Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 19:40
Une gauche Excalibur

Cette métaphore politico-kamelootienne figurait dans un des derniers nouvelobs que j'ai lus. J'en lis quatre ou cinq par an, ça va, ça peut me suffire pour rester en phase avec sa couleur (du Nouvel Obs).  Un Laurent Picard y écrivait dans le Courrier des lecteurs : "j'ai envie de déclarer ma soif d'une nouvelle gauche, ancrée dans un clivage net, acéré, affûté, pourfendeuse d'inégalité, une gauche Excalibur". La métaphore est filée (acéré, affûté, pourfendeuse, Excalibur), ce qui dénote une certaine volonté "littéraire"..."Ancrée" réfère peut-être à cette inclusion d'Excalibur dans un rocher ? Tout juste me gobergerai-je sur l'inutile métaphore clicheteuse  "déclarer sa soif" dont la faiblesse est à mettre au compte d'un art épistolaire qui n'atteint que rarement (mais ça arrive) des acmés (j'allais connement dire des "sommets").

Moizaussi, comme Laurent Picard, j'ai soif d'une telle gauche. D'ailleurs, elle existe mais nous n'en voulons pas forcément parce qu'elle est associée, pour toujours je pense, à la pire injure qui se puisse faire à l'homme : la négation de sa liberté. Je sais on me rétorquera : où est la liberté de l'homme ou de la femme ou de l'enfant qui a faim ? la liberté de l'homme ou de la femme ou de l'enfant qui doit mendier sa pitance ? la liberté de l'homme ou de la femme asservis à une parcelle de processus pendant trente cinq ans, quarante ans, quand ils ne sont pas jetés à la poubelle sociale. Ben oui, mais quand même. Y en a qui ont préféré crever que vivre sous le joug. Je vois bien qu'en disant tout cela, Laurent Picard voudrait bien que cette gauche soit le parti socialiste qui n'est plus tout-à-fait à gauche, qui n'est pas tout-à-fait la gauche mais qui est bien gauche pour lutter contre la droite. Franchement, on le sait maintenant, ce qu'attend Laurent Picard n'arrivera jamais. Sauf si....
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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