Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 19:02

Longtemps que l'idée de consacrer des articles au franglais me titille et me trotte dans la tête (m'en fous si ça redonde, et alors ?). Pas pour condamner ni porter un jugement forcément négatif car comment refuser que les langues convergent afin que l'inter-compréhension humaine soit plus grande ? Et puis, ce qui m'intéresse, c'est observer l'état de la langue, regarder son évolution. J'avoue que ce qui m'ennuie, c'est que l'irruption (je ne dis pas l'intrusion) de l'anglais dans notre langue accompagne un encerclement économique. Ca me fait carrément flipper de constater par exemple qu'on essaie de nous imposer les mesures anglo-saxonnes en pouces (inches). Franchement, quand on décrit la diagonale d'une TV ou un écran en pouces, ça me gonfle grave... En fait on nous prend pour des cons en nous laissant croire qu'on est assez doués pour piger ce nouveau volapük.

L'autre aspect des choses, c'est que notre français superbe -et jadis si "impérial"- n'a pas la simplicité voulue ni la réactivité suffisante pour accompagner les besoins d'une langue moderne : une langue qui s'invente et se crée chaque jour, comme le serine le beau slogan de Linguapop (voir en haut à droite).

Les nouveaux mots en français sont décidés en haut lieu par une commission idoine qui préconise des usages certes intéressants mais qui se posent en prescription en méconnaissant parfois les usages. Il faudrait adopter le mouvement inverse : laisser la langue se créer et accompagner le mouvement. Dans ces cas-là, ladite commission pourrait peut-être influer vraiment. A quoi sert-il de préconiser qu'un tuner doit être appelé syntoniseur ou qu'un week-end doit être appelé dominique si l'usage ne le relaie pas.

Aujourd'hui, c'est le buzz (3) qui fabrique parfois ces mots nouveaux en les adaptant le plus souvent d'une autre langue.

 

Alors quand j'entends parler de "journaliste-baching", je me demande de quoi est-ce qu'on cause. En bon logicien, je me réfère à l'argot bâcher, mettre une bâche, c'est-à-dire claquer le bec ou se moquer avec violence. Je ne suis pas si loin des choses puisqu'un article du site café babel éclaire ce mot issu d'abord de l'anglais puis principalement utilisé en Allemagne avant d'arriver en France (cf. en fin d'article).
L'exemple le plus actuel de journaliste baching est celui pratiqué par Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de Gauche. 


Mélenchon: Les journalistes sont de "petites cervelles"
envoyé par ecoledejournalisme. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

 

Voici ce que dit l'article de café-babel (extrait) 

 

"En anglais, le mot désigne un type de violence exercé à l’encontre d’un groupe ou d’une personne fondée sur l’identité ou les convictions idéologiques. Ce terme traduit ce que l’allemand s’obligerait à exprimer en usant de périphrases tortueuses telles que « cloué au pilori, vouer aux gémonies… » (...) On savait déjà, depuis le dernier championnat du monde de football, que les supporters de l’Allemagne n’assistent plus collectivement à une projection publique sur grand écran, mais à un… Public Viewing. De même qu’ils cancel un vol au lieu de l’annuler, se tartinent de make-up ou effectuent leurs transactions bancaires Online. (...)les Français se battent déjà depuis un certain nombre d’années contre l’invasion du franglais. Ce néologisme créé par le grammairien Max Rat fit son apparition dans les colonnes du quotidien France-Soir en 1960. Il en résulta que face à la recrudescence du full time et autres open spaces, la douce France, si soucieuse de préserver la virginité de son idiome, tenta d’endiguer le phénomène en légiférant. Cette volonté hexagonale de se protéger aboutit en 1994 à la promulgation la Loi Toubon (du nom du ministre de la culture de l’époque). Une mesure que la rue ne manqua pas de brocarder en l’affublant, non sans malice, du sobriquet de loi Allgood. l’E-mail, l’efficacité d’une telle mesure a encore de quoi laisser perplexe."

 

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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