Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 13:46
Dans cette histoire, finalement, c'est moi qui suis chocolat !
Etre chocolat, c'est être floué, devenir en quelque sorte le dindon de la farce...Se retrouver donc le con de l'histoire.
L'Express du 14 mai 09, nous livre l'origine de l'expression dans un article très documenté de Boris Thiolay :"(...) l'expression être chocolat est entrée dans le dictionnaire à la fin des années 1890. L'historien Gérard Noiriel; spécialiste de l'immigration et du racisme, a résolu cette énigme en remettant en lumière le destin incroyable mais oublié, du premier clown noir du cirque français. Chocolat, c'était lui. Un "nègre", disait-on alors. Cet auguste souffre-douleur formait avec le clown blanc Footit, un duo très populaire resté en haut de l'affiche pendant quinze ans. (...) Les aventures de Chocolat ont pour toile de fond les ambiguïtés de l'imaginaire national forgé par la IIIè république : droits de l'homme et égalité d'un côté; justification de la conquête coloniale, de l'autre. En cette fin de XIXè siècle, l'universalisme républicain coexiste avec un antisémitisme et une xénophobie exacerbés par l'affaire Dreyfus. C'est dans cette France-là que Chocolat va connaître la gloire..."
B. Thiolay indique que Chocolat est né à Cuba, fils d'esclave, en 1864. Après diverses vicissitudes, il rencontre un clown britannique, Tudor Hall, dit Footit. Leur duo se produit pour la première fois en 1886 et obtient un franc succès (c'est le cas de le dire)
"au Nouveau- Cirque, rue Saint-Honoré avec des ressorts comiques simplistes : Footit, le blanc autoritaire, passe son temps à corriger son bouc émissaire noir, stupide et ridicule. Dans leur plus célèbre numéro, le Chef de gare, l'ex-esclave se fait agonir d'injures - Avance, sale nègre !" et rouer de coups. (...) leur duo symbolisait les relations entre Blancs et Noirs à l'époque. C'était une représentation de la domination coloniale."
Après une belle période de popularité qui culmine en 1905 aux Folies-Bergères, les deux duettistes se séparent en 1910. Chocolat mourra alcoolique et indigent en 1917.

Source des images : L'Express

       

















En 1897, Toulouse-Lautrec le re présente en train de danser dans un bar


        



















Parler petit nègre

La réalité dépasse parfois la fiction et j'ai eu à connaître les désagréments que peuvent occasionner les différences de maîtrise des niveaux de langage alliées à des différences inter-culturelles.
Cette formatrice qui enseignait les gestes de la sécurité à un groupe de stagiaires en formation, buta un jour sur l'incapacité  de deux personnes (dont l'une était noire) à comprendre tel geste ou telle notion. S'interrogeant sur sa propre capacité à faire passer clairement un message, cette expression lui échappa : "je ne parle pourtant pas petit nègre !".
Le mal était fait, ce fâcheux lapsus - car tout montre que la sortie était involontaire- avait produit son effet dévastateur. J'ai pu expliquer à la personne concernée que, effectivement, il existait dans notre langage des expressions fâcheuses subsistant de temps anciens, et qui, il y a encore quelques décennies étaient employées par beaucoup de gens y compris les hussards noirs de la République et qui correspondaient à des legs de notre période colonialiste. Si aujourd'hui nous combattons bec et ongles la xénophobie, le racisme et l'anti-sémitisme, on ne peut oublier que naguère (et parfois encore aujourd'hui) on utilisait des expressions lapidaires pour mettre en évidence l'incompréhension de l'autre :
Je ne parle pourtant pas Chinois ! ou je ne parle pas l'hébreu !

Un symbole du colonialisme ? [modifier]

Le slogan historique de la marque était jusqu'en 1977 « Y'a bon Banania » prononcé par un tirailleur sénégalais. Selon la légende, ce slogan proviendrait d'un tirailleur sénégalais blessé au front et embauché dans l'usine de Courbevoie. Goutant le produit il aurait déclaré en moyadit, « Y'a bon »[9]. Depuis les années 1970, certaines critiques[Qui ?] considèrent ce slogan comme porteur des stéréotypes racistes qui ont nourri la caricature du Noir de l'époque (sourire niais, amis des enfants donc grand enfant et incapable de s'exprimer correctement dans une langue française qu'il se doit de manier) et symbole potentiel du colonialisme (tout comme sa mascotte « L'ami Y'a bon »). Nutrial a utilisé à nouveau ce slogan, ce qui lui a été reproché par des associations comme le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais. En 2006, un accord a été trouvé et le slogan à nouveau retiré des produits dérivés de la marque[10].

(source Wikipédia)
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

je trouve que 'être chocolat ', c'est s'être fait flouer mais gentiment. (******** mais avec douceur)... Etre marron par contre, c'est plus dur (********* mais avec l'aide de gravillons ou de sel)...
c'est une interpretation tout a fait subjective
Commentaire n°1 posté par benn le 01/09/2009 à 15h43
Merci pour ces nuances. Que remplacent donc ces étoiles ?
Réponse de Jacques Michaud le 01/09/2009 à 19h30

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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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