Jeudi 4 février 2010
4
04
/02
/2010
16:44
Cette action procède apparemment d'une profonde bêtise et ressemble à un
suicide. Par conséquent elle suppose un évident volontarisme dans l'auto-destruction. C'est apparemment ce que nous faisons collectivement avec la terre puisqu'en la pillant, en la surexploitant
au profit de minorités nous exténuons la planète sur laquelle nous vivons. Evidemment, cela fait toujours un peu boy-scout que de dire ça, dans une sorte de démagogie du pauvre d'esprit qui
répéterait ce qu'a dit le dernier qui a causé. Certes, il peut y avoir de ça et certaines attitudes et travers des écologistes peuvent nuire à l'idée de sérieux posée dans cette question
fondamentale : sommes-nous en train de tuer la planète sur laquelle nous vivons ? Il est vrai que chacun se dit qu'il ne verra pas lui-même cette extrémité, que cela prendra des centaines,
voire des milliers d'années et que peut-être cela n'aura jamais lieu. Certes. Mais nos enfants des générations même éloignées de nous nous accuseront. Ils pourront dater en même temps que
l'essor industriel le début de la fin. Ils pourront même dater le début de notre prise de conscience, ce qui révélera encore plus le cynisme et l’égoïsme des gens qui vivent aujourd'hui si nous
ne faisons rien.
Et quand bien même la terre ne serait pas menacée, n'est-ce pas suffisant de se dire qu'elle ne profite pas dans sa générosité au plus grand nombre et qu’en cela il y a de l’insupportable ?
Expression voisine : se tirer une balle dans le pied. Le sens est voisin mais amplifie le sens de la bêtise.
Actuellement, une campagne sur le web fait la promotion d'un film de Jean-Paul Jaud "Nos enfants nous accuseront". Il paraît (mais n'est-ce pas un hoax ?) que la sortie en salle dépendrait du
nombre de connexions à la bande annonce dans un délai très court...
Même si c'est un hoax, c'est en tout cas d’un marketing efficace.
J'ai regardé cette bande annonce, faites comme moi ! Mais que vaut le film ? Je n’en sais rien.
http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Dimanche 31 janvier 2010
7
31
/01
/2010
11:34
Il arrive assez fréquemment que certains de mes lecteurs étrangers fassent traduire (plus ou moins automatiquement) un de mes articles. C’est curieux d’examiner un
de ses propres textes mystérieusement transcrit en arabe, chinois, russe ou japonais…
Il y a déjà quelque temps (Ô temps suspends ton vol !) une collègue galloise m’avait fourni quelques textes passés par traduction automatique de l’anglais au
français. Le résultat était à pisser de rire pour les filles, à se fendre la gueule pour les garçons, à
se tenir les côtes pour les ambidextres.
Les traductions via le web ont fait de gros progrès, toutefois mon niveau d’anglais ne me permet pas toujours de savourer avec une grande précision l’écart entre les
deux versions. Mais peut-être en est-il autrement de vous qui avez peut-être appris l’anglais ailleurs qu’en France ?
Je vous livre en face à face les deux versions d’une traduction Google d’un article publié en 2006. Vos commentaires concernant cette traduction me seraient un
bonheur. Hélas, je ne méconnais pas les occupations autrement importantes dont vous êtes le jouet mais je ne désespère pas d’accaparer pour quelques
instants votre sémillante excellence…
Les guette-au-trou
Cette expression désigne le plus souvent la corporation des sages-femmes qui, depuis
des générations, mesurent d’heure en heure puis de quart d’heure en quart d’heure la dilatation de ce trou par lequel , tous, nous sommes passés à notre naissance (ce qu’on mesure, c’est la dilatation du col de l’utérus m’a confirmé ma guette-au-trou de fille). A une
certaine époque, presque jusqu’aux année 60, on mesurait ce trou en équivalent pièce de monnaie des anciens francs. Cela devenait intéressant à la
taille de la pièce de 5 francs. Après, la naissance du moutard arrivait….
|
The watching-the-hole
This
term usually refers to the guild of midwives, for generations, measured by the hour and fifteen minutes to fifteen minutes in the expansion of the hole through which we all have moved
to our birth (so far is the dilatation of the cervix confirmed to me by my hole-in-girl). At one time, almost the 60s, we measured the hole equivalent coin of old francs. It became interesting to the size of the 5-franc piece. After the birth of the youngster coming soon…
|
Measuring instruments for watching-in-hole during the baby boom after the war
Instruments de mesure pour quette-au-trou lors du baby-boom de l’après-guerre
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Mardi 26 janvier 2010
2
26
/01
/2010
12:03
Bien sûr, visuellement, on imagine le cireur de chaussures
(les pompes*) en train de faire son travail dans une position d'infériorité (mais
n'oublions jamais que le cireur a la possibilité de cracher sur les pompes de celui qui le paie pour ce service. N'oublions jamais, d'ailleurs, que même le serveur de restaurant que vous
maltraitez a lui aussi la possibilité de cracher dans la soupe).
Cirer les pompes, c'est évidemment avoir une attitude et même parfois une logorrhée servile auprès
d’un (supposé) plus puissant que soi. Prenez par exemple un des courtisans de la république dans la comédie du pouvoir : ces courtisans n'ont
même pas le sens de leur propre ridicule ou du moins ils escomptent des avantages qui font passer la pilule de
l'inféodation.
De même sens et déjà évoquées peut-être (car la richesse de ce blog est telle que son propre auteur s'y emmêle un peu les
crayons, voire les pinceaux) :
Servir la soupe
Passer la main dans le dos (frotter le dos)
Lécher le cul (un
lèche-cul)
Lécher les bottes (un lèche-bottes)
* les pompes : certaines chaussures de mauvaise qualité, aux semelles peu imperméables avaient
malheureusement tendance à aspirer l'humidité des rues et la liquidité des flaques. En ce sens, c'étaient des pompes. Heureusement aujourd'hui tout cela est du
passé...
*cracher dans la soupe, métaphoriquement, c’est dire du mal de celui qui vous fait vivre (par
exemple un commercial qui dit du mal – parfois à juste titre- de son employeur).
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Jeudi 31 décembre 2009
4
31
/12
/2009
18:37
Expression relevée dans Pour tout l'or des mots, de Claude Gagnière, Bouquins, Robert Laffont
Ce demain, après un réveillon peut-être bien arrosé, beaucoup d'entre nous auront les yeux en lettre de faire-part, c'est-à-dire les yeux cernés de fatigue,
voire pochés. On peut supposer que l'explication réside dans ces avis de décès qui étaient envoyés ou publiés autrefois et qui comportaient un liseré noir pour exprimer le deuil.
Pour ceux qui auront abusé de la boisson, ne pas oublier qu'il vaut mieux soit redémarrer le four chaud, soit rallumer la chaudière (cf.archives).
Les mains dans les poches sous les yeux par Yvan Dautin
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Mardi 15 décembre 2009
2
15
/12
/2009
18:54
Julien Clerc se demande où vont les avions quand ils s'envolent et moi je me demande comment naissent certaines expressions imagées et
métaphoriques. Comme je suis un homme pressé, je ne cherche pas les origines et les tralalas pendant des plombes (il faut que ça vienne tout de suite ou que ça dise pourquoi). De plus, les gloses
et exhumations (des autres !) sont parfois fumeuses et sujettes à caution (ce qui m'arrange bien puisque d'authentiques vérités il n'y a pas ou il y a peu, pourquoi y serais-je moi-même obligé
?).
Je voudrais bien vous donner les origines des expressions mais j'ai toujours un peu de mal à me retourner et à regarder derrière ( toutefois j'aime beaucoup regarder des derrières !). Suis-je
la réincarnation d'un cheval pour ne regarder que droit devant (mais avec des oeillères, bien sûr, faites-moi le crédit de croire que je ne m'y crois pas) ?
Qu'on ne s'y trompe pas, ce blog est bien tourné vers une langue en action, c'est-à-dire une langue qui est douée (dotée) d'un sens. Je ne nie pas l'intérêt pour la recherche philologique
mais je ne peux l'assumer. Je suis bien d'ailleurs à la recherche d'un alter ego sérieux qui ferait ce boulot de terrassier de la langue pendant que moi je divaguerais dans les herbes folles du
terrain vague des métaphores qui jouxte le cimetière des expressions perdutes.
Les statistiques me montrent que ce blog est lu par de nombreux étrangers qui approchent notre langue par son aspect populaire et sa poésie vulgaire (au sens latin du vulgus). Et eux s'en
battent les couilles de savoir d'où vient l'expression. Ce qu'ils veulent c'est savoir ce qu'elle veut dire.
Ce vaste préambule pour vous amener à admettre que je ne trouve pas d'origine à l'expression : faire un effet boeuf. Dans ces cas-là, j'appelle à mon secours un zélé zoulou qui me
trouve toujours des pistes dégagées.
Faire un effet boeuf, c'est faire un très gros effet, un énorme effet , à quelqu'un. C'est très souvent lié à la séduction inter-sexuelle (bon, ben là, je parle pour moi).
Faire un effet boeuf, c'est potentiellement être capable de générer des coups de foudre. Pourtant le boeuf est légèrement assexué ! je n'y comprends décidément
rien.
Par ailleurs, pour moi qui aime participer à des boeufs (et là on ne prononce pas des "beux", excusez, je n'ai pas l'écriture phonétique sur mon computeur), je me suis intéressé à cette explication
issue de Wikipedia
"L'expression française « faire un bœuf » vient du restaurant Le Bœuf sur le toit,
situé 28 rue Boissy d'Anglas dans le 8ème arrondissement à Paris. Ce restaurant était le lieu de rassemblement de Jean Cocteau et des musiciens proches des Six. C'est là que débutèrent notamment Léo Ferré, Marcel Mouloudji, Charles Trénet ou encore les Frères Jacques. Au début du XXe siècle, les musiciens allaient en
fin de soirée s'y rencontrer pour pratiquer ensemble de longues jam sessions, qu'ils finirent par désigner par l'expression « faire un bœuf ».
Une jam session (littéralement « session d'improvisation » en anglais) est une séance musicale improvisée, basée sur des standards
lorsqu'il s'agit de jazz et à laquelle peuvent se joindre différents musiciens. On dit alors que l'on fait une jam. On utilise parfois le terme « bœuf » en
français : « faire le bœuf », « taper le bœuf » ou encore « bœuffer ».
Le terme jam est généralement utilisé pour le jazz, le Hip Hop et le reggae. Pour le rock, on parlera plus volontiers
de bœuf, alors que les musiciens cubains, de
jazz latin et de salsa parlent plutôt de descarga (« décharge »).
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Dimanche 6 décembre 2009
7
06
/12
/2009
12:46
Point barre
Point à la ligne
Le statut métaphorique de ces deux expressions strictement équivalentes est singulier : point barre ou point à la ligne substituent une image graphique (au
clavier de l'ordinateur un point avec une barre "slash" voire une double barre ou bien un point avec un renvoi à la ligne pour créer un nouvel alinéa ou paragraphe).
C'est l'expression imagée de la clôture unilatérale d'une discussion. Cela veut dire, "c'est comme ça, je ne changerai pas d'avis. Il est inutile de discuter".
Voilà donc des expressions qui m'exaspèrent. Qu'un interlocuteur puisse décider de clore toute discussion par une déclaration péremptoire me paraît toujours un aveu de faiblesse...et ne me lie en
aucune façon./
Point barre !
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Lundi 30 novembre 2009
1
30
/11
/2009
18:44
Cette expression délicieuse et un brin coquine vient de remonter comme une bulle de gaz à la surface de mon lac cérébral, après un long enfouissement sous la vase du
temps. Je me demande même si je ne l'ai pas directement inventée, cette expression. Mais j'ai le droit puisque je suis chef de moi !
Mais ça m'intéresserait de savoir si un jour vous la ouïtes car je crois qu'elle existe, telle quelle ou en avatar (disons que la mienne serait elle-même l'avatar).
De fait, l'expression première et consacée est "jeter sa gourme" (1), ce qui signifie , faire ses premières expériences, faire ses premières frasques, au sortir de l'adolescence.
Jeter sa culotte par-dessus les moulins ajoute bien sûr une notation féminine et une connotation de libération sexuelle.
(1) C'est dégueulasse, la gourme. Little Bob m'apprend que c'est une maladie de peau (dermatose) qui affecte le cuir et le visage des enfants crados. De manière figurée, et parallèle, ne peut-on
pas penser que c'est au sortir des crises d'acné juvénile, après avoir liquidé leurs points noirs, comédons et autres bulles sébacées, les ado peuvent alors vivre leur vie sexuelle ?
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore
Vendredi 27 novembre 2009
5
27
/11
/2009
20:11
Un nouveau lecteur de ce blog a eu la gentillesse de m'adresser son ouvrage rassemblant une année de ses chroniques langagières publiées dans le
quotidien L'avenir du Luxembourg (1) . J'y ai déniché entre autres cette perle rare d'expression métaphorique...Elle est si savoureuse que je ne pouvais manquer de vous la présenter.
Zapf DINGBATS, regrettant que de telles expressions soient méconnues propose ce commentaire :
"Eventer, c'est figurément divulguer, ébruiter, faire
voir, faire connaître. Et c'est aussi, au propre, exposer au vent. Or quoi de plus exposé au vent et au regard que le postérieur d'un couvreur dans l'exercice de sa fonction ? Je vous le
demande."
(1) in Matière à dispute, par Zapf DINGBATS & Palix, Editions Weyrich (Préface de Claude Duneton)
Par Jacques Michaud
-
Publié dans : métaphore