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Gaston Couté, poète (paysan, libertaire)

 

 

Un site comme le mien mais mieux, enfin plus classe

 

 

  Le Dictionnaire de la Zone
 


 

La rubrique du Zoulou
J'appelle le Zoulou (car il signe du pseudo "zulunation") un lecteur fort documenté qui réagit souvent et pertinemment à certains des articles

à propos de l'article : Un Comité Théodule

Le Zoulou nous a trouvé le document d'archives correspondant à l'INA (attention, il vous faudra très certainement télécharger QuickTime

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00012370


à propos de l'article : Ne plus avoir mal aux dents

"une petite piste pour une petite lumière (mais assez convaincante) sur la curieuse origine de la dentition associée au concept de mort nous est proposée par Fernand Carton dans son livre "Expressions et dictons du Nord Pas-de-Calais" (2007) :

[...]
"Désignation
plaisante et euphémique du cimetière : 'L'gardin des graignards' (Roubaix, Tourcoing) est le jardin des gens qui grimacent, qui font la moue. Le 'graignard' est l'éternel mécontent, il se plaint toujours. Dans les pays miniers, on l'appelle 'grigne-dints'. 'Grigner' (du moyen-néerlandais 'grenen'), c'est grincer des dents. A Valenciennes, 'Grigne-dents' est la Mort personnifiée, sous la forme d'un crâne où les dents découvertes font comme un rictus. De l'idée qu'il est bon de vivre, on déduit que les défunts sont mécontents, conception païenne ou allusion aux pleurs et grincements de dents de l'Evangile de Mathieu (25.30).
Les multiples désignations du cimetière révèlent l'imagination satirique des paysans qui se vengeaient de la Camarde par l'arme de la dérision. L'au-delà redouté est gommé par le réalisme terre à terre, sorte de transgression comique à cause de l'opposition entre le sens funèbre et les mots du quotidien. Le cimetière c'est 'du qu'in n'a pus d'ma à ses dints', où on n'a plus mal aux dents (Tourcoing)."

Notre expression du jour "il n'a plus mal aux dents" serait donc là pour désigner un cadavre tellement ancien que même ses restes squelettes n'en conservent pas les dents ! "


à propos de l'article : Mettre du baume au coeur ...

(...) pour ne pas quitter cette histoire de coeur, il me semble que dans "Marius" de Pagnol, c'est plutôt César - au cours d'une partie de Manille - qui tient cette réplique à Panisse, réplique d'ailleurs destinée réellement à Escartefigue pour lui dévoiler le jeu à venir de Panisse.
Il s'agit donc d'une tricherie, d'une manipulation, comprendre pour Pagnol d'une "vraie" histoire de coeur ...




Le courrier des lecteurs
(pour participer, utilisez les commentaires, sous n'importe article)


Anne-Laure B.
Mettre le pouce dans la balance

"J'ai employé aujourd'hui dans un cadre professionnel, avec des "jeunes", la formule "mettre le pouce dans la balance". Il s'agissait de publier des chiffres économiques significatifs et je désapprouvais un arrondi "à la hussarde" (2 pour 1,53 je crois). Du coup, j'ai dit quelque chose comme "on ne va pas mettre le pouce dans la balance", ce qui m'a valu en retour un regard perplexe, comme si ma remarque avait semblé totalement incompréhensible en dehors d'un contexte où j'aurais eu un crayon de bois coincé sur l'oreille, un grand tablier et un petit carnet pour faire "a la mano" les additions comme les commerçants des marchés de mon enfance."
se faire plomber
"j'ai été un peu déconcerté par vos réflexions sur le verbe "plomber", et je suis allé vérifier dans mes nombreux bouquins. Je suis rassuré, car Caradec, Colin, Gordienne, Le Breton...lui donnent bien, entre autres sens, celui de : contaminer par relations sexuelles. Mais "plomber", ou "plomber de la gargue", c'est aussi "taper du saladier" ou "refouler du goulot", autrement dit : avoir une haleine fétide.

 
Gilou le Flahute, à propos de l'expression :

 

Quant au "nase" ou "naze", employé substantivement, c'est même la syphilis, tout simplement. Les mêmes auteurs citent aussi, mais sans exemple, "être du syndicat" pour : appartenir à la confrérie des syphilitiques. La "castapiane", elle, désigne surtout la blennorragie, ce qui ne vaut guère mieux. La "chtouille", dont vous parlez, semble désigner les deux. C'est vrai qu'il y a de quoi être passionné par une langue aussi riche !"


Etre aux taquets (commentaire de Anne-Laure B.)


  • "Mon fils de 12 ans me signale que tous les profs de voile emploient cette expression le matin vis-à-vis de leurs ouailles pour leur demander s'ils vont y aller à donf ! Comme la voile coincée aux taquets lorsqu'elle est bordée au maximum pour filer bon train. "






 

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Si vous êtes mot-croisiste ou souhaitez le devenir, un cruciverbiste ami de ce blog a publié il y a quelques jours  "L'argot pour les caves et par les cases !", sous le pseudo de Gilou le Flahute, éditions de Vecchi.
En attendant, essayez de résoudre cette définition de l'inénarrable Max (Favalelli) :
en 9 lettres,
Patrie pour pirate

La solution : Anagramme (pirate est l'anagramme de patrie)

De Anne- Laure B.

"Mon fils de 12 ans me signale que tous les profs de voile emploient cette expression le matin vis-à-vis de leurs ouailles pour leur demander s'ils vont y aller à donf ! Comme la voile coincée aux taquets lorsqu'elle est bordée au maximum pour filer bon train. "

 

Expressions les plus visitées

En travaux


Dimanche 5 juillet 2009

Il ya quelque temps déjà, je vous proposais une grille en langue verte de Gilou le Flahute (Cf. à gauche). En voici la solution (merci Gilou).

 

 

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NOTES

 

I          Pas plus, d'ailleurs, qu'un pet de lapin

III       Au bigne ou au chtard, une chose est sûre : vous vous êtes fait poisser

IV       Mais il est nettement plus apprécié avec un bout de bricheton et un kil de rouge

VIII    La bonne ferte est la bonne aventure de Mme Irma, et a donc peu à voir avec

les prophéties messianiques

 

1          Ces limaces sont au contraire fort utiles, puisque ce sont ici des chemises de nuit

2          Rappelons que plomber quelqu'un, c'est lui transmettre une MST. Du temps de

la syphilis, être nase (ou naze), c'était être contaminé

3          Sans pour autant être une oie blanche. Le jars (ou jar) est ici, et depuis longtemps,

la langue des malfaiteurs

7          Le lorgne est en effet l'un des noms de l'as, aux cartes

8          Roustir signifie aussi voler, dérober

9          La lessiveuse est l'un des nombreux noms de la mitraillette, le P.M. Sten

            en restant l'un des fleurons

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Samedi 4 juillet 2009
Une fois n'est pas coutume et sachant que je fais ce que je veux je ferai une entorse à ma règle : point ici de métaphore, ni de synecdoque, tout juste un peu d'ironie : la loi est dure, mais c'est la loi (dura lex, sed lex). Aujourd'hui, la loi, c'est celle des puissants qui ont beau jeu d'encourager le populo à se ranger à leurs aphorismes. Moi, je m'en fous qu'il y en ait qui se la pètent et exhibent leurs pauvres signes extérieurs de richesse. Obligés d'acheter des sacs universellement marron avec des petites lettres en frise, obligés de porter un petit crocodile universellement vert, obligés de se carrer de l'hermès à gerber au-dessus de leur petit costard uniforme, etc. Le panurgisme et la grégarité crasse font que même certains pauvres (on peut être pauvre et con!) se croient obligés d'acheter des copies, des sacs à deux balles, des polos au crocodile malhabile. Il paraît que les petites japonaises de 14 ans sont out si elles ne possèdent pas le malheureux sac marronnasse dégueu de chez Louis V (après l(o)ui, ce sera Louis VI le Gros) . Ce grand adolescent de Séguéla (ci-devant grand communicateur du socialisme à la rose) a prononcé un aphorisme fort du genre : si à 50 ans t'as pas ta rolex, t'as raté ta vie. Est-il besoin de dire que, moi-même, je n'ai pas de Rolex et que si j'ai raté ma rolex c'est qu'il me reste la vie ?
Mon ami Franck W. se fout joyeusement de la gueule du ci-devant en créant ce T.shirt (disponible sur commande, je vous donnerai son adresse).




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Mercredi 1 juillet 2009

Entendue cet après-midi, en situation.
Vous savez, tous ces gens qui veulent devenir fonctionnaires et qui ne souhaitent qu'un boulot pépère, un truc où on ne risque rien et où on ne se salit pas trop. Ben voilà, ils veulent travailler chez Miss Cravate ! Ah, les branleurs ! alors que nous, je vous dis pas, on bosse comme des dingues, à en perdre haleine.
Savez-vous que c'est une grande joie que d'écouter les discours des autres avec un pur point de vue d'esthète de la langue ? On s'emmerde moins à entendre toutes les conneries diamétralement débitées (je dis bien diamétralement car le débitage de conneries confine parfois pour moi au découpage de saucisson qui, que je sache, a bien à voir avec la notion de diamètre). Les contenus (le fond (qu'on touche d'ailleurs assez souvent)) disparaissent pour l'esthète derrière la forme, bien plus importante et autrement nourrissante (que le saucisson).

Merci à celui qui m'a mis en joie et jamais ne le saura.

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Mardi 30 juin 2009

Anne-laure B. se pique au jeu et en tout cas, elle a bien mordu à l'hameçon de ce blog. Elle nous propose cette délicieuse expression "entendue le week-end dernier (en Dordogne toujours) : (...) Bon, là, j'avoue, je n'ai pas compris. Elle s'est fâchée ? Elle s'est fait mal ? Non : elle est enceinte "jusqu'aux dents".

Chez nous (sur les bords de Loire entre Beauce et Sologne), la variante est minime car on utilise l'expression : être tombée sur un clou rouillé, qui a strictement le même sens : "tomber" enceinte. J'avoue que le "tomber" me ravit et me fait rire à chaque fois tant il est utilisé par certains sans prêter à ce "tomber" toute sa mesure de fatalité, bonne ou mauvaise fortune, hasard. Tout comme on tombe sur le mauvais (ou le bon) numéro.
Variante aussi de "enceinte jusqu'aux dents" : enceinte jusqu'aux yeux. Une autre expression que j'utilise affectueusement à l'égard des femmes tellement heureuses d'annoncer leur grossesse presque avant que ce soit raisonnable : "elle est enceinte d'un quart d'heure". Joli, non ?
En son temps on a pu évoquer de beaucoup plus triviales expressions telles que "avoir un polichinelle dans le tiroir/placard ou encore : avoir un pain au four...
Allez, peut-être avez-vous d'autres ressources ?

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Lundi 29 juin 2009
Voilà une expression étrange, si improbable qu'elle en tire (de son improbabilité (je dis ça au cas où il faudrait vous mettre les points sur les i)) (remarquez que j'ai fermé la double parenthèse : il est vrai que je vous ménage !) sa véracité populaire (le gros bordel dans la phase, c'est fait exprès : j'aime bien foutre la merde).
Merci à DLC pour cet apport ponctuel et rare qui mérite d'être amplifié, car l'homme, je le sais, a de la ressource en matière langagière.
Cela, donc, signifie qu'un mets qu'on ingurgite est très amer.
"Amer comme la suie, amer comme chicotin", dit aussi Little Bob que je m'en suis allé convoquer in petto. Mais point de chat qui pisse au coin du dictionnaire, évidemment : le dictionnaire des expressions du langage populaire reste à faire.
J'avais en son temps noté l'expression "dur comme chicotin", expression populaire erronée mais que j'avais entendue et donc respectée comme fait de langue. Car vous l'avez compris, j'aime l'erreur tout autant que la vérité.
Le chicotin est un suc extrait de l'aloès. Il confirme donc la comparaison signifiant l'amertume et infirme l'autre.
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Dimanche 28 juin 2009
Je crois pouvoir décerner le prix du chroniqueur politique le plus métaphorique, à Thomas Legrand, de France Inter, qui outre l'acuité critique, utilise abondamment et fréquemment des expressions imagées. En terme économique, faire les fonds de cuve, c'est gratter tout ce qu'on peut gratter dans une situation donnée (je ne sais plus vraiment de quoi il parlait).
Peut-être pourrait-on renvoyer à cette autre jolie expression : retourner ses poches , juste avant de devenir raide comme un passe-lacet.
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Jeudi 25 juin 2009
Bien entendu, dès qu'un Airbus ne répond plus ou n'émet plus sur sa fréquence, on est dans le silence radio au sens propre. Le silence radio du vol Rio-Paris a tout de suite été considéré comme inquiétant. A juste titre.
En revanche, en langue populaire, le silence radio est un silence généralement volontaire et assumé, chargé de sens. Le silence radio des gouvernements empêtrés dans leurs impossibilités de prendre position, rapidement, sur la manière dont sont bafoués les droits de l'homme dans la crise iranienne.
Moi, en ce moment, par exemple, devant certaines injonctions, devant les inepties et les mauvaises fois, j'ai très souvent envie de faire silence radio.
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Lundi 22 juin 2009
Merci Benn pour cette intéressante expression, frais (1) émoulue de la petite chaîne qui monte (M6) et non pas de la grande chaîne qui descend (TF1) (le Canard Enchaîné dixit). Ca sent sa création inopinée (mais contente quand même !) et cet état de langue nous intéresse évidemment.
Elle (la meuf du titre) est donc sociable, avenante, prête à parler à n'importe qui, un peu comme si elle ne voyait rien de rebutant chez qui que ce soit. C'est la définition même de la générosité, à ceci près que celle dont on parle se fait plaisir en parlant. Son besoin d'aller vers l'autre est limite pathos. J'exagère.
En tout cas, moi, je fuis le truc. On va encore dire que je suis au bord de la misanthropie. OK, si vous voulez.
Ceci dit, je vais vous avouer un truc, quand je suis en société et que je ne sais trop quoi dire, je repère les bavards aux chiens jaunes, je les branche, je les écoute en picolant.
Chacun sa merde !

(1) Pour les empêchés de l'orthographe qui seraient trop contents de croire que j'ai fait une faute : frais ne peut être qu'un adverbe (par conséquent invariable). Essscusez, je peux pas m'en empêcher !
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Lexicojolie

On en apprend toujours
 
Etre dromomane

J'aime ce mot qui m'a été légué par un des mes professeurs de littérature féru de Jean-Jacques Rousseau qui était, selon lui, dromomane, c'est-à-dire toujours prêt à marcher, à aller ailleurs, à fuir aussi puisque il n'hésita pas à abandonner ses mômes (du grec dromos : fuir, se déplacer et le morphème -mane (habitude, manie)..
La marche était consubstantielle à Rousseau, il est vrai (les Rêveries d'un promeneur solitaire). En quoi cela était-il pathologique ? J'avoue que je ne saurais le dire.
Je me sens dromomane de la pensée. Il est vrai qu'on m'a toujours dit que j'étais "ailleurs".

Etre en capilotade 

Voilà une expression qui ne paraît nullement imagée en premier rideau. Elle signifie être "en piteux état, en miettes, en marmelade" (cf. Petit Bob). Je l'utilise quant à moi pour dire que je suis en vrac, au bout du rouleau, complètement déjanté et légèrement à la ramasse comme après une demi-journée d'un boulot de con.
Si l'expression n'a plus rien d'imagé aujourd'hui, il est tout de même intéressant d'en voir la formation. Ce mot vient de l'espagnol "capirotada qui signifie "ragoût de câpres". Ainsi, il m'arrive d'avoir le dos en ragoût de câpres...

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