Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 18:54
Toucher du bois

Daniel G. m'a rappelé dernièrement l'origine supposée de cette expression très connue. 
Autrefois, dans des temps que nous dirons médiévaux, ou quelque part par là pour faire simple, la bondieuserie faisait florès. A cette époque, c'était plutôt la bondieuserie chétienne, en l'occurrence. Aujourdhui d'autres obscurantismes nous assaillent. Putain, on en finira jamais...
Mais revenons à nos moutons (de Panurge).
Or, donc, autrefois, il était semble-t-il courant qu'on porte (portât) autour du cou un petit sacoton de tissu plein d'éclisses de bois. Ces petits bouts de bois enfermés dans leur sac étaient censés (pas sensés en tout cas) représenter des bouts de la croix du Jésus de Nazareth, lequel s'était fait gauler au Mont des Oliviers parce qu'un certain Judas l'avait baisé. Et puis il s'était fait crucifier et des Paul-Loup Sulitzer de l'époque, pas cons, avaient débité la croix en morceaux pour les ventes à la sauvette, persuadés que ça allait marcher. Mais vous connaissez l'histoire....
Comme la religion, ça aide; dès que vous avez un problème, toc, vous touchez un bout de la croix et le jésus il vous arrange le pb en trois, voire deux coups de cuiller à pot. Bon, si c'est pas de la vraie croix, c'est moins bon question efficacité, mais statistiquement, ça marche ! (je connais pas le ratio).

Aujourd'hui, quand les gens disent "je touche du bois", soit ils touchent une table ou une chaise de bois, soit ils se touchent la tête, ce qui signifie que ces personnes ont beaucoup d'humour et d'auto-dérision. Tête de bois !
Parfois 2d, on dit "toucher une peau de singe" (au lieu de "toucher du bois"), ce qui auto-dérisionne encore plus.

Il y en a d'autres qui se touchent ailleurs, mais en général, c'est pour un autre motif.
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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