Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 14:46

Expression relevée dans l'excellent documentaire Looking for Nicolas Sarkozy, de William Karel (France 2011), diffusé sur Arte. Elle ne concerne nullement notre héros intergalactique (Sarkozor)  mais bien plutôt, Angela Merkel, dont l'extrêmissime prudence, l'impossibilité de prendre le moindre risque d'impopularité dans son pays ont provoqué la naissance de cette amusante métaphore. Pour marquer cette propension à la prudence, je me contentais jusqu'ici d'évoquer l'expression : mettre ceinture et bretelles : des fois que la ceinture se détache, les bretelles retiennent le pantalon, des fois que les bretelles pètent, la ceinture fait son office.

Dans un sens légèrement différent, une prudence affirmée peut être notée par l'expression : sortir le parapluie. Il s'agit là, plutôt, des mille précautions prises dans un contexte professionnel pour éviter de s'en prendre plein la tête en cas d'erreur. C'est mettre en place tout une stratégie préventive permettant de dire ensuite "je vous avais prévenu" ou "mais vous avez bien signé" ou "c'est pas moi c'est l'autre".

 

Par exemple :

 

cf. http://www.villagesdeville.com/spip.php?breve100

 

Sortir le parapluie lundi 21 septembre 2009

Alain Juppé s’est livré à cette confidence lors de son chat avec les lecteurs du journal Sud-Ouest « Si l’Etat ne participe pas à hauteur de 50 millions d’euros, le grand stade à Bordeaux ne verra pas le jour. ». Or, la dotation vient d’être évaluée à 150 millions d’euros par le ministère du sport et de la jeunesse, pour la rénovation / construction de 9 stades au total. Une façon pour le maire de Bordeaux d’annoncer un futur nouvel échec pour la ville ?

 

 

 

Et l'original

 

 

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 13:48

Eh, va don', eh, capitaine de pédalo !

Eh, toi, t'es du bois dont on fait les marionnettes !

On ne saurait être plus aimable...Ce sont noms d'oiseaux tels que savent les envoyer Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Et  On est ainsi tout de suite en phase avec ce que représente l'union des sensibilités de gauche...Car s'ils se traitaient tout bonnement d'enculés, au moins on saurait qu'il y a injure. Et l'injure tue le message. Mais là, ces noms d'oiseaux en disent beaucoup plus long. Ils portent un sens évident :

Capitaine de pédalo, tout comme capitaine d'opérette, désigne bien celui qui n'a que le costume du rôle qu'il souhaite jouer. Une baderne, voire une baudruche, en somme.

Le bois dont on fait les marionnettes, sorte d'alternative à du bois dont on fait les flûtes, ajoute un sens supplémentaire : l'homme qui se présente est manipulé ou manipulable. Il n'est qu'un instrument au service d'une entité plus forte.

Pauvre Hollande, lui que Martine Aubry trouvait déjà mou (mou du genou ?) et flou (et quand c'est flou c'est qu'il y a un loup !) il devrait faire sienne la maxime : "Protégez-moi des mes amis, mes ennemis, je m'en charge."

S'envoyer des noms d'oiseaux, c'est s'invectiver à base de métaphores puisque les animaux ont longtemps servi de support à des comparaisons ou métaphores : tu es un âne, un âne bâté; celui-là est un ours, etc.

Pour les oiseaux on sélectionnera :

Pour exprimer la bêtise parfois entêtée : être une bécasse, une buse, un butor, un serin, une oie, une tête de piaf...

En y ajoutant un certain mépris machiste : c'est une grue, c'est une dinde...

Les hommes eux, intéressés qu'ils sont,  sont parfois des vautours.

Parfois ce sont des aigles et là, ils se reconnaissent volontiers dans la comparaison !

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 13:29

Un vieux coup de fatigue ou un petit coup dans le nez ou une situation où on s'emmerde un maximum et que, rapidement on commence à dodeliner de la tête, les yeux lourds. On les ferme par intermittence, oh, pas longtemps, pour ne pas paraître endormi mais on a besoin de donner ce calme à ses yeux. Le seul problème, c'est qu'on ne se rend pas toujours compte du temps qu'on passe à fermer les yeux. Surtout quand les interlocuteurs sont courtois. Dans les cas extrêmes, on entre dans le champ de la narcolepsie, endormissement subit, absolument pas maîtrisé, fréquent paraît-il chez ceux qui font des apnées du sommeil.

Peser les cerises, c'est dodeliner de la tête, en luttant contre le sommeil. Pierre DesRuisseaux, dans son Dictionnaire des expressions québécoises, signale "Planter des clous" ou "Cogner des clous". Egalement en québécois, "planter des piquets". Il faut bien admettre que tout ça est très visuel.

 

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 13:21

 

Une fois n’est pas coutume, je me contenterai de citer un lecteur de Télérama dont le courrier a été publié peu après l’Euro de basket en hommage à Jacques MONCLAR (28/09/2011, n°3220). Courrier signé LALOY JARDIN, extrait  :

 

« En matière de langue fleurie, le rugby avait déjà relégué le foot au rang de petit joueur. C’était compter sans la vague bénie du basket de ces dernières semaines et le répertoire du basketteur et commentateur Jacques Monclar, qui connaît ses classiques et les réinvente en permanence. De la grande création, dont j’ai noté quelques saillies pour les absents : « Joachim Noah est en mode aspirateur » (sur tous les rebonds), « Il a sorti le gadgetobras »(intercepté le ballon, marqué un panier improbable…), « Ah ! celui-là, il est en mode Marsupilami (vous devinez), « Allez les voleurs de Mobylette » (contre-attaque à toute vitesse), « Et il était là pour mettre le couvercle » (finaliser le panier) (…) « Il est chaud comme une baraque à frites », « Il a le cardio qui est monté aux lustres », « Va falloir leur mettre un coup sur la truffe définitif ». Et enfin : « Fais-moi frémir la ficelle ». Merci, monsieur Monclar

 

 

Et pour voir les qualités d'analyste de jeu du bonhomme voir :

http://youtu.be/dgzHwdip_es

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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 19:09

ou Remettre l'église au milieu du village...

On prête à Johnny l'inénarrable mais néanmoins narrée expression : remettre les pendules à leur...place (1). Je ne sais si cette joaillerie est attestée tant cet homme est devenu le parangon de la sottise balourde et sympathique et tant on lui prête des phrases qu'il n'a sans doute pas dites. C'est un beau commissaire, je veux dire un bouc émissaire. Comme un être aimé qu'on trouve un peu stupide, mais qu'on aime quand même.

Remettre l'église sur la place du village peut avoir le sens de remettre les pendules à l'heure. Je l'ai entendue récemment à propos d'un champion de natation qui se laissait aller depuis quelque temps dans une morne médiocrité mais qui, aux championnats du monde, a gagné brillamment. Clair et net !

Remettre l'église sur la place du village dans ce que l'expression véhicule de valeurs traditionnelles (l'église, la place du village, on croirait une affiche de la force tranquille de 1981), c'est tout simplement revenir à des valeurs établies, après qu'on a constaté que ces valeurs ont été transgressées ou bafouées.

Garder ou Laisser l'église sur la place du village, c'est ne pas vouloir changer ou bousculer l'ordre établi.

(1) En place et lieu de Remettre les pendules à l'heure, c'est-à-dire faire une mise au point. Quand les gens ne sont d'ailleurs pas trop sûrs d'eux, ils assortissent leur coup de menton d'un frappé "C'est clair et net !". De la clarinette et même du pipeau, voilà ce dont on joue quand on veut jouer les gros bras.

 

  Pourquoi ce clip qui suit ? Quand on tape "église milieu village" sur Daily Motion, je ne sais pourquoi, on tombe sur Suninga de Richard Bona. Comme c'est un musicien que j'aime et que j'ai eu la chance de voir à l'Olympia, je vous l'offre...

 


RICHARD BONA SUNINGA CONCERT VIP PARIS par AFRIQUEFLASHINFO

Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 20:59

Le scandale de l'affaire Murdoch qui secoue l'Angleterre actuellement est bien celui d'une certaine presse prête à tout révéler pour vendre du papier. Informer reste bien l'objectif apparent mais le véritable objectif est financier : faire du blé, pour les actionnaires. Cette presse qui se complaît dans ce qu'il faut bien appeler  la fange est qualifiée de presse de caniveau.

Cette expression est aussi utilisée pour désigner certaines campagnes de partis politiques qui, pour déstabiliser l'adversaire, font sortir des "histoires", qu'elles soient avérées ou fausses d'ailleurs. Dans la premier cas, il y a acte de médisance, dans le deuxième cas, il y a calomnie. Dans les deux cas il y a envie de nuire. Il n'est que de suivre les fameuses rumeurs relayées par la presse, par exemple au sujet de Martine Aubry pour réussir la jonction entre medias de caniveau et campagne de caniveau (car cela profite toujours à quelqu'un : "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose... " . On attribue cette citation à Beaumarchais, mais il semble bien qu'on la doive à Francis Bacon dans l'Essai sur l'athéisme...

Pour coller à l'actualité politique :

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/une-campagne-presidentielle-dans-97845

Autres expressions :

Rouler dans le caniveau, c'est être ivre-mort, Se rouler dans le caniveau signifie avoir une vie de débauche et de dépravation (au regard de ce qu'est une certaine norme morale... ).

 

 

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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 19:07

Elle est belle et rare cette expression colportée à l'échelon familial par J.Pierre  et Sophie qui se reconnaîtront. L'un et l'autre l'utilisent pour dire d'une personne qu'elle est toujours prête à partir, à lever le pied, à aller traîner, à voir du monde. Un peu comme on dit des enfants qu'ils ont (aiment) le sirop de la rue. Il vaut mieux la comprendre ainsi car, de fait, l'argot utilise la "pastille" comme équivalent de l'anus. J'ai souvent entendu l'expression en référence à un chat/une chatte qui déambule la pastille en l'air, c'est-à-dire avec la queue relevée. J'ai une amie dont la chatte (l'animal) a la queue bloquée en l'air pour je ne me rappelle plus quelle raison : elle est en permanence avec la pastille en l'air...Par extension, une femme qui a la pastille en l'air est une femme prête à toutes les propositions... Pierre Perret l'a illustré dans sa chanson un peu paillarde "Mon père m'a dit" (si quelqu'un trouve un lien pour l'écouter qu'il nosu l'indique en commentaire) :

 

Un jour mon père m'a dit je crois fils qu'il est temps
D'éclairer ta lanterne au seuil de tes vingt ans
(...)

Ne prends pas celle qui est débauchée comme une bascule
Ni celle qui prie à s'en faire péter les rotules
Celle qui a le cerveau ou on voit le jour
Ne prends pas celle qui a eu le prix Goncourt
Ne prends celle non plus qui a eu son permis poids-lourds

(...)

Ne prends pas celle qui est grasse comme une tringle à rideaux
Celle qui a des grains de beauté comme une tarte aux pruneaux
Ni celle qui a la pastille en l'air
Qui est excitée comme un sprinter
Ni celle qui a mis des nouilles à l'eau dans son moteur

etc.

 

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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 09:11

Il y a quelques jours un avisé visiteur me suggérait via un commentaire l'expression, c'est frais ou c'est trop frais pour dire c'est super.

"je vous propose " frais " qui est l 'équivalent   de " ça déchire ",  un peu passé de mode cette expression est d origine francilienne. ex =  quoi le prof est absent !! ah c'est trop frais!!!  ( sous entendu c est génial ) . elle est trop fraîche cette meuf ( quelle jolie demoiselle !! ) " medi

Voilà ti pas (ne voilà-t-il pas) qu'en feuilletant l'excellent Dictionnaire des expressions québécoises de Pierre DesRuisseaux (BQ éditions), je tombe sur l'expression : c'est chill, qui dans la langue djeun veut dire c'est "extraordinaire, super, génial"...A l'inverse le c'est pas chill signifie c'est pas terrible...

Or, Chill en anglais est associé à la notion de froid, comme cool, évidemment. Chill peut être utilisé comme nom, comme adjectif et comme verbe, voilà une belle polyvalence. 

Traduit de "the Free On Line Dictionary" http://www.thefreedictionary.com/chill :

"dans les années 1980 et 1990, chill est devenue monnaie courante comme un terme d'argot qui signifie «pour se détendre, se calmer." Il est d'abord enregistré en 1979 et provient de l'argot anglais noir, qui a souvent été une source de l'argot  dans l'anglais standard, souvent par le biais de divers styles afro-américain de musique (dans ce cas, le rap et le hip-hop) .(...) Une acception plus ancienne, d'abord enregistrée dans les années 1870, a été "perdre de l'intérêt pour quelque chose, aigre .Depuis les années 20 il a été également utilisé pour dire "annuler" et même "tuer". L'utilisation récente dans le sens de «se calmer» est un autre exemple de l'innovation de l'argot anglais qui a toujours utilisé les mots se rapportant à la chaleur et au froid métaphorique pour désigner les émotions, et a utilisé cool pour se référer au calme. L'anglais Chill est une nouvelle façon de dire refroidir, une vieille métaphore. (..) le nouveau sens de «se détendre» a même été récemment étendu pour dire: «pour se détendre entre amis, rencontrer des gens." Chill offre ainsi un bon exemple de la façon dont les langues vivantes sont en constante évolution.
Par Jacques Michaud - Publié dans : métaphore - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Linguapop


Linguapop est un blog pour aimer une langue populaire, créative, qui s'invente chaque jour. Verte, savoureuse, vulgaire ou malséante, élégante ou déjantée, affectée ou provocante, la langue française nous intéresse dans tous ses états.

 



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Le pitch 

 

C'est un mot franglais à la mode chez les chroniqueurs, gens à la mode qui doivent en peu de mots raconter un livre, un film, une pièce, à la mode mais jamais un poème car ce n'est jamais à la mode un poème (1). Parfois l'exercice est difficile puisqu'il faut parler d'une oeuvre sans rien en dire pour ne pas la déflorer. Il arrive bien souvent que ces chroniqueurs parlent d'une oeuvre qu'ils ne connaissent pas, n'ont pas vue ou lue. Stéphane Bern, par exemple, l'avoue parfois. J'ai cependant une affection particulière pour Laurent Ruquier qui lit généralement tous les livres dont il parle (ou alors c'est un sacré entubeur...). Et qui ne parle que de ce qu'il aime le plus souvent.

 Un pitch, c'est donc le racontage en quelques mots de l'essentiel d'une oeuvre (il faut dire que ça s'applique plutôt à des fictions mais pas du tout à la philosophie ou à la science, dont tout le monde se contrefout dans ces milieux chroniquistes). Bref, c'est un résumé, mais résumé ça fait con. Alors, je trouve un mot super qui pendant qu'il est pas con fait moins con. Vous me suit ?

Lorsque j'enseignâmes, je disa à mes élèves que le titre d'une oeuvre était déjà un résumé, en quelque short.

En cinéma, pour moi, le pitch serait le synopsis (résumé d'un film en 30 à 40 mots). Le synopsis est le résultat d'une grande maîtrise pitchique. Des milliers de films n'ont pas été tournés parce que l'auteur n'était pas capable de rédiger un synopsis. Et parmi eux, quelques chefs-d'oeuvre n'ont jamais vu le jour.  Malheureusement, mais je m'en fous quand même, le synopsis désigne, dans la langue populaire, tout et n'importe quoi mais rarement le synopsis. Ce sont les affres à vivre pour ceux qui connaissent la langue, l'aiment, et pardonnent à ceux qui la connaissent mal de l'abîmer un peu. Sachant que ceux qui l'abîment la créent eux aussi.

Vous avez vu ? Je retombe toujours sur mes deux pieds.

C'est un métier le funambulisme. C'est un métier surtout celui de Suez.

Ach !

 

 

No problemo 

 

Expression amusante (pour dire "pas de problème") puisqu'elle tend à imiter une pseudo expression espagnole. L'ennui, c'est qu'en espagnol, la traduction de "un problème", c'est "un problema".

Depuis une dizaine d'années, l'expression "pas de souci" tend à supplanter le "pas de problème". Aujourd'hui, l'expression se renouvelle dans une prononciation particulière : no souçaille !

J'ai quant à moi une tendresse particulière pour le "panipwoblem" des Antillais....

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