Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 16:28

 

Selon le Dictionnaire des expressions quotidiennes  (1),  cette locution est attestée dans Bruant (en 1901). Elle signifie tout simplement  (encore que le « simplement » puisse être une gageure pour d’aucuns): avoir une érection. Quelle idée d’aller sur les chemins de la scatologie pour construire une telle expression ? Il est vrai que le sexe et le cul sont dans une telle proximité que leurs intérêts se confondent souvent. Quand j’étais enfant, pour désigner quelque chose de  valeur nulle, on disait : c’est de la merde en bâton. Ce qui est antinomique avec l’expression choisie qui, dans le fond, désigne une forme tout-à-fait satisfaisante.

D’autres expressions très imagées, toujours selon l’opus cité, désignent l’érection masculine (car on sait maintenant que ce n’est pas un pléonasme) :

Avoir le bâton, avoir l’aiguille à midi, marquer midi, être au beau fixe, être au garde-à-vous, hisser les couleurs, l’avoir en l’air, monter la tente, monter le chapiteau, présenter les armes…

Pour mémoire, ce blog faisait récemment la part belle à l’expression dormir sur la béquillequi signale qu’on s’endort sur une érection dans l’impossibilité de trouver un moyen d’en assouvir le désir signalé.

(1)    On va le dire comme ça, Dictionnaire des expressions quotidiennes , de Charles Bernet et Pierre Rézeau, Editions France Loisirs

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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