Après le succès mondial du jeu Metaphorus, trouvez l'astuce, voici un nouveau jeu qui consiste à faire parler l'image qui vous est proposée. En
d'autres termes comme dirait l'autre, celui qui n'a pas su s'expliquer du premier coup, vous pouvez écrire une légende ou bien faire parler un personnage. Evidemment, c'est dans les commentaires
que vous mettez votre contribution.
Exemple pour ceux qui par deux fois n'ont encore rien pigé, et seulement pour cette fois :
Le coq : "Eh, mon cul c'est du poulet ?"
ou alors
Premièe cigogne : "Tu le savais, toi, qu'on naissait dans les roses ?" (là, je reconnais, faut se booster le neurone pour piger l'intertextualité!")
ou alors
Deuxième cigogne : "Coq tu dis ?" (mais oui, on est capable de tout !" (reparenthèse : là c'est moi, le jacques qui parle, pas la cigogne !).
Message personnel :; Je suis sûr que Michelle, ou Christian, apprécieront s'ils lisent ces quelques exemples, le traitement théâtral quoi que sans didascalies du dialogue.
Conseil : N'oubliez jamais de lire : La conférence des Oiseaux, texte sublime lisable (oui, oui) à plusieurs deux grés (oui) tout comme le Petit Prince, qui pour ne pas être théâtral, l'est tout
de même un peu. Ca vous va comme ça ?
Effroyables jardins*
Envie ce soir de filer la métaphore au jardin. J'ai commencé un certain jour en prenant un râteau, puis en me cassant la binette (voir supra). Une métaphore filée, vous le savez bien, est une métaphore dont le thème, récurrent, traverse le jardin…euh pardon…le discours. Cela m’amuse encore plus car à mes heures perdues je joue au théâtre. Parfois j’entre à cour, parfois à jardin. Car en théâtre on ne dit pas gauche mais jardin (en regardant la scène) et pas droite, mais cour. Après tout, les matelots disent bien babord et tribord en regardant la Seine.
Effroyables jardins est un petit livre de Michel Quint dont je vous recommande la lecture. Il a été mis en scène au théâtre récemment par des gens que je connais bien (mise en scène de Michelle Devinant, Jeu : Gilles Jouanneau)
Quand j’étais petit, j’avais horreur du jardin parce que mon père ne faisait que ça, le jardin. Il dorlotait beaucoup plus ses carottes que sa femme, ma mère, et ses haricots verts que ses enfants. En plus, les haricots verts, il fallait les éplucher et pire encore, il fallait se les tortorer. On n’en voyait jamais le bout. Longtemps j’ai haï les haricots verts. Et encore aujourd’hui, ils me font moyennement bander les papilles. Mon père les appelait des barre-gueule, je vous le jure ! Mon père était un personnage fort agréable en société, mais légèrement irascible en privé. Frustré peut-être… Un jour que j’avais refusé d’aller les cueillir ses putains de haricots verts, il m’a foutu en tôle. Eh oui, mon daron avait l’immense avantage d’être flic, gendarme à vrai dire et de pouvoir foutre la trouille à ses enfants. Et un jour, brièvement, il m’enferma dans la cellule de dégrisement de la gendarmerie. L’endroit où on foutait les soûlots, les soûlardes et les bargeots d’un soir. Je les entendais gueuler presque toutes les nuits de ma chambre située juste au dessus.
Les carottes sont cuites (c'est foutu, c'est trop tard, les jeux sont faits). J’ai vu un navet à la télé (j'ai vu une merde dans l'étrange lucarne). Tu devrais manger des épinards (ce serait bien que tu sois plus fort, eh, gringalet !) . Avoir la taille haricot vert (être mince, alors). Les oreilles en feuille de chou (avoir les oreilles décollées). L’homme à tête de chou (Serge Gainsbourg himself, assez capable d'auto-dérision pour s'affubler lui-même de ce sobriquet et en faire une chanson). J’ai pas un radis (J'ai pas une thune. Si vous suivez mon blog, vous savez ce qu'est une thune, sinon utilisez la fonction recherche). Sec comme un haricot (maigre) Se prendre le chou (soit se faire chier pour quelque chose, se prendre la tête, soit avoir un conflit avec quelqu'un d'autre). Ramener sa fraise (Causer alors qu'on vous a rien demandé) Aller aux fraises (Voir le commentaire de Patatate plus haut, faut chercher !) Se faire la cerise (Se barrer, se trisser, dégager) Croquer la pomme ( baiser, avec un peu le sens d'une première fois, mais pas toujours) Etre une bonne poire (être pris pour un con) Avoir la banane (être en forme) Etre une patate (être bête) Etre une courge (Etre bête) Une aubergine (une contractuelle qui met des papillons sur les pare-brise) Rouge comme une tomate Les apports de 12 (tiens, longtemps qu'on a eu un dessin...) : Etre dans les choux (être distancé), se faire prendre la grappe (se faire alpaguer par un bavard) Lâche-moi la grappe (laisse-moi tomber, casse-toi tu pues, lâche-moi les grelots), avoir un petit pois dans la tête (être con comme un balai)
Chiant comme la pluie
Souviens-toi, Barbara, il pleuvait sur Brest, ce jour-là...Comme la pluie ne peut pas être systématiquement associée à un poème de Prévert, il se trouve qu'elle modélise ce qu'il y a de chiant dans un sens doux, mais ennuyeux.
STL à l'instar de Vincent nous livre quelques expressions qu'elle a relevées et justement, elle parle de la pluie.
1. moujiner (c'est un peu comme bruiner, c'est la petite pluie qui mouille... comme s'il y avait un brumisateur géant dans le ciel). On dit souvent par chez moi "y moujine" (chez STL, c'est l'Auvergne, NDA)
2. aller à la graille ou grailler (casser la croûte)qui donne : le graillou (la boufftance, la bouffe)"tiens ça sent le graillou".
3. être cagué par qq'un ou qq chose (être enquiquiné)"putain ça me cague"
4. aller au cul derrière la gare
5. avoir un oeil qui dit merde a l'autre
6. se geler les miches (c'est le cas actuellement)
7. un tire-jus (mouchoir)
8. à tire-larigot
Moujiner est très certainement un mot régional équivalent à un autre verbe régional de l'ouest crachiner (de crachin). Il ne s'agit pas d'une métaphore, mais d'un mot bien local qui dénote une certaine sorte de pluie. La graille, pour la pitance, n'est pas non plus une métaphore, mais un mot populaire. Le suffixe -ou de graillou donne à la graille un côté sympathique, comme canaillou pour canaille. A noter aussi que quand on dit, ça sent le graillon, on désigne le côté désagréable de l'odeur de graisse brûlée. Tous les autres termes ont à voir avec un sens métaphorique plus ou moins passé dans la langue.
Etre cagué, équivaut à "ça me fait chier" (je crois qu'en occitan chier, c'est cagar : tu me fas cagar). Ce qui est intéressant, c'est la construction grammaticale de type passif.
Aller au cul derrière la gare (ou l'église) n'a de métaphorique que le mot cul qui désigne le sexe en général (et parfois le cul, spécialement). Cette expression était utilisée partout et dans les années cinquante, c'était un summum de vulgarité.
Avoir un oeil qui dit merde à l'autre, c'est bien sûr loucher, être bigleux.
Les miches étant, à l'origine, des pains ronds, de bonne taille, elles ont fini par désigner les fesses : les miches sont un mot argotique d'une certaine élégance. A comparer à "se geler les fesses, se geler le cul, se geler les couilles".
Merci pour le tire-jus, mot savoureusement dégueulasse, que mes parents aussi utilisaient pour désigner le bon grand mouchoir à carreaux violet.
Enfin l'harigot étant autrefois une flûte (merci le Robert)et reste un jeu d'orgue. Je ne vois pas bien comment s'est construit le mot mais peut-être qu'il fallait souffler fort dans l'harigot. A tire-larigot, ça veut dire : beaucoup, à foison, autant qu'on en veut, sans restriction....
Faites comme Vince et STL, balancez ! Je pontifie un peu, mais de temps à autre ça me fait du bien. Si ça vous gave, vous laissez braire.
Taillons une bavette, à bâtons rompus
Il me fait beaucoup d'honneur le Vince, qui m'écrit en me créditant d'un savoir qui me permettrait de répondre à pas mal de questions. Ne pétons pas plus haut qu'on a le cul et ne laissons pas penser que notre savante ignorance (tiens, un oxymoron !) est universelle...(Tiens c'est absurde mais très juste !).
Il dit :
1-Se payer une bonne muflée ( dixit Reiser dans "On vit une époque formidable"), à propos de boire un coup (à seul ou plusieurs)
2- Se faire claquer le beignet (s'agit-il d'une taloche ou d'une biture?)
3- L'expression " T'as compris la poloche?", vieille expression berrichonne, utilisée pour laisser planer un doute sur une discussion à laquelle une tierce personne s'invite sans autorisation.
4- " Ah c'te coche!" En parlant d'une personne un peu niaise ( expression normande? mouche du coche? cochonne?)
5 - " Qu'est-ce tu bouines?" Que veut dire exactement bouiner? Celà veut il dire foutre?
Je dis :
1. Se payer une (bonne) muflée, ce n'est pas seulement boire un coup, mais se bourrer la gueule. Origine que je ne connais pas. Reiser ne l'a peut-être pas inventé. Quoique !
2. Se faire claquer le beignet, n'est-ce pas se faire claquer le bec ou clouer le bec ? Ne pas confondre avec se faire claquer le baigneur (qui est prendre une tape sur le cul)
3. T'as compris la poloche ? Je ne connaissais pas. On pourrait lui dire, à l'autre, le trop-se-mêle (comme disait ma mère) : "on t'a pas sonné(e) !"
4 Ah ! c'te coche. Je ne connaissais pas. Le Robert note "coche" comme un mot régional pouvant désigner la truie. On dit bien : bête comme un cochon, alors une truie, pensez donc ! ( Oui, oui, je dis bien ça exprès, je tends les verges pour me faire fouetter, oui, ah oui !)
Quant à la mouche du coche, j'y reviendrai...je la tenais en réserve... Patience
5. Bouiner, c'est bidouiller, bernasser, merdonner, faire des petites actions, fourrager, fourbancer. Qu'est-ce tu bouines ? ( Qu'est-ce que tu bricoles. ?) "foutre" dans le sens de faire, serait ici excessif.....En tout cas, on n'est pas dans le registre de la métaphore
Chez nous dans le Val de Loire, une bouine, c'est une petite serpillière ( Passer la bouine ). Une bouinotte, c'est une petite fenêtre...genre lucarne, mais dans un muir ( j'en ai une chez moi !)
Foutre...voilà un mot à la large polysémie...qui méritera un arrêt...
Merci Vincent ! Faites comme Vincent, balancez !
Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante,
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naturnet, pour ne pas mourir en même temps que la planète
journal intime d'une délicieuse inconnue
Gaston Couté, poète paysan et libertaire
allez donc lire un poème au hasard
Le pitch
C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.
Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?
Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.
En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour. Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.
Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.
C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.
Ach !
No problemo
Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".
Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !
J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....