Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 20:22
Michel T. qui alimente mon stock régulièrement et discrètement, si ce n'est secrètement depuis longtemps (merci à lui) nous suggère : "Remettre le couvert, à ne pas confondre avec des expressions proches telles que en rajouter une couche, enfoncer le clou, en un mot (sic) être lourdingue".
Oui, bien sûr Remettre le couvert, c'est recommencer quelque chose avec en filigrane cette idée sous-jacente qu'une première fois aurait pu suffire et que recommencer relève de l'ostentatoire.
Dans ma propre imagerie, cette expression désigne principalement le fait de faire l'amour une deuxième fois ou une fois de plus pour ceux qui sont plus performants.

La rubrique du Zoulou
Zulunation, notre zélé zoulou, nous livre un complément comme toujours très documenté :

Le mot "couvert" pour désigner le matériel de table est issu du Moyen-Age lorsque les mets, les boissons et les matériels dédiés à la table du Roi ou du Prince étaient, jusqu'au moment précis du repas, protégés par des linges pour éviter qu'on y verse du poison ou autre mauvaise substance (une pratique criminelle prisée de l'époque). Cette protection consistant donc à dresser la table "à couvert" se perdra peu à peu mais en restera l'expression "mettre le couvert" pour préparer la table et le substantif "couvert" comme terme générique aux ustensiles du repas.
Dans le Dictionnaire des Expressions et Locutions de Micheline Sommant on lit que "Remettre le couvert" signifie "faire l'amour une seconde fois - soit avec le même soit avec un(e) autre partenaire - ".
On peut penser que les caprices sexuels
des autocrates du Moyen Age ne tenant aucunement compte de la bienséance des horaires, il fût nécessaire parfois "RE-mettre le couvert" c'est-à-dire réinstaller les linges - alors que l'on venait tout juste de les retirer - pour protéger de nouveau la table des toxiques ou autres "venins de succession", afin de satisfaire aux ébats hors victuailles et soudains du potentat local ...
... nous aurions donc retrouvé là une trace pour notre expression du jour ....


Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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