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La métaphore populaire est parfois approximative : entendue... bien ou mal comprendue, digérée, mal ou bien, car avalée avec les
noyaux, elle est réinjectée dans le langage en subissant parfois quelques déformations de plus ou moins bon aloi. C'est ainsi que notre propre langue s'est formée à partir de déformations
populaires ou savantes ou pseudo-savantes et pourquoi pas pseudo-populaires du latin de cuisine.
J'ai récemment entendu, au cours d'un dîner qui n'était pas mondain, vous l'imaginez, l'expression "dur comme chicotin", sans doute issue du parler régional ligérien entre Beauce
et Sologne à mi-chemin de Blois et Orléans, encore qu'elle se fût quelque peu et momentanément exportée dans les Alpes enneigées, le temps d'un réveillon. Bref, le truc qu'on bouffait était
dur...dur semble-t-il, comme chicotin. Or comme je ne suis pas né de la dernière pluie, n'étant pas bien sûr un perdreau de l'année, je me fus
allant convoquer mon meilleur dictionnaire. Mon ami Bob m'alla disant que le chicotin existait et qu'il était un suc amer extrait de l'aloès. L'expression idoine eût dû s'appliquer non
dans un contexte de dureté mais dans celui de l'amertume : amer comme chicotin. Or, amer je le suis. J'ai récemment pu constater combien la nature humaine pour riche qu'elle soit
d'un côté est pauvre de l'autre.
En tout cas, miracle, j'ai compris que ce que je bouffais était dur, dur comme chicotin, ce qui veut dire, je le sais, particulièrement dur !
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élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.
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Gaston Couté, poète paysan et libertaire
allez donc lire un poème au hasard
Le pitch
C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.
Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?
Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.
En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour. Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.
Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.
C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.
Ach !
No problemo
Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".
Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !
J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....