Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 22:05
Ne pas avoir un pet' de jeu

Merci à Jul et l'Auvergne qui nous ont communiqué cette expression
Comme moi vous pensez peut-être que cette expression signifie qu'on n'a pas la moule aux cartes, pas de cul et surtout pas le cul bordé de nouilles. Mais dans ce cas il n'y pas d'usage métaphorique à proprement parler et cette expression serait à laisser dans son premier degré si elle ne nous procurait pas justement le plaisir de ce premier degré s'opposant à la magnifique invention du sens qui nous est proposé.
Ne pas avoir un pet' de jeu, c'est ne pas sembler affecté par une prise d'alcool même excessive. En fait, vous êtes bourré mais ça ne se voit pas. Vous pouvez même vous mettre sur un pied,  poser le coude sur le genou relevé et faire un pied de nez à votre copain ou aux flics quand ils ont le sens de l'humour.
Bien sûr la métaphore réside dans le jeu/absence de jeu. Quand il y a du jeu, au sens mécanique du terme, c'est que ça tourne carré, que ça branle dans le manche et que ça va pas tarder à vous chier du poivre. En ayant bu, on est censé avoir un peu de jeu, c'est-à-dire tanguer, marcher en zig-zag, etc. Quand on n'a pas de jeu, c'est qu'on peut rester droit dans ses bottes.
Les métaphores liées à la prise d'alcool connaissent un franc succès sur ce blog. C'est vrai que les interdits stimulent le jeu, les moqueries, quand ce n'est pas la subversion...hum !
Ce qui m'interroge comme dirait peut-être un frère Bogdanov juste avant de nous donner la réponse définitive, et indubitable, c'est ce pet' (prononcer comme l'abréviation de "pétard" - le tarpé). Il ne s'agit pas du pet (comme dans ne pas valoir un pet de lapin ou encore comme un pet sur une toile cirée). On entend ce pet' dans "j'ai acheté une voiture d'occase, nickel-chrome, elle a pas un pet'" ou encore "cette histoire, ça ne vaut pas un pet'. Traduisons donc un pet' par "un petit truc", "une pointe de". Ca vous va ?
Porter le pet, c'est mettre en garde, mais là, on prononce "pé".
En consultant le Petit Bob, j'ai redécouvert Pet ! interjection que j'utilisais dans ma jeunesse pour signaler l'arrivée intempestive des parents, des profs ou des forces de l'ordre quand dans une bande nous faisions des conneries. Je n'avais jamais imaginé que cela s'écrivît de cette façon-là.
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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