de sa bouche et l'a mise en vers".
Mais, à lire le texte, la forme du fameux poëme qu'il rapporte est bien différente de celle ici racontée ! et il se termine par : / Homme, cette histoire est la nôtre : / A chaque être son élément ! / A chaque âme son aliment ! / Ce qui fait vivre l'un fait souvent mourir l'autre. /
c'est donc toujours aussi mystérieux en ce qui regarde le dentiste ...!"

(1) Un lecteur au pseudo de Zulunation (que j'aime allitérer en "zélé zoulou" (2)) nous apporte périodiquement, parfois à la demande, et de façon désintéressée, des renseignements précieux, des compléments, des pistes pour ces chroniques. Il m'arrive même de le solliciter tant il est pertinent et réactif. Ah si tous les lecteurs étaient comme lui, ce blog serait d'une autre richesse ! Hein ? Bande de feignasses ! Ca vous crèverait de m'écrire un peu ?
(2) Allitérer : verbe inexistant sans doute mais qui dit bien ce qu'il veur dire : "faire une allitération"
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 19:50

Il y a les pisse-froid (ah, les joies du pluriel des mots composés) et les pisse-vinaigre (allez, on peut aussi écrire des pisse-vinaigres). On peut donner à ces deux expressions un sens similaire : elles désignent des personnes sans humour, au caractère revêche. Il semble qu'on puisse dire également des pisse-glaçons (aïe, pisser des glaçons, ça fait frémir mais ça doit être moins douloureux (surtout pour un chaud lapin) que de pisser des lames de rasoir, métaphore désignant les douleurs affectant ceux qui ont attrapé une chtouille, une blennoragie qu'on appelle aussi chaude-pisse. Il paraît que de Gaulle avait traité un directeur de quotidien de "pisse-vinaigre prétentieux, maniaque de la chicane" et un autre aussi de "reptile"...
Si quelqu'un de mal élevé (et j'en connais) me dit avec un air courroucé "je te pisse au cul" ou " je te pisse à la raie", j'aurai plus tendance à les traiter de pisse-vinaigre (dénotant une acidité) que de pisse-froid (dénotant plus de passivité).
Cela me rappelle et à d'autres aussi sans doute le Roman de Renart ou Renart n'hésitait pas à compisser, voire à conchier tout un chacun. Et ça s'étudiait en 6è !

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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 18:54
Expression un peu étrange en raison du contexte que crée le mot "seringue" avec ses immédiates connotations de "hôpital" d'un côté ou de "toxicomanie" de l'autre. En réalité, le sens de la métaphore découle du procédé ou processus mécanique qui précède l'injection. Mettre dans la seringue, c'est préparer une action qui peut être réalisée à tout moment. Je l'ai récemment entendue proférée par Alain Juppé mais ne suis malheureusement pas capable de re-préciser comment il l'a employée. En tout cas, elle accompagnait cette interview où il a dit que "ce Pape commence à devenir un problème". Euphémisme mais dans la bouche de cet homme politique l'expression prend un relief particulier. Il pourrait bien finir par se rendre sympathique !
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C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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