Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 18:43


C'est l'alliance de la carpe et du lapin, dit-on quand on constate une alliance surprenante, une espèce de ménage choquant entre deux personnes qui n'ont rien pour aller ensemble. Ca veut bien dire qu'on a toujours des idées préconçues, voire des idées reçues sur ce qui peut constituer un assemblage idéal. Les extrêmes s'attirent, dit-on, mais peut-être plus simplement les solitudes s'attirent-elles à tire d'aile..
En tout cas, et sans barguigner plus dans ces sphères inintéressantes, je proposerai à la sagacité de nos zélés zoulous une question qui m'intrigue. Je trouve des allusions réitérées et récurrentes référant l'expression à une fable qui, de toute évidence, n'est pas de La Fontaine. Je trouve communément la fable ci-dessous que bien des internautes reproduisent sans allusion à l'auteur. Car l'auteur doit bien exister, merdre ! Même si la facture peut paraître un peu commune, en tout cas cela se laisse lire. J'ai ma foi (en fait je ne crois en rien, même pas en moi), j'ai ma foi, disais-je donc avant que vous ne m'interrompissiez (sur les plates-bandes ( S à l'adjectif, S au nom et double parenthèse, (ça y est ça me reprend, donc triple parenthèse))) ; en fait je me suis moi-même interrompu en me prenant pour quelqu'un d'autre, ce qui ne laisse pas de m'interroger sur ma santé mentale, dont je vois céans et to-day qu'elle défaille. Alors de qui donc est ladite fable (un petit poil de cul grivoise) ?

Je ne cite pas les sites...il suffit de goggler "carpe et lapin" . Mais si un zélé zoulou pouvait me dire ce que vient foutre ici le dentiste, je lui en serais moult reconnaissant et doncques le citerais.


Un beau matin
Jeannot Lapin
Lissait sa pelisse,
Se mirant et s’admirant,
Tel Narcisse,
Dans l’eau flatteuse d’un étang.

Dans le reflet du miroir,
Dame Carpe allait nageant
En agitant ses nageoires
Nonchalamment.

Cupidon passait céans
Ayant fort mauvaise mine.
Poussé par une humeur chagrine,
(Une vilaine rage de dents!)
Il voulut que sa flèche aille
Transpercer à la fois le coeur
De la dame aux mille écailles
Et de notre mignon rongeur.

Aussitôt à la folie ils s’aiment
Et veulent devenir amants
Réalisant dans l’instant même
Qu’ils ont chacun leur élément.

C’est bien connu le lapereau
A peur de l’eau!
Pourtant, tout de courage,
Il plonge et nage,
Pour honorer l’oblongue élue.
Las! Ses efforts sont superflus,
Et sans avoir pu consommer,
Le poids de sa pelisse
A tôt fait de l’entraîner
Dans les Abysses.

Dame Carpe, qui ne prononce
Jamais un mot de trop,
En silence le remonte
Sur le rivage, où Jeannot
Boit sa honte mais ne renonce:
Il faudra bien qu’il la monte!

C’est bien aussi dans les idées
De notre carpinidée
Qui sur la berge d’un bond se hisse;
Notre lapin veut faire l’amant
Mais sur le bleu ses assauts glissent
Infiniment;
Bientôt notre pauvre poissonne
Vient à manquer d’eau. Elle suffoque,
L’heure de la retraite sonne;
Foin d’amours loufoques!
D’un coup de rein elle rejoint
Son univers aquatique,
Laissant sur le bord son lapin
Avec sa trique!

Voici pourquoi fut aussi triste
Le mariage de la carpe et du lapin
Tout cela à cause d’un galopin
Qui avait peur du dentiste.

La rubrique du Zoulou (1)
Zulunation, notre zélé zoulou, nous livre un complément comme toujours très documenté :

"... une question à laquelle je n'ai aucune réponse ! sur le domaine je sais seulement cela :
dans son ouvrage de 1880 "Esquisses Morales", L. De Ronchaud nous dit que "cette fable [date de 1854 et] a pour auteur Marie de Flavigny (Contesse d'Argoult) mais seulement pour le fond. Pour la forme, elle est d'un ami qui l'a recueillie un soir de sa bouche et l'a mise en vers".
Mais, à lire le texte, la forme du fameux poëme qu'il rapporte est bien différente de celle ici racontée ! et il se termine par : / Homme, cette histoire est la nôtre : / A chaque être son élément ! / A chaque âme son aliment ! / Ce qui fait vivre l'un fait souvent mourir l'autre. /
c'est donc toujours aussi mystérieux en ce qui regarde le dentiste ...!"

(1) Un lecteur au pseudo de Zulunation (que j'aime allitérer en "zélé zoulou" (2)) nous apporte périodiquement, parfois à la demande, et de façon désintéressée, des renseignements précieux, des compléments, des pistes pour ces chroniques. Il m'arrive même de le solliciter tant il est pertinent et réactif. Ah si tous les lecteurs étaient comme lui, ce blog serait d'une autre richesse ! Hein ? Bande de feignasses ! Ca vous crèverait de m'écrire un peu ?
(2) Allitérer : verbe inexistant sans doute mais qui dit bien ce qu'il veur dire : "faire une allitération"
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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