Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /Juin /2007 20:18
Avoir deux mains gauches

Cette métaphore qui signifie "être très très maladroit" rappelle combien le fait d'être gaucher mettait (met encore ?) en position "sociale" difficile. Le gaucher, c'était bien sûr le "maladroit" (mal à droit). En latin, puis vieux français, l'origine senestre (gauche) opposée à dextre (droit) a constitué l'adjectif sinistre dont le sens est clair. Etre gaucher, autrefois, c'était bien être gauche pour les tenants de l'ordre qui voulaient qu'on écrivît à droite. Eh oui, messieurs dames, les tenants de l'ordre pensaient qu'un droitier était dans la bonne attitude alors qu'un gaucher devait être corrigé. Et l'ordre sévissait et paraissait normal aux panurgistes à qui il suffit qu'on leur affirme quelque chose pour qu'ils le croient. C'est ainsi qu'on fit des générations de gauchers contrariés. Ou de gauchers autorisés qui, obligés toutefois d'écrire à la plume, se sont forgés un geste de main tordue pour éviter d'étaler l'encre violette au fur et à mesure qu'ils écrivaient. Mon propre fils aîné a ce geste très reconnaissable. Certains gauchers autorisés ont une manière d'écrire proprement stupéfiante : la ligne s'écrit normalement alors que l'entièreté de leur main se trouve au-dessus de la ligne qui s'écrit. Merci à tous ces prof d'avant 68 qui usaient d'une maladive coercition pour imposer leur propre point de vue  à des enfants. Eh, oui, je suis un produit de 68. Je n'aime pas la coercition maladive, ni pour moi, ni pour les autres. Je n'aime pas les interdits bien que j'aime les contraintes et les trouve porteuses de créativité. 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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