Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 19:31
On dirait qu'il avale des noix

La stature du père est souvent disproportionnée pour l'oeil qui le regarde. Quand on est petit, on le voit comme un géant, bon ou mauvais génie selon qu'il vous flatte ou vous colle une torgnole au coin de la gueule (je vois François Morel et Yolande et leurs borborygmes stérilisateurs tournés vers l'enfant qu'ils écrasent de leur affectueuse connerie , dans les Deschiens...Je m'y vois comme beaucoup d'autres). Quand on est plus grand on veut s'en débarrasser, de ce père encombrant. On le conchie, on le délaisse, on l'oublie ou on l'arrose de temps en temps, comme une plante qu'on maintient en vie. Mon père, à moi, passait pour un tyran (ce qu'il était). Mon père à moi passait pour un joli coeur (ce qu'il était). Mon père à moi était malheureux. C'est pour ça qu'il faisait chier tout le monde, moi y compris. C'est pour ça qu'il s'enivrait d'autres odeurs. Quand on n'est pas heureux, on fait chier tout le monde, on se fait chier soi-même. Et on s'enivre. Quelles que soient les odeurs.
Mon père, donc. Disait. On dirait qu'il avale des noix. Cela désignait le bruit particulier que fait tout individu qui avale un corps étranger). Le passage dans la gorge. La résonnance de la glotte. Le bruit de la soupe qu'on avale n'est pas que dans les claquements, les clapements de la langue car ce ne sont bruits qu'avant le pharynx et le larynx qui, en opposant une résistance conséquente à l'aliment, même liquide, obligent à la contraction. Vous l'entendez ce bruit ? On dirait que quelqu'un avale des noix. Allez savoir pourquoi, mon père - qui n'était pas un héros - a inventé cette métaphore. Allez savoir pourquoi. J'en parle encore.
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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