Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /Mars /2007 08:44

C'est pas Einstein

Partons de cette litote pour explorer la vastitude du champ sémantique de la bassesse du front (à tous les sens du terme si vous voyez ce que je veux dire...).  D'autres litotes : "il a pas inventé l'eau chaude, il a pas inventé la poudre, il a pas inventé le fil à couper le beurre","il a pas inventé la machine à vapeur",  "c'est pas un aigle". Des comparaisons animales : "bête comme une oie, bête comme un âne". Des formules ironiques "C'est un aigle !". De vraies métaphores : "c'est une tête de linotte", "c'est un blaireau". Et de tout un peu puisqu'avec le concept de connerie, on aboutit à l'infinitude : "c'est un bras cassé" "avoir une cervelle d'oiseau", "avoir un petit pois dans la tête", "avoir un petit pois à la place du cerveau", "y entraver que pouic, que couic, que tchi" (peu métaphoriques mais plutôt sur un registre argotique), "être con comme un balai", "être con comme un manche", "être con comme une valise " (éventuellement "sans poignée"), "être fin comme du gros sel" (éventuellement "être fin comme du gros sel dans une boîte à poivre".), "être faible du ciboulot", "ne rien avoir dans le ciboulot", avoir une passoire à la place du cerveau", "être mou du bulbe".

"avoir le crâne au ras des sourcils" que signale Michelle Devinant est contigu à "être bas du front". 

"ne pas être bien arreyé" (orthographe approximative...) semble appartenir à un idiolecte ou à un parler local patoisant (Sologne ? Berry ?). En tout cas, cette expression m'en rappelle une autre : "Ben dis, don, c'ti-là, il est pas ben aouindu" (pas fin, pas malin).

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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