Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 11:36
Il y eut autrefois le fameux :
Les sanglots longs
des violons
de l'automne
Blessent mon coeur
d'une langueur
monotone

Les Français parlent aux Français. La Résistance organisée à Londres (dont Pierre Dac était un "speaker" soit dit en passant) utilisait des messages codés pour communiquer avec les forces françaises de l'intérieur sans être comprise par les occupants.

Le poème fameux de Verlaine (Chanson d'automne) a été utilisé par Radio Londres, le 5 juin 1944 à 21 h 15, pour informer le réseau de résistance VENTRILOQUIST de l'imminence du débarquement en Normandie.

Aujourd'hui, pour contourner la loi électorale qui interdit de divulguer des résultats d'élections ou des sondages  avant 20 heures, le jour du vote, les réseaux sociaux envisagent d'utiliser des expressions métaphoriques via Twitter notamment. Du moins, c'est ce que rapporte le portail www.orange.fr. Voir ci dessous.

 

Photographe : Sebastien Bozon :: Une affiche électorale de François Hollande détournée photo : Sebastien Bozon, AFP

"On va se faire un code. +Le flan est au four+ ça veut dire Hollande au 2nd tour. +La tomate est mûre+, ça veut dire Mélenchon", propose @gchampeau: une allusion à un surnom malveillant du candidat socialiste ("Flanby") et à la couleur rouge, emblème du candidat du Front de Gauche.

D'autres préfèrent filer la métaphore footballistique: "Hollande" devient habilement "Pays-Bas", tandis que le tenant du titre Nicolas Sarkozy récupère le maillot de la Hongrie, pays d'origine de son père.

"Les Pays-Bas virent en tête devant la Hongrie à la mi-temps" (Je m'entraîne pour dimanche)", explique @Bip_Ed.

Etrange tournoi dans lequel apparaissent également la Norvège d'Eva Joly et le Maroc où est né Jean-Luc Mélenchon --qui hérite aussi parfois de l'URSS chez certains. François Bayrou a la casquette régionale de son Béarn, Marine Le Pen étant elle codée en divers régimes totalitaires d'extrême droite.

 Amusant, non ?

P.S. J'ajoute cette dernière minute : "Le nain chausse du 26 !" Je répète : "Le nain chausse du 26 !"

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 11:12

Comme les derniers chiffres du chômage n'étaient pas bons mais un peu moins pires que d'habitude, une journaliste sans doute un peu partiale n'a rien trouvé de mieux que de parler de la décélération de l'augmentation du chômage le mois dernier. Cela nous rappellera d'autres expressions tout aussi hasardeuses quoique savoureuses d'ingénuité...

"on est entré dans une période de croissance négative", ce qui évite de dire le gros mot de "récession".  Voilà bien, des litotes, si je ne m'abuse.

Autre phrase, culte, celle-là  : "j'ai peur, à cause de l'augmentation de la recrudescence" extrait du film, Viens chez moi, j'habite chez une copine (avec Michel Blanc et Thérèse Liotard). à moins que ce ne soit dans Marche à l'ombre.

Vous en connaissez d'autres ?

Pour tester vos compétences en matière de phrases cultes, voir le quizz :

http://www.quizz.biz/quizz-106159.html

 


VIENS CHEZ MOI j' HABITE CHEZ UNE COPINE par rambo100436

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : litote - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 17:18

Je connaissais jusqu'ici les émissions trou de serrure (genre téléréalité), voici le journalisme de fond de culotte. (Attention car en ce moment, les collants chient...ou plutôt "lécole en chie".

Une polémique agite le landerneau de la presse et de la politique. Elle oppose un certain Jean Quatremer qui vient de publier "La presse ne doit jamais s'interdire d'enquêter" à son alter ego de Libération Luc le Vaillant mais aussi à Jean-Luc Mélenchon . La question posée est récurrente et consiste à  se demander si on doit tout savoir sur les puissants de ce monde jusque dans leur état le plus intime. Il faut dire qu'après l'affaire DSK la question du secret peut être à bon droit posée. Ce qui ne préjuge en rien de la réponse. Lire donc l'article assez pimenté de Luc Le Vaillant, lequel use d'un langage coloré et imagé et utilise même une expression déjà classée dans ce blog : avoir les cuisses propres.

http://www.liberation.fr/politiques/01012393073-vers-un-journalisme-de-fond-de-culotte

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 16:59

Belle déclinaison de l'expression jouer à la roulette russe, attribuée à Nicolas Sarkozo par le Nouvel Obs du 2/02/12 p.46. Se plaignant de ce que les agences de presse ont été promptes à annoncer la perte du triple A de la France chez Standard & Poors, mais qu'elles ont été plus longues à relayer la décision de conserver AAA chez Moody's, le grand chef aurait dit : "Vous avez vu ça ? A l'annonce de Standard & Poor's, les programmes télé interrompus, les éditions spéciales...Et quand la note de Moody's est tombée, il faudra attendre quarante-cinq minutes (sic) pour voir une dépêche. C'est la roulette belge. Il y a une balle dans tous les barillets et je perds à tous les coups."

Effectivement. Certes. Sans doute. Mais ce n'est pas très grand seigneur de la part d'un homme qui monopolise comme on ne l'a jamais vu les médias, les conversations, les pensées et qui se plaint qu'on y déroge parfois.

C'est vrai que pour l'instant, les sondages disent eux aussi qu'il perd à tous les coups. Qu'est-ce qu'il va aller nous chercher, cette fois ? Y a pas un papy Voise qui traîne quelque part (cf. ci-dessous) ? un truc qui fait peur ? un attentat ? Que sais-je ?

Continuons le jeu par Pile ou Face ? Pile je gagne, face tu perds.

 

Papy Voise, l'homme qui est tombé à pic !


P_VOISE_1_INCENDIE par citizenone

Par Jacques Michaud - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 14:46

Expression relevée dans l'excellent documentaire Looking for Nicolas Sarkozy, de William Karel (France 2011), diffusé sur Arte. Elle ne concerne nullement notre héros intergalactique (Sarkozor)  mais bien plutôt, Angela Merkel, dont l'extrêmissime prudence, l'impossibilité de prendre le moindre risque d'impopularité dans son pays ont provoqué la naissance de cette amusante métaphore. Pour marquer cette propension à la prudence, je me contentais jusqu'ici d'évoquer l'expression : mettre ceinture et bretelles : des fois que la ceinture se détache, les bretelles retiennent le pantalon, des fois que les bretelles pètent, la ceinture fait son office.

Dans un sens légèrement différent, une prudence affirmée peut être notée par l'expression : sortir le parapluie. Il s'agit là, plutôt, des mille précautions prises dans un contexte professionnel pour éviter de s'en prendre plein la tête en cas d'erreur. C'est mettre en place tout une stratégie préventive permettant de dire ensuite "je vous avais prévenu" ou "mais vous avez bien signé" ou "c'est pas moi c'est l'autre".

 

Par exemple :

 

cf. http://www.villagesdeville.com/spip.php?breve100

 

Sortir le parapluie lundi 21 septembre 2009

Alain Juppé s’est livré à cette confidence lors de son chat avec les lecteurs du journal Sud-Ouest « Si l’Etat ne participe pas à hauteur de 50 millions d’euros, le grand stade à Bordeaux ne verra pas le jour. ». Or, la dotation vient d’être évaluée à 150 millions d’euros par le ministère du sport et de la jeunesse, pour la rénovation / construction de 9 stades au total. Une façon pour le maire de Bordeaux d’annoncer un futur nouvel échec pour la ville ?

 

 

 

Et l'original

 

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 13:48

Eh, va don', eh, capitaine de pédalo !

Eh, toi, t'es du bois dont on fait les marionnettes !

On ne saurait être plus aimable...Ce sont noms d'oiseaux tels que savent les envoyer Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Et  On est ainsi tout de suite en phase avec ce que représente l'union des sensibilités de gauche...Car s'ils se traitaient tout bonnement d'enculés, au moins on saurait qu'il y a injure. Et l'injure tue le message. Mais là, ces noms d'oiseaux en disent beaucoup plus long. Ils portent un sens évident :

Capitaine de pédalo, tout comme capitaine d'opérette, désigne bien celui qui n'a que le costume du rôle qu'il souhaite jouer. Une baderne, voire une baudruche, en somme.

Le bois dont on fait les marionnettes, sorte d'alternative à du bois dont on fait les flûtes, ajoute un sens supplémentaire : l'homme qui se présente est manipulé ou manipulable. Il n'est qu'un instrument au service d'une entité plus forte.

Pauvre Hollande, lui que Martine Aubry trouvait déjà mou (mou du genou ?) et flou (et quand c'est flou c'est qu'il y a un loup !) il devrait faire sienne la maxime : "Protégez-moi des mes amis, mes ennemis, je m'en charge."

S'envoyer des noms d'oiseaux, c'est s'invectiver à base de métaphores puisque les animaux ont longtemps servi de support à des comparaisons ou métaphores : tu es un âne, un âne bâté; celui-là est un ours, etc.

Pour les oiseaux on sélectionnera :

Pour exprimer la bêtise parfois entêtée : être une bécasse, une buse, un butor, un serin, une oie, une tête de piaf...

En y ajoutant un certain mépris machiste : c'est une grue, c'est une dinde...

Les hommes eux, intéressés qu'ils sont,  sont parfois des vautours.

Parfois ce sont des aigles et là, ils se reconnaissent volontiers dans la comparaison !

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 13:29

Un vieux coup de fatigue ou un petit coup dans le nez ou une situation où on s'emmerde un maximum et que, rapidement on commence à dodeliner de la tête, les yeux lourds. On les ferme par intermittence, oh, pas longtemps, pour ne pas paraître endormi mais on a besoin de donner ce calme à ses yeux. Le seul problème, c'est qu'on ne se rend pas toujours compte du temps qu'on passe à fermer les yeux. Surtout quand les interlocuteurs sont courtois. Dans les cas extrêmes, on entre dans le champ de la narcolepsie, endormissement subit, absolument pas maîtrisé, fréquent paraît-il chez ceux qui font des apnées du sommeil.

Peser les cerises, c'est dodeliner de la tête, en luttant contre le sommeil. Pierre DesRuisseaux, dans son Dictionnaire des expressions québécoises, signale "Planter des clous" ou "Cogner des clous". Egalement en québécois, "planter des piquets". Il faut bien admettre que tout ça est très visuel.

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 13:21

 

Une fois n’est pas coutume, je me contenterai de citer un lecteur de Télérama dont le courrier a été publié peu après l’Euro de basket en hommage à Jacques MONCLAR (28/09/2011, n°3220). Courrier signé LALOY JARDIN, extrait  :

 

« En matière de langue fleurie, le rugby avait déjà relégué le foot au rang de petit joueur. C’était compter sans la vague bénie du basket de ces dernières semaines et le répertoire du basketteur et commentateur Jacques Monclar, qui connaît ses classiques et les réinvente en permanence. De la grande création, dont j’ai noté quelques saillies pour les absents : « Joachim Noah est en mode aspirateur » (sur tous les rebonds), « Il a sorti le gadgetobras »(intercepté le ballon, marqué un panier improbable…), « Ah ! celui-là, il est en mode Marsupilami (vous devinez), « Allez les voleurs de Mobylette » (contre-attaque à toute vitesse), « Et il était là pour mettre le couvercle » (finaliser le panier) (…) « Il est chaud comme une baraque à frites », « Il a le cardio qui est monté aux lustres », « Va falloir leur mettre un coup sur la truffe définitif ». Et enfin : « Fais-moi frémir la ficelle ». Merci, monsieur Monclar

 

 

Et pour voir les qualités d'analyste de jeu du bonhomme voir :

http://youtu.be/dgzHwdip_es

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



Pour rechercher si une expression est présente dans Linguapop :

 

Avec l'initiale d'un mot-clé, cherchez parmi les tables ci-dessous dans Pages (attention, pour l'instant, un tiers seulement de linguapop a été mis en table)

 

ou utilisez la fonction "rechercher" du site over-blog

 

 

Recherche

Blogs amis/aimés

galiscooking, blog culinaire 

naturnet, pour ne pas mourir en même temps que la planète

journal intime d'une délicieuse inconnue

Gaston Couté, poète paysan et libertaire

allez donc lire un poème au hasard

 

 

 

 

 

 

Lexicojolie

 

Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés