Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 20:17
C'est principalement quand on est un pilier de comptoir qu'on "attrape" un durillon de comptoir. Il faut les voir, Bébert ou bien Jojo, quand en fin de journée, harassés s'ils travaillent, désespérés s'ils sont chômistes, ils posent en se déhanchant leur coude sur le zinc, un pied sur la barre. Ils viennent de se constituer un observatoire, voire un oratoire d'où ils peuvent voir et interpeller tout ce qui bouge. Bébert aime bien sa place, il n'en change jamais. Parfois Bébert ne lève même pas son coude du comptoir quand un patron généreux lui verse un petit verre de blanc sans faux-col. Alors il approche amoureusement ses lèvres du breuvage, en tremblant un peu, et l'on entend alors ce grand sploush cher à Brel. Peut-être devrait-il se faire coudre des ronds de cuir aux coudes pour mieux se protéger. Au deux siècles derniers, on appelait "rond-de-cuir" l'employé de bureau tel qu'il a été fabuleusement décrit dans La Conjuration des imbéciles de J.-K Toole (1) ou Rhinocéros de Ionesco.
Une mode a même popularisé des vestes à ronds de cuir.
Jean-Marie Gourio a, lui, popularisé les brèves de comptoir, énoncées par tous les Jojo et Bébert de France.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A8ves_de_comptoir


(1)La Conjuration des imbéciles
(titre original : A Confederacy of Dunces) est un roman humoristique de John Kennedy Toole, non publié de son vivant. Le titre est une référence à une citation de Jonathan Swift, mise en exergue : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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