zeugme

Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /Déc /2006 10:12

Avoir le nez dans le guidon

Bon, vous voyez l'image. Le type en maillot, en vélo, et en sueur, qui sucerait la roue de son prédécesseur...

Putain, je m'aperçois que je viens de faire, sans le vouloir, deux alexandrins, et qui riment, en plus ! (allez, je triche un peu, j'ai quand même dû rajouter un pied - rait - dans le premier hémistiche du second vers, juste avant la césure...)

Le type, en maillot, en vélo, et en sueur,

qui sucerait la roue de son prédécesseur

Et en plus le premier vers comporte un zeugme (cherchez donc !)

Le mec sur son vélo ( je perds pas le nord, même quand je digresse), il a le nez dans le guidon. Il voit rien, il fait que travailler (son travail, c'est de pédaler, à lui). Alors, les cadres (dans les entreprises, pas les cadres de vélo), ils croient malin de se comparer à ça. Gare ! Ca risque de faire "splash ! fouak ! bleurp ! Parce que quand tu as le nez dans le guidon, tu vois plus rien devant....

Non blague à part, je préfère que les gens disent : j'ai un passage difficile, je suis actuellement très sollicité, mais ça va s'arranger car je maîtrise. Non, ne dites jamais que vous avez le nez dans le guidon, c'est comme si vous disiez que vous naviguez à vue mais les yeux fermés....

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 09:07

Faire vinaigre

Se dépêcher, se magner (se manier ?), se manier le cul, se grouiller.

Ca tourne au vinaigre

Les choses se gâtent, par exemple une dispute éclate au milieu d'une fête et ça tourne au vinaigre. Avant ça baignait dans l'huile...

Mets de l'huile : cette expression a fait florès il y a quelques années grâce à une chanson. Mettre de l'huile, c'est chercher à arranger les choses. Mettre de l'huile dans les rouages comme on disait autrefois.

Utiliser l'huile de coude, c'est faire quelque chose à la main, sans machine, grâce à la seule force de ses muscles. Il faut mettre de l'huile de coude peut vouloir dire à quelqu'un tout simplement : il faut travailler !

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 20:23

C'est dans la fouille

La fouille, les fouilles sont les poches. Quand on dit "c'est dans la fouille", la nuance, c'est que parfois ce n'est pas encore gagné mais qu'on est sûr de gagner. Ce présent est donc souvent un futur !

Comment ne pas évoquer en parlant de fouilles la contrepéterie célèbre et rebattue mais toujours utilisée : vos fouilles sont curieuses....Je me laisse un peu aller, c'est vrai....

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 23:02

Comme un coup de pied dans un carreau

Pat (c'est Patatate que j'appelle comme ça, chut...), Pat me dit donc "Comme un coup de pied dans un carreau". Mais Pat ne nous donne pas le sens. Qu'est-ce que ça veut dire ? Comme un coup de tonnerre ? d'unseul coup ? comme un pavé dansq la gueule d'un flic ? Allez Pat', fournis-nous la solution.

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 22:55

Tout le monde ne peut pas coucher au même endroit

Ce n'est pas un proverbe. C'est une phrase que j'ai entendue hier même alors que je voulais réserver une chambre pour une fête de famille en septembre. J'arrive dans ce château-hôtel, je m'enquiers naïvement du prix (bien que je me doute...) d'une chambrette pour une nuit de septembre. Comme le châtelain aux dents pourries (moi, les miennes, ça va!) me répond 183 euros, alors je lui dis que, bon ça va, ça me cadre pour savoir qu'on fera pas affaire tous les deux... Il me dit alors tout à trac : "tout le monde ne peut pas coucher au même endroi". Dommage, le 14 juilletv est passé !

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 22:45

Mieux vaut péter en société que mourir tout seul

Pas une métaphore, pas une image, pas un zeugme, mais un tout simple proverbe paysan, d'ici sans doute, mais d'ailleurs tout aussi assurément. Car je vous le demande : où naissent les proverbes ? Il y en a bien un(e) - je mets le "e" pour laisser accroire que je ne suis pas macho-  qui l'a créé un jour, pour son usage personnel ou pour amuser la galerie. En tout cas, celle qui m'a appris cette phrase, un jour où le brillant soleil me laissait croiire que j'étais le roi du monde, celle-la, qu'on aime parce que c'est notre vieille mère et belle-mère, elle est seule devant la mort qui lanterne à venir la cueillir. Elle aurait dû péter plus, mieux et plus souvent. Voilà où ça mène quand on fait la maligne : on ne croit pas à ce qu'on dit et pourtant, on ne croit pas si bien dire.

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /Juil /2006 09:42

Zeugma ou zeugme

L'homme qui ouvrit le bal avait trente ans et un moignon en guise de main gauche.

Même les imbéciles jouèrent à l'indifférence

Extrait de Georges-Louis Godeau, La Main, in Anthologie de la poésie française du XXè siècle, Poésie/Gallimard

Il y a dans cet extrait une figure de style qu'ion appelle un zeugme (ou zeugma). Je suis quasiment sûr que si j'avais écrit ça dans une de mes rédactions à l'école, dans la marge, j'aurais eu un reproche rouge : Syntaxe !  (Tout est dans le point d'exclamation). Alors qu'on est dans la liberté poétique.

Le zeugme consiste ici à rattacher à L'homme  deux mots ou groupe de mots de sens différents dans la même suite, ce qui produit un effet particulier. Effet de style si c'est volontaire, erreur de syntaxe si c'est involontaire. A quoi ça tient la poésie !

Si je m'intéresse à cette figure particulièrement, c'est bien parce que mon père -encore lui- s'exprimait parfois de cette manière. Il disait par exemple, parfois pour rire, parfois non : "Ferme ta gueule, et la porte, ça fera qu'un tour !" 

Autre exemple : dans une de ses chanson, Yves Duteil parle de  "un petit pont de bois" (...) qui ne tenait plus guère / que par un grand mystère / et deux piliers de bois".

Par Jacques Michaud - Publié dans : zeugme - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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