Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /Déc /2007 09:24
Travailler pour le roi de Prusse

Quand on travaille dur mais que ce travail bénéficie intégralement à quelqu'un d'autre et qu'on n'en retire rien soi-même, alors comme on dit "on travaille pour la peau" mais on disait : on travaille pour le roi de Prusse. De fait, si l'expression, par son contexte historique a vieilli, l'idée est de plus en plus d'actualité, les rois du CAC40 et du Dow Jones remplaçant Frédéric. 
Les explications plus ou moins historiques ne manquent pas et il est frappant de constater qu'elles ne sont pas toutes concordantes. En voici une relevée dans  :
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=17481018

 "Au terme de la guerre de Succession d'Autriche (1741-1748), l'opinion française est très remontée contre son gouvernement. Elle lui reproche de n'avoir pas su exploiter les succès de ses armées.
A Aix-la-Chapelle, lors des négociations de paix, le comte de Saint-Séverin, qui représente la cour de Versailles, n'exige rien pour la France. «Sa Majesté très-chrétienne a le souci de faire la paix non en marchand mais en roi», annonce-t-il aux plénipotentiaires ébahis.
Le roi de Prusse Frédéric II, alliée de circonstance de la France, apparaît comme le seul gagnant de la guerre. Aussi le traité d'Aix-la-Chapelle qui y met fin est-il à l'origine de plusieurs expressions populaires : «bête comme la paix», «travailler pour le roi de Prusse».
Le 18 octobre 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de Succession d'Autriche."

Mais il en est d'autres : 
www.biblioconcept.com/locutions_proverbiales/travailler_pour_le_roi_de_prusse.htm
Les premiers rois de Prusse n'étaient pas généreux. Le grand Frédéric ne payait à ses soldats leur solde que 30 jours par mois, bénéficiant ainsi de l'argent que représentait la paye du dernier jour, dans les sept mois de l'année qui ont 31 jours. Il rétribuait chichement les ouvriers français qu'il employait. On gagnait donc peu à travailler pour le roi de Prusse. Il est vraisemblable que cette expression familière a été introduite dans la langue par des gens du peuple, plutôt que par Voltaire à qui certains l'attribuent."
L. MARTEL (Petit recueil des proverbes français. Paris, Librairie Garnier Frères, 1883, p. 83)

Et une autre encore issue de :

http://www.notteghem.fr/rozan/p78.php

On a dit que le mot était de Voltaire. Rien ne nous autorise à l'affirmer, mais la supposition est vraisemblable. Il n'est pas impossible, en effet, qu'après sa grande brouille avec Frédéric, Voltaire ait eu la pensée d'exprimer qu'il avait perdu et son temps et sa peine en travaillant pour le roi de Prusse. On sait que dans son dépit contre celui qui avait été « Son patron, son disciple et son persécuteur, »

Voltaire n'a pas toujours ménagé les gros mots. Quoi qu'il en soit, l'allusion a fait fortune, elle est devenue proverbe, et pour qu'elle se soit ainsi répandue dans le peuple et installée dans la langue, il faut qu'elle ait eu d'autres causes que les rancunes de Voltaire. — Frédéric II aimait beaucoup la France ; il a souvent occupé des ouvriers français ; il les a payés, nous n'en doutons pas , mais il est à peu près certain qu'il ne les a pas payés royalement. Noblesse oblige envers tout le monde quand on est roi, et surtout envers les petits. Le peuple français le sait à merveille : pour lui, un roi économe, c'est un homme avare. — Travailler donc pour un roi qui paye comme un bourgeois, c'est travailler pour un bourgeois qui ne paye pas, en un mot c'est travailler pour le roi de Prusse

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Et encore http://www.expressio.fr/expressions/travailler-pour-le-roi-de-prusse.php
L'explication serait liée au fait que les soldes payées aux mercenaires du royaume de Prusse au début du XVIIIe siècle étaient dérisoires.

Une autre dit que l'expression viendrait d'une chanson de 1757 qui se moquait de la défaite du Prince de Soubise à Rossbach et contenant la phrase : "il a travaillé pour le roi... de Prusse".

La troisième suppose qu'elle viendrait du roi Frédéric Guillaume 1er (père de Frederic II, vainqueur de Rossbach) qui était d'une cruauté et d'une avarice sans limites et qui ne devait donc pas ou très peu payer les gens qui travaillaient pour lui.

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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