Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /Fév /2008 12:15
Bling-bling

Il est rare de rencontrer une expression métaphorique de ce type. Certains d'ailleurs le disputeront pour savoir s'il s'agit bien d'une métaphore. Les pauvres oies blanches ! Petits cons (mais oui, petit con est bien une métaphore désignant une sorte de petit trou phallophage. Mais où la métaphore va-t-elle se nicher ?). Nous démonterons par avance toute réfutation et tout juste admettrons-nous la courtoise objection.
Cette expression vient d'apparaître dans les médias. Je l'ai lue dans au moins trois articles différents de l'antépénultième Nouvel Obs, c'est vous dire si c'est branché ! Bien sûr l'illustre Illustrateur du luxe genre clinquant limite mauvais goût n'est autre que Sarkozo avec ses parangons exhibés de la brillance de prix : les Ray-Ban et la Rolex. Je ne rangerai pas Carla dans cette attribution de mauvais goût tant je la trouve jolie et apparemment intelligente. Bien sûr bling-bling évoque par onomatopée le bruit de cliquetis que font les bijoux de grosse facture (aux sens propre et figuré). La rivière de diamants à chier de la Baronne qui donne à bouffer aux autruches dans des émissions agrestes de T'es fin ! est du pur bling-bling.
Dans le fond, c'est à la réflexion, ma première rencontre conscientisée avec une métaphore sonore. Peut-être y en a-t-il d'autre.

J'insiste bien pour dire qu'il s'agit d'une métaphore parce que ce mot (appelons-le ainsi par commodité) peut remplacer un autre syntagme (ah, la classe, putain !) dans l'axe paradigmatique (Oh, oh ! ...j'ai joui !). Ce Sarkozo quand même, vous ne le trouvez pas un peu "bing-bling" ? (=complètement phagocyté par ses goûts de chiottes sauf en matière de carlage).

A noter que le bling-bling taille des croupières sévères à la précédente et ci-devant old fashioned expression : "bobo" (pour Bourgeois Bohème). Qui n'est ni une métaphore, ni une onomatopée, ni un acronyme mais bien un diminutif construit en forme de mot-valise! Nouvelle érection !

   Ce commentaire de XII qui, pour signifier son retour (come back, en french) nous gratifie d'un dessin tout exprès fait pour us.

"A la base, le bling-bling, avant de fort bien qualifier notre mal-aimé président, vient des rappeurs américains à la snoop doggy dog, fans de voitures sportives, de pépées aux gros seins, et surtout de gros bijoux en or qui font bling bling quand ils marchent... C'est marrant de voir comme cette expression est devenue à la mode ces derniers temps pour certains, alors qu' elle l'est depuis très longtemps pour d'autres, les jeunes amateurs de culture hip hop notamment. Sans vouloir faire de jeunisme (mais un poil quand même), les minots, qui ont souvent des retard sur le 'bon français' sont souvent des précurseurs en matière de langue". (XII)"
.
J'ajouterai à destination de XII que cette expression qui fait florès en ce moment est l'objet d'une polémique triangulaire entre Le Point, Le Canard Enchaîné et Marianne qui se disputent la première occurence de ce mot. Si ça se trouve, Douze, tu es meilleur journaliste que tous ces poléniqueurs...

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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