Synthèse

Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /Nov /2006 18:18

Fermé comme une huître

Expliquons cela par une tautologie, ou un truisme si vous préférez : être fermé comme une huître, c'est ne pas être ouvert, donc être quelqu'un avec qui il n'est pas facile de communiquer.

La vie aquatique et marine a servi de base à de nombreuses expressions imagées.

Etre muet comme une carpe - Etre une tanche (peut désigner quelqu'un de très sot ou pour les garçons une fille pas jolie) - Etre enflé comme une ablette (être mince, donc) -

Etre une moule, c'est être mou, sans ressort.

Un maquereau, c'est un souteneur. Un barbeau, c'est un voyou (qui peut d'ailleurs être un peu maquereau sur les bords). Une raie ou une gueule de raie, c'est un connard (pour celui qui le dit). Glisser, se défiler comme une anguille. Un requin, c'est quelqu'un qui cherche à bouffer les autres dans le domaine des affaires.

N'oublions pas le panier de crabes qui désigne péjorativement une assemblée de gens ou une classe sociale dont le but est de dominer, d'avancer ou de se promouvoir en se faisant des sales coups les uns les autres.

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : Synthèse - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /Nov /2006 20:16

Les parties du corps

Episode 1 - La tête

Se faire des cheveux, se faire des cheveux blancs, arriver comme un cheveu sur la soupe, passer à un cheveu (passer tout près), ne pas avoir un cheveu sur le caillou, être chauve comme un oeuf, s'arracher les cheveux (ne pas savoir comment régler un problème),

Avoir les oreilles en fanes de radis, en feuilles de chou ( Hommage à toi, Gainsbourg ! l'homme à tête de chou comme tu t'appelais toi-même), avoir des parachutes, tailler les oreilles en pointe ( gronder, réprimander )

Faire des yeux de merlan frit ( être tout enamouré), ne pas avoir les yeux en face des trous ( être mal réveillé ou pas attentif)

Avoir le nez en compote, avoir le nez creux ( c'est-à-dire avoir deviné ce qu'il fallait faire, avoir eu de la chance, avoir fait le bon choix), ça se voit comme le nez au milieu de la figure (c'est donc très visible, ou très évident...prégnant...quoi ! ), aller le nez au vent ( sans réfléchir, en improvisant, sans plan),

Les moustaches en guidon de vélo

La bouche en cul de poule

Tirer la langue ( peiner physiquement ou avoir des fins de mois financièrement difficiles). Une métaphore visuelle qui se traduit mal en mots : la langue tirée par le loup des dessins animés de Tex Avery quand il aperçoit une fille sexy : la langue tombe par terre avec un bruit de fer à repasser qui s'écrase par terre et parfois suivi de sifflets de train et de chuintements de vapeur...(Ca dure 5 secondes chez Tex Avery !)

Le menton en galoche ( long et relevé en avant comme une galoche, dit le Robert; moi je dis, comme le menton de chacun des frères Dalton dans Lucky Luke)

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : Synthèse - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 18:46

Fainéant comme pas deux

Fainéant, c'est pour l'exemple car on pourrait tout aussi bien dire "con comme pas deux", voire "intelligent comme pas deux". Ce qui signifie, bien sûr être tout seul de son espèce (puisqu'il n'y en a pas 2 ! CQFD

0

Ce mec est zéro ! (il est nul, évidemment).

1

Etre sans un !  Ne pas avoir d'argent, être fauché, ne pas avoir une thune

Je vais t'en mettre une ! Expression elliptique pour dire : je vais te mettre une danse, un branlée, une avoinée, une trempe, etc.

2

Faire ni une ni deux : y aller d'un seul coup, être décidé, ne pas tergirverser...

3

Les trois coups ou frapper les trois coups signifie marquer le début, lancer, initier. Par analogie avec les coups qui sont (étaient) frappés avant le début d'une pièce de théâtre (pour ceux qui ne le sauraient pas, le gourdin avec lequel on frappe les trois coup s'appelle un "brigadier"). Ta ta ta ta ta ta ta ta ta ... taaaa....taaaa....taaaaa ! ( soit 9 + 3 )

4

Les quatre coins de l'hexagone.... J'adore cette coquecigrue ( une coquecigrue, c'est une connerie mais en beau langage...si vous connaissiez ce mot, vous vexez pas, j'ai toujours eu la fibre un peu pédago...)

5

Faire un cinq à sept...Le Robert dit "faire une réception entre cinq et sept heures". En réalité, c'est s'envoyer en l'air avec son amant ou son amante ( en fin d'après-midi).

En (un) cinq sec. A toute vitesse, très spontanément.

Recevoir cinq sur cinq ! Comprendre parfaitement bien. Je crois que les échanges radio (radio-amateurs, par exemple) s'appuyaient sur une échelle de 1à 5 permettant d'indiquer à son correspondant le niveau de réception.

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : Synthèse - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /Oct /2006 09:35

Cul

Cul ....

Habiter dans le trou du cul du monde  -  Faire noir comme dans le trou du cul d'une poule  - 

 

Donner un coup de pied au cul (piston)  -  Pisser au cul (de qqn) - 

 Avoir le cul cousu -  Avoir le cul bordé de nouilles -  Compter les oeufs dans le cul d'une poule - Avoir un balai dans le cul - Avoir la tête dans le cul - Etre une face de cul - Tortiller du cul pour chier droit - Etre juste bon à mettre au cul des vaches - Ne pas avoir le cul sorti des ronces - Etre un cul-terreux - Se faire enculer - Se faire enculotter - Avoir le cul en goutte d'huile -  Tirer au cul (être fainéant) - Être sur le cul ou Rester sur le cul (être stupéfait, très surpris) - En avoir plein le cul (être fatigué) - Avoir le feu au cul - Etre un gros cul (un gros sac) - Etre un (petit) trou du cul - Avoir le cul entre deux chaises

...et compagnie...

- Avoir la fesse triste - Etre une peau de fesse - Serrer les fesses - Avoir chaud aux fesses - N'y aller que d'une fesse -

- Se gratter l'oignon -

- Chier du poivre - Chier dans les bottes (de qqn) - Tortiller du cul pour chier droit - Chier des bulles - Faire chier qqn - Se faire chier - En chier une pendule (en faire tout un plat, toute une histoire) -

Ca chie pas (c'est sans importance, sans conséquence) - Ca va pas chier loin (C'est médiocre, faible, sans intérêt)

- Lâcher une perle ou Lâcher une perlouze - Péter dans la soie - Péter plus haut que son cul - Mieux vaut péter en société que mourir tout seul -

Par Jacques Michaud - Publié dans : Synthèse - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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