Mardi 9 mars 2010
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Le très intéressant Dictionnaire de la Langue du Théâtre éclaire cette jolie expression qui est somme toute l'exact contraire de Montrer un village Potemkine
(cf. infra).
Déculotter la vieille, c'est dans l'argot des machinistes de théâtre donner à voir au public "ce qu'il ne devrait pas voir. Par exemple quand un électricien envoie un effet trop tôt (...) et
que le public est déjà dans la salle (...) quand des parties des cintres sont à découvert". Agnès Pierron n'explique pas vraiment l'utilisation du mot "vieille". On se contentera de supposer que ce
qu'il a dans la culotte de la vieille n'est peut-être pas beau à voir.
Je suis très sensible au théâtre à ces erreurs qui parfois rompent le charme d'une pièce (fort heureusement, c'est rare). Le rôle des machinistes ou des régisseurs est donc essentiel pour ne pas
perturber le plaisir du spectateur.
Dictionnaire de la Langue du Théâtre, de Agnès Pierron, éditions Le Robert
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Lundi 8 mars 2010
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Le Canard Enchaîné du 17/02/10 utilise cette métaphore pour désigner la méthode utilisée par la cour de Nicolas Sarkozy 1er pour lui éviter de voir et rencontrer ce
qui pourrait être déplaisant ou lui causer de la peine. Ainsi, précise le Canard, lors de sa visite en Loir-et-Cher du 09/02/10 il aurait dit avec satisfaction : "personne ne
m'a engueulé, tous les gens que j'ai rencontrés étaient très contents de me voir".
Wikipedia indique :
"Les villages Potemkine sont de simples mais luxueuses façades érigées à
la demande du ministre russe Potemkine destinées à masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée
en 1787. En réalité, il s'agit
d'un mythe fabriqué de toutes pièces par Georg Von Helbig, un diplomate saxon qui cherche à décrédibiliser la politique du favori, et qui publie un livre-pamphlet en 1797 dans
lequel se trouve le mythe. Potemkine n'a jamais caché le fait que les villages visités étaient apprêtés pour la visite de l'impératrice. Il n'a pas "construit" des villages. On ne peut donc
parler d'une tromperie délibérée."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Village_Potemkine
Quoi qu'il en soit de la vérité historique ou du mythe, le sens s'est forgé sur le mythe. La méthode du Village Potemkine consiste donc bien à montrer à quelqu'un ce
qu'il veut voir et à entendre ce qu'il veut entendre.
Ferrat Jean - Potemkine
envoyé par Salut-les-copains. - Regardez plus de clips, en HD !
Le cuirassé potemkine scène du landau dans les excaliers
envoyé par morlok_502. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Vendredi 5 mars 2010
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18:32
Expression largement utilisée dans un contexte sportif. Etre pris par la
patrouille, c'est être pris en flagrant délit de faire une action non autorisée. En premier lieu l'expression s'applique aux
sportifs qui se dopent ET qui se font prendre (ce qui est assez rare, finalement). La vidéo des rencontres sportives permet (parfois) de punir les sportifs indélicats. Une fourchette au rugby qui
n'a pas été payée cash pendant le match peut l'être devant une commission machinchose sur la foi des vidéos. Autrefois, au rugby, à une époque où la vidéo
était vague et imprécise, toute agression était l'objet d'une revanche quasi immédiate plus ou moins visible. On peut penser que les arbitres toléraient une loi du
Talion raisonnable...La patrouille, c'étaient les co-équipiers.
Bien entendu l'origine du mot patrouille est militaire. Par conséquent, lors d'une infraction, on peut être pris par la patrouille au sens propre ( deux ou trois chaussettes à clous planqués dans leur Clio) ou au sens figuré quand on se fait choper par un radar.
A propos de radar, quelqu'un connaîtrait-il une expression métaphorique qui le désigne ?
Par Jacques Michaud
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Mercredi 10 février 2010
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J'avais, en son temps, entendu Pierre Bellemare qualifier d'émission trou de serrure les productions de la télé-réalité où le "direct live" permet de voir des
intimités exposées à l'encan et des banalités moulinées comme des aphorismes à longueur de pré "prime time". La fausse désinvolture de celui qui se sait écouté et regardé mais affecte de ne
pas en tenir compte est proprement ridicule. Actuellement, l'ineffable téheffune ressort un remake de sa ferme célébrités en Afrique du Sud. Bof ! Ce n'est pas regardable mais j'ai essayé pour
me faire une idée tout comme j'avais essayé de regarder Secret Story, cet été. Je ne tiens pas un quart d'heure ! En plus, je ne connais pas (ou si peu) ces "has-been" ou "has never been".
Bon courage à ceux qui aiment !
Par Jacques Michaud
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Jeudi 4 février 2010
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16:44
Cette action procède apparemment d'une profonde bêtise et ressemble à un
suicide. Par conséquent elle suppose un évident volontarisme dans l'auto-destruction. C'est apparemment ce que nous faisons collectivement avec la terre puisqu'en la pillant, en la surexploitant
au profit de minorités nous exténuons la planète sur laquelle nous vivons. Evidemment, cela fait toujours un peu boy-scout que de dire ça, dans une sorte de démagogie du pauvre d'esprit qui
répéterait ce qu'a dit le dernier qui a causé. Certes, il peut y avoir de ça et certaines attitudes et travers des écologistes peuvent nuire à l'idée de sérieux posée dans cette question
fondamentale : sommes-nous en train de tuer la planète sur laquelle nous vivons ? Il est vrai que chacun se dit qu'il ne verra pas lui-même cette extrémité, que cela prendra des centaines,
voire des milliers d'années et que peut-être cela n'aura jamais lieu. Certes. Mais nos enfants des générations même éloignées de nous nous accuseront. Ils pourront dater en même temps que
l'essor industriel le début de la fin. Ils pourront même dater le début de notre prise de conscience, ce qui révélera encore plus le cynisme et l’égoïsme des gens qui vivent aujourd'hui si nous
ne faisons rien.
Et quand bien même la terre ne serait pas menacée, n'est-ce pas suffisant de se dire qu'elle ne profite pas dans sa générosité au plus grand nombre et qu’en cela il y a de l’insupportable ?
Expression voisine : se tirer une balle dans le pied. Le sens est voisin mais amplifie le sens de la bêtise.
Actuellement, une campagne sur le web fait la promotion d'un film de Jean-Paul Jaud "Nos enfants nous accuseront". Il paraît (mais n'est-ce pas un hoax ?) que la sortie en salle dépendrait du
nombre de connexions à la bande annonce dans un délai très court...
Même si c'est un hoax, c'est en tout cas d’un marketing efficace.
J'ai regardé cette bande annonce, faites comme moi ! Mais que vaut le film ? Je n’en sais rien.
http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html
Par Jacques Michaud
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Dimanche 31 janvier 2010
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11:34
Il arrive assez fréquemment que certains de mes lecteurs étrangers fassent traduire (plus ou moins automatiquement) un de mes articles. C’est curieux d’examiner un
de ses propres textes mystérieusement transcrit en arabe, chinois, russe ou japonais…
Il y a déjà quelque temps (Ô temps suspends ton vol !) une collègue galloise m’avait fourni quelques textes passés par traduction automatique de l’anglais au
français. Le résultat était à pisser de rire pour les filles, à se fendre la gueule pour les garçons, à
se tenir les côtes pour les ambidextres.
Les traductions via le web ont fait de gros progrès, toutefois mon niveau d’anglais ne me permet pas toujours de savourer avec une grande précision l’écart entre les
deux versions. Mais peut-être en est-il autrement de vous qui avez peut-être appris l’anglais ailleurs qu’en France ?
Je vous livre en face à face les deux versions d’une traduction Google d’un article publié en 2006. Vos commentaires concernant cette traduction me seraient un
bonheur. Hélas, je ne méconnais pas les occupations autrement importantes dont vous êtes le jouet mais je ne désespère pas d’accaparer pour quelques
instants votre sémillante excellence…
Les guette-au-trou
Cette expression désigne le plus souvent la corporation des sages-femmes qui, depuis
des générations, mesurent d’heure en heure puis de quart d’heure en quart d’heure la dilatation de ce trou par lequel , tous, nous sommes passés à notre naissance (ce qu’on mesure, c’est la dilatation du col de l’utérus m’a confirmé ma guette-au-trou de fille). A une
certaine époque, presque jusqu’aux année 60, on mesurait ce trou en équivalent pièce de monnaie des anciens francs. Cela devenait intéressant à la
taille de la pièce de 5 francs. Après, la naissance du moutard arrivait….
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The watching-the-hole
This
term usually refers to the guild of midwives, for generations, measured by the hour and fifteen minutes to fifteen minutes in the expansion of the hole through which we all have moved
to our birth (so far is the dilatation of the cervix confirmed to me by my hole-in-girl). At one time, almost the 60s, we measured the hole equivalent coin of old francs. It became interesting to the size of the 5-franc piece. After the birth of the youngster coming soon…
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Measuring instruments for watching-in-hole during the baby boom after the war
Instruments de mesure pour quette-au-trou lors du baby-boom de l’après-guerre
Par Jacques Michaud
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Mardi 26 janvier 2010
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12:03
Bien sûr, visuellement, on imagine le cireur de chaussures
(les pompes*) en train de faire son travail dans une position d'infériorité (mais
n'oublions jamais que le cireur a la possibilité de cracher sur les pompes de celui qui le paie pour ce service. N'oublions jamais, d'ailleurs, que même le serveur de restaurant que vous
maltraitez a lui aussi la possibilité de cracher dans la soupe).
Cirer les pompes, c'est évidemment avoir une attitude et même parfois une logorrhée servile auprès
d’un (supposé) plus puissant que soi. Prenez par exemple un des courtisans de la république dans la comédie du pouvoir : ces courtisans n'ont
même pas le sens de leur propre ridicule ou du moins ils escomptent des avantages qui font passer la pilule de
l'inféodation.
De même sens et déjà évoquées peut-être (car la richesse de ce blog est telle que son propre auteur s'y emmêle un peu les
crayons, voire les pinceaux) :
Servir la soupe
Passer la main dans le dos (frotter le dos)
Lécher le cul (un
lèche-cul)
Lécher les bottes (un lèche-bottes)
* les pompes : certaines chaussures de mauvaise qualité, aux semelles peu imperméables avaient
malheureusement tendance à aspirer l'humidité des rues et la liquidité des flaques. En ce sens, c'étaient des pompes. Heureusement aujourd'hui tout cela est du
passé...
*cracher dans la soupe, métaphoriquement, c’est dire du mal de celui qui vous fait vivre (par
exemple un commercial qui dit du mal – parfois à juste titre- de son employeur).
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore
Jeudi 31 décembre 2009
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18:37
Expression relevée dans Pour tout l'or des mots, de Claude Gagnière, Bouquins, Robert Laffont
Ce demain, après un réveillon peut-être bien arrosé, beaucoup d'entre nous auront les yeux en lettre de faire-part, c'est-à-dire les yeux cernés de fatigue,
voire pochés. On peut supposer que l'explication réside dans ces avis de décès qui étaient envoyés ou publiés autrefois et qui comportaient un liseré noir pour exprimer le deuil.
Pour ceux qui auront abusé de la boisson, ne pas oublier qu'il vaut mieux soit redémarrer le four chaud, soit rallumer la chaudière (cf.archives).
Les mains dans les poches sous les yeux par Yvan Dautin
Par Jacques Michaud
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Publié dans : métaphore