Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /Oct /2008 11:50
Vers une croissance négative

Certes on n'est ici ni dans la poésie ni dans la métaphore mais je considère que cette notion de croissance négative tient pour une grande part de la figure de style, donc de la rhétorique, et intéresse Linguapop en tant que fait de langue.
Cette expression que j'ai relevée hier, était utilisée par Pierre Veil, journaliste que je respecte sans le vénérer (France Inter). Il me semble qu'une croissance négative peut se concevoir : ainsi je crois qu'en mathématiques dans lesquelles je ne suis qu'un piètre ignare, on peut organiser une croissance avec des nombres négatifs : -2;-5;-40; etc. Représentent-ils une série croissante ? Eh, oh ! y a quelqu'un ? Une matheuse parmi les pleutres  (je fais plus confiance aux femmes)?
Donc, utiliser le terme de croissance négative, c'est refuser d'utiliser le terme de décroissance qui représente, on le sait, une option politique ou sociétale un peu plus affirmée que la notion de développement soutenable que j'ai eu la chance de voir expliquée par Edgar Morin, un jour, à Poitiers. Je nageais dans l'intelligence de ce vieux monsieur, tel le rémora dans le sillage du requin.
Utiliser le terme de croissance négative, c'est laisser supposer qu'on reste dans la normalité d'un système capitalistique qui connaîtrait quelques avatars somme toute "normaux". Comme la mer flue, la mer reflue (poil au cul).
Alors, d'autres adeptes d'un langage codé destiné à soutenir les toujours mêmes valeurs utilisent le terme de récession. Mais ce terme (bien que clair) s'inscrit lui aussi dans une vision mécaniste de l'économie : si l'on considère qu'il y a développement, progrès numérique, il faut concevoir, voire admettre, qu'il puisse y avoir récession. Car toute vie est cyclique. Tout plus, porte son relatif moins en ligne de mire et en horizon obligatoire. Mais pas de problème les p'tit gars, ça va s'arranger !
Utiliser le terme de décroissance est impossible quand, comme dans une radio, on est là pour faire du consensus et ne pas faire peur ni choquer, car ce terme de décroissance porterait intimement lié à sa sonorité l'idée d'un cheminement vers un système économique qui accepte de ne plus être en croissance. Quoi ? le nouvel OMO ?
(Cri de cochon ! (Coluche) Didascalie.
Et si le temps était venu d'entrer dans une économie du développement durable. Et là, je pèse mes mots. Non pas une vision boy-scoutiste de l'éolienne, du panneau solaire, du gazogène à fumier de cochon, et du fromage de chèvre produit sur le Larzac par des lanceurs de pavés exilés (même si je les trouve rigolos mais pas très utiles; disons qu'ils sont passivement utiles et puis ils vivent pour eux, pas pour les autres ostrogoths) non une économie du développement où la valeur ne serait plus forcément cette monnaie de papier qui brûle comme de la paille à Wall Street, comme ces emprunts russes que j'ai trouvés dans mes héritages et qui, s'ils n'avaient été honorés au millième de leur valeur ne seraient que des décors verdâtres pour des lofts idiots. Et si la valeur ajoutée devenait le centime d'éducation apporté à cet enfant d'Afrique, ce décime de confiance apporté à un banlieusard à qui on va confier un vrai travail, cet euro d'électricité qui ne sera pas puisé dans la Terre planète mais donné par la terre nourricière, cette fierté de ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes tous. Durable : pour que notre Terre, putain de bordel, ne s'appauvrisse pas de manière dangereuse pour les générations futures.
En disant ça, je me prends pour un sale branque de beau parleur. Mais c'est moins mal que si c'était
pire.
Par Jacques Michaud - Publié dans : Taillage de bavette - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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