Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 18:31
En trivial, c'est se retrouver comme un con. C'est échouer, finalement, après avoir essayé, par beaucoup de moyens (pas tous évidemment) de réussir. S'ajoute à la notion d'échec l'idée d'être le plus con de l'histoire ou du processus, d'être en somme le dindon de la farce, celui dont on pourra se moquer.
On peut d'ailleurs se retrouver le bec dans l'eau d'autant plus facilement qu'on est arrivé avec le bec enfariné, c'est-à-dire le nez au vent comme un jeune chien, croyant changer le monde avec ses petites mains.

Quelle est l'origine de cette expression ? Peut-être en avez-vous idée ?

La réponse de Zulunation
Notre zélé Zoulou, assidu lecteur, nous recommande de nous référer au Dictionnaire des Curieux (1880) qui à ce propos nous conte une fort belle histoire
Cf. Dicoperso http://www.dicoperso.com/term/adaeaea5acaba65e,,xhtml

"Tenir quelqu'un le bec dans l'eau, c'est le tenir en suspens, l'amuser par de belles espérances.

Cette locution remonte, sans aucun doute, au moyen âge, peut-être plus loin, et a dû son origine aux pratiques de l'hydromancie, ou divination par l'eau.

L'hydromancie est sœur de la pyromancie, de la géomancie, de l'aéromancie, etc. (divination par le feu, la terre, l'eau, etc.).

Varron rapporte que les Perses croyaient fermement aux prédictions tirées de l'inspection de l'eau, et que Pythagore partageait cette croyance. Numa Pompilius l'introduisit à Rome, où elle persista, pour se propager ensuite dans tout l'Occident. Elle n'a pas complètement disparu.

La chiromancie (divination par l'inspection des lignes de la main) a eu, de nos jours, un regain de popularité.

La principale pratique de l'hydromancie consistait à faire apparaître, écrits sur l'eau, des noms de personnes ou de lieux. Pour obtenir ce résultat réel, les divinateurs se servaient d'une machine, habilement construite, dont la description se trouve dans l'Encyclopédie de Diderot. D'autres fois, ils conduisaient au bord de la mer, d'une rivière ou d'une fontaine, celui qui leur demandait une consultation, et tiraient leurs pronostics de la couleur et du mouvement de l'eau. D'autres fois encore, ils se bornaient simplement à placer devant lui un vase plein d'eau, sur laquelle ils laissaient tomber une goutte d'huile, et l'invitaient à regarder dans cette eau comme dans un miroir : les images qu'il y voyait, ou croyait y voir, servaient de base à des pronostics favorables ou défavorables.

On conçoit que, dans ces diverses pratiques, le naïf solliciteur, avide de connaître l'avenir ou la révélation de secrets qui l'intéressaient, se tenait anxieusement penché sur l'eau, cherchant à saisir le sens mystérieux de sa couleur, de ses rides, de ses mouvements. Dans la dernière surtout, il devait arriver souvent que sa foi n'était pas assez robuste pour lui faire voir au fond de l'eau des images qui n'y étaient pas; alors le divinateur l'exhortait à regarder encore, à regarder plus attentivement, jusqu'au moment où la fatigue, la tension des organes, la surexcitation du cerveau lui donnaient des éblouissements et faisaient défiler devant ses yeux les visions incohérentes de l'hallucination.

C'est là ce que les maîtres des sciences occultes, dans leurs conversations intimes, appelaient tenir le client le bec dans l'eau.

Les hydromanciens n'existent plus qu'en très petit nombre, et ils se cachent. Mais ils ont fait une légion de petits qui ne se cachent pas, qui se font au contraire annoncer à son de trompe, et qui n'ont pas perdu la recette de leurs pères, loin de là. Demandez aux petits rentiers, aux actionnaires en général, ce que c'est que d'avoir le bec dans l'eau."

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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