Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 20:25

Chiant comme la pluie

Souviens-toi, Barbara, il pleuvait sur Brest, ce jour-là...Comme la pluie ne peut pas être systématiquement associée à un poème de Prévert, il se trouve qu'elle modélise ce qu'il y a de chiant dans un sens doux, mais ennuyeux. 

STL à l'instar de Vincent nous livre quelques expressions qu'elle a relevées et justement, elle parle de la pluie.

1. moujiner (c'est un peu comme bruiner, c'est la petite pluie qui mouille... comme s'il y avait un brumisateur géant dans le ciel). On dit souvent par chez moi "y moujine" (chez STL, c'est l'Auvergne, NDA)

2. aller à la graille ou grailler (casser la croûte)qui donne : le graillou (la boufftance, la bouffe)"tiens ça sent le graillou".

3. être cagué par qq'un ou qq chose (être enquiquiné)"putain ça me cague"

4. aller au cul derrière la gare

5. avoir un oeil qui dit merde a l'autre

 

6. se geler les miches (c'est le cas actuellement)

7. un tire-jus (mouchoir)

 

8. à tire-larigot

Moujiner est très certainement un mot régional équivalent à un autre verbe régional de l'ouest crachiner (de crachin). Il ne s'agit pas d'une métaphore, mais d'un mot bien local qui dénote une certaine sorte de pluie. La graille, pour la pitance, n'est pas non plus une métaphore, mais un mot populaire. Le suffixe -ou de graillou donne à la graille un côté sympathique, comme canaillou pour canaille. A noter aussi que quand on dit, ça sent le graillon, on désigne le côté désagréable de l'odeur de graisse brûlée. Tous les autres termes ont à voir avec un sens métaphorique plus ou moins passé dans la langue.

Etre cagué, équivaut à "ça me fait chier" (je crois qu'en occitan chier, c'est cagar : tu me fas cagar). Ce qui est intéressant, c'est la construction grammaticale de type passif.

Aller au cul derrière la gare (ou l'église) n'a de métaphorique que le mot cul qui désigne le sexe en général (et parfois le cul, spécialement). Cette expression était utilisée partout et dans les années cinquante, c'était un summum de vulgarité.

Avoir un oeil qui dit merde à l'autre, c'est bien sûr loucher, être bigleux.

Les miches étant, à l'origine, des pains ronds, de bonne taille, elles ont fini par désigner les fesses : les miches sont un mot argotique d'une certaine élégance. A comparer à "se geler les fesses, se geler le cul, se geler les couilles".

Merci pour le tire-jus, mot savoureusement dégueulasse, que mes parents aussi utilisaient pour désigner le bon grand mouchoir à carreaux violet.

Enfin l'harigot étant autrefois une flûte (merci le Robert)et reste un jeu d'orgue. Je ne vois pas bien comment s'est construit le mot mais peut-être qu'il fallait souffler fort dans l'harigot. A tire-larigot, ça veut dire : beaucoup, à foison, autant qu'on en veut, sans restriction....

Faites comme Vince et STL, balancez ! Je pontifie un peu, mais de temps à autre ça me fait du bien. Si ça vous gave, vous laissez braire.

Par Jacques Michaud - Publié dans : Taillage de bavette - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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