synecdoque

Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 09:51
En avoir un coup derrière les carreaux
Contribution de Michel T.

Qu'est-ce qu'il y a derrière les carreaux, si l'on considère que les carreaux  sont les lunettes  ? Notons au passage que dire les carreaux pour les lunettes est, je pense, une figure de rhétorique appelée synecdoque (1).
Derrière ces carreaux, il y a le cerveau. Et s'il en a un coup, c'est que le contenant crâne a été mis à rude épreuve, soit parce qu'on a reçu une volée et qu'on est groggy, comme un boxeur pantelant sur le ring, soit qu'on a pris une musette, une muflée, une cuite, quoi et qu'on est complètement bourré.

Variante : "en avoir un coup dans les carreaux" (version moins explicite)

(1)
Synecdoque : emploi d'un mot en un sens dont son sens habituel n'est qu'une des parties.
"Depuis plus de six mois, éloigné de mon père,
J'ignore le destin d'une tête si chère"
in Dictionaire encyclopédique des sciences du langage, Ducrot et Todorov, Coll. Points, Seuil

Plus prosaïquement, dire "une voile" pour un bateau, "battre le fer" pour se battre à l'épée, c'est énoncer des synecdoques.
Par Jacques Michaud - Publié dans : synecdoque - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 20:38

Un sans papiers

Eh oui, dès lors qu'on désigne quelqu'un ou quelque chose par une de ses "propriétés", on est dans la figure de style. Une métonymie sûrement, une synecdoque peut-être. Et ce n'est pas anodin. Imaginez un instant, qu'en tant que personne, on vous désigne par quelque chose qui vous caractérise : vous devenez le "possesseur de la Renault Espace" ou "l'homme au cigare" ou encore "Bitedef", etc. Même si ça ne vous plaît qu'à moitié, ça vous rassure de constater qu'on vous prend pour quelqu'un qui en a ! qui a une belle bagnole, qui fume riche ou qui a un gros kiki. Mais, sans papiers ! Devenez même virtuellement un sans papiers ou un sans domicile fixe. Imaginez être caractérisé par ce que vous n'avez pas (et que vous aimeriez avoir), qu'on vous appelle le "sans intelligence", le "privé de courage", le "pas une once de jugeotte", le "sans couilles". Un peu dur, non ?

Par Jacques Michaud - Publié dans : synecdoque Voir les 2 commentaires
Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /Jan /2007 11:42

Un bouchon

Roger P. m'a indiqué que ce nom de "bouchon" donné aux restaurants lyonnais vient en fait du bouchon de paille qu'on donnait aux voyageurs pour qu'ils puissent panser leurs chevaux fourbus lorsqu'ils arrivaient dans une auberge ( un cheval est évidemment "fourbu" après une longue course - cheval fourbu est un "cliché"). Le Robert signale que le bouchon désignait un bouquet de paille ou un rameau de feuillage qui servaient d'enseigne à ces "estaminets".

Si personne ne me contredit, je dirai qu'appeler bouchon, un restaurant, relève de la figure de style appelée synecdoque ( ici prendre une partie - une enseigne- pour le tout - un restaurant- ).

Par Jacques Michaud - Publié dans : synecdoque - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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