Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 18:32

 

 

 

Photo : Museum d'Histoire Naturelle de Neuchatel. Ce Musée a produit une exposition illustrant des expressions métaphoriques de la langue française. Il est intéressant de voir se confronter le deuxième degré que représente l'expression prise en métaphore et une illustration au premier degré.

 

Autrefois, on aimait l'ordre binaire et particulièrement la symétrie. C'était la société des couples. Tout allait par deux et ses multiples. L'imparité faisait figure de bizarrerie. L'image du couple était majoritaire.

Sur les cheminées trônaient souvent des objets décoratifs associés par deux. C'est le cas par exemple de chiens en faïence parfois beaux mais souvent laids qui se regardaient librement ou semblaient se voir au travers d'objets qui les séparaient (par exemple quand ils servaient de serre-livres). 

Se regarder en chiens de faïence, c'est se regarder sans se parler, avec animosité ou rancune et tout au moins sous l'emprise d'une lourde charge mentale. Ainsi les couples désunis se regardent-ils en chiens de faïence avant peut-être de se traiter comme des chiens et de se déchirer comme chiens et chats.

 

Jeanne Cherhal Les chiens de faïence :  
 
 
Une fois comme ça
tu serais venu vers moi
t'aurais parlé
très peu mais juste assez
un mot idiot
ça peut quand même tenir chaud
c'est là tout bas
et c'est dit rien que pour toi

Silence on pense
on est des chiens de faïence
les yeux peureux
on a les mêmes mon vieux
tu vas pas bien
et moi je trace mon chemin
t'es là tu doutes
tu reconnais plus la route

Moi qui n'ai jamais rien su faire
je veux te sortir de l'hiver

Un mur c'est dur
à démolir ça c'est sûr
et là tu vois
y a un mur autour de toi
il est discret
mais plus solide que jamais
c'est con le béton
quand ça prend c'est pour de bon

Tu pleures du coeur
t'es enfermé dans ta peur
tu perds tes repères
mais t'es toujours mon père

Moi qui n'ai jamais rien su faire
je veux te sortir de l'hiver

Mais un matin
tu diras je reviens de loin
t'auras retrouvé
le goût de respirer
ton mal enfin
ira crever dans un coin
et en riant
tu marcheras droit devant

Ce matin-là
tu t'approcheras de moi
pour me parler
très peu mais juste assez
des mots très beaux
qui sauront me tenir chaud
dans la lumière
tu seras sorti de l'hiver
dans la lumière
tu seras sorti de l'hiver
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

Bonjour,

cela faisait un moment ; .... une petite recherche et hop ! voici un bel enregistrement de Jeanne Cherhal "Les Chiens de Faïence" (format de fichier MP3) à écouter librement (et légalement) sur le Net : http://files.fataldelonuestro.com/Musica/Podcasting/Jordi/00s/11-%20Les%20Chiens%20de%20Fa%c3%a3ence.mp3

Amitiés.

Commentaire n°1 posté par zulunation le 09/09/2010 à 09h03

Comme ça fait plaisir de retrouver les inconnus qui comptent. Et toujours avec une technicité de la recherche web bien affûtée. Merci

Jacques Michaud

Réponse de Jacques Michaud le 09/09/2010 à 09h51

Linguapop


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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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