Linguapop, pour aimer une langue populaire qui s'invente chaque jour

Etre sur la béquille vs rester, s'endormir sur la béquille

La création métaphorique est absolument inépuisable. Merci à Patrick L. pour cette expression populaire dont le sens pourrait bien vous laisser sur le cul. Expression très masculine bien en rapport avec l'effet que peut produire chez l'homme le commerce des sens avec les dames.
En effet, quand certain soir on a bien réussi à séduire une femme et que les choses s'annoncent excitantes, il arrive qu'au dernier moment, pour tout un tas de raisons, elle ne veuille pas monter avec vous boire "un dernier verre". Alors, déçu, ombrageux, dépité, vous vous mettez au lit avec la trique, mais sans la fille. C'est donc ça être sur la béquille.

Mon estimé contributeur, Patrick, m'a fait savoir que l'expression exacte c'est "dormir" sur la béquille et non "être" sur la béquille. J'apprécie cette précision qui augmente considérablement la valeur de l'expression. C'est la preuve par 9 de  la richesse de notre lexique (poil à la trique).
C'est mon combat de tous les jours que de montrer l'empan (poil au fion) de la langue. On me reproche à l'envi tout aussi bien un langage sophistiqué, de haute volée, éventuellement affecté (poil au cul) qu'une langue débridée, relâchée, triviale, vulgaire (poil aux ovaires). La langue, ma langue est sans doute mon meilleur espace de liberté, celui où je décide aussi bien de partager que celui de rester seul entre moi et je. C'est selon.
Mer 2 avr 2008 3 commentaires
L'expression exacte serait plutot :

- dormir sur la béquille -

Elle fait bien référence à la frustration du mâle que tu décris.

Ami poète, bonsoir ou bonne nuit !
Patrick - le 10/04/2008 à 23h42
Si le poète est celui que des ailes de géant empêchent de marcher, ce n'est pas moi évidemment, quand bien même je l'eusse aimé. Si le poète est celui qui, même dans la boue de la langue, aperçoit des pépites auriphoriques et métafères, s'il est celui qui met au plus haut la langue poétisée des petits, du peuple, de ceux qui poétisent par incapacité de dire le réel avec les mots du réel; si le poète est celui qui, issu d'un milieu modeste mais riche d'envie, s'amuse du moindre mot, s'étonne, s'enflamme et se consume même devant l'idée tout autant que devant l'absence d'idée alors peut-être suis-je poète.
Bien entendu, il faut rectifier, être sur la béquille est général et insuffisant. Dormir sur la béquille intègre d'emblée le fait d'être dans un lit. Seul.
Merci de ta fidélité, Patrick.
Bien à toi.
Jacques
Jacques Michaud
lastic - le 17/09/2009 à 13h30

bel article exprimez vous librement par ce moyen d'expression, on aime ça :) merci

Alino - le 18/09/2010 à 22h33

Merci, j'adore les compliments...

Jacques Michaud

Jacques Michaud