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Etre chiffon, chiffon
Avec être loukoum, être un peu chamallow, se sentir pot-au-feu, ou se sentir cosy, on s'apercevait déjà que le langage métaphorique servait à décrire des humeurs (pouvant parfois être reliées à des caractères). Etre chiffon chiffon (que nous fournit Michelle dans ses commentaires) décrit avec beaucoup de nuances un état d'esprit évoqué par l'image du chiffon (pensons à : "être chiffonné" *) tout en laissant une part d'incertitude, et de vague, car, bien souvent, quand on est dans une humeur de type "chiffon, chiffon", on ne sait bien trop pourquoi, on est comme ça. Cette nuance est bien introduite - à mon sens- par le doublement du mot, doublement qui est largement utilisé dans d'autres expressions introduisant le vague : ça va couci couça (comme ci, comme ça), cahin caha, ou dans bon an mal an, etc.
être chiffonné : ne pas confondre avec son paronyme "être siphonné" qui, au passage, est une expression dont on ne regarde même plus le sens, tant la métaphore est passée dans le langage commun. Etre siphonné, c'est littéralement tout de même s'être fait totalement aspirer les contenus (et notamment ceux du cerveau en l'occurrence !)
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Le pitch
C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.
Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?
Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.
En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour. Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.
Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.
C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.
Ach !
No problemo
Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".
Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !
J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....