Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 18:54

Julien Clerc se demande où vont les avions quand ils s'envolent et moi je me demande comment naissent certaines expressions imagées et métaphoriques. Comme je suis un homme pressé, je ne cherche pas les origines et les tralalas pendant des plombes (il faut que ça vienne tout de suite ou que ça dise pourquoi). De plus, les gloses et exhumations (des autres !) sont parfois fumeuses et sujettes à caution (ce qui m'arrange bien puisque d'authentiques vérités il n'y a pas ou il y a peu, pourquoi y serais-je moi-même obligé ?).
Je voudrais bien vous donner les origines des expressions mais j'ai toujours un peu de mal à me retourner et à regarder derrière ( toutefois j'aime beaucoup regarder des derrières !). Suis-je la réincarnation d'un cheval pour ne regarder que droit devant (mais avec des oeillères, bien sûr, faites-moi le crédit de croire que je ne m'y crois pas)  ? 
Qu'on ne s'y trompe pas, ce blog est bien tourné vers une langue en action, c'est-à-dire une langue qui est douée (dotée) d'un sens. Je ne nie pas l'intérêt pour la recherche philologique mais je ne peux l'assumer. Je suis bien d'ailleurs à la recherche d'un alter ego sérieux qui ferait ce boulot de terrassier de la langue pendant que moi je divaguerais dans les herbes folles du terrain vague des métaphores qui jouxte le cimetière des expressions perdutes. 
Les statistiques me montrent que ce blog est lu par de nombreux étrangers qui approchent notre langue par son aspect populaire et sa poésie vulgaire (au sens latin du vulgus). Et eux s'en battent les couilles de savoir d'où vient l'expression. Ce qu'ils veulent c'est savoir ce qu'elle veut dire.
Ce vaste préambule pour vous amener à admettre que je ne trouve pas d'origine à l'expression : faire un effet boeuf. Dans ces cas-là, j'appelle à mon secours un zélé zoulou qui me trouve toujours des pistes dégagées.

Faire un effet boeuf, c'est faire un très gros effet, un énorme effet , à quelqu'un. C'est très souvent lié à la séduction inter-sexuelle (bon, ben là, je parle pour moi). Faire un effet boeuf, c'est potentiellement être capable de générer des coups de foudre. Pourtant le boeuf est légèrement assexué ! je n'y comprends décidément rien.

Par ailleurs, pour moi qui aime participer à des boeufs (et là on ne prononce pas des "beux", excusez, je n'ai pas l'écriture phonétique sur mon computeur), je me suis intéressé à cette explication issue de Wikipedia


"L'expression française « faire un bœuf » vient du restaurant Le Bœuf sur le toit, situé 28 rue Boissy d'Anglas dans le 8ème arrondissement à Paris. Ce restaurant était le lieu de rassemblement de Jean Cocteau et des musiciens proches des Six. C'est là que débutèrent notamment Léo Ferré, Marcel Mouloudji, Charles Trénet ou encore les Frères Jacques. Au début du XXe siècle, les musiciens allaient en fin de soirée s'y rencontrer pour pratiquer ensemble de longues jam sessions, qu'ils finirent par désigner par l'expression « faire un bœuf ».

Une jam session (littéralement « session d'improvisation » en anglais) est une séance musicale improvisée, basée sur des standards lorsqu'il s'agit de jazz et à laquelle peuvent se joindre différents musiciens. On dit alors que l'on fait une jam. On utilise parfois le terme « bœuf » en français : « faire le bœuf », « taper le bœuf » ou encore « bœuffer ».

Le terme jam est généralement utilisé pour le jazz, le Hip Hop et le reggae. Pour le rock, on parlera plus volontiers de bœuf, alors que les musiciens cubains, de jazz latin et de salsa parlent plutôt de descarga (« décharge »).


Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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